Le nom Ts’msyen (qui signifie « à l’intérieur de la rivière Skeena »; parfois écrit Tsimshians ou Tsm’syen) est un nom qui est utilisé de manière générale pour désigner les peuples autochtones de la côte du Nord-Ouest du Pacifique. Ces peuples sont des locuteurs de la famille de langues ts’msyen, qui inclut le ts’msyen, le gitxsan et le nisga’a. Lors du recensement de 2021, 1550 personnes ont déclaré une langue ts’msyen comme étant leur langue maternelle. Parmi les personnes qui ont déclaré avoir une connaissance d’une langue ts’msyen, 200 ont indiqué que la langue ts’msyen était leur langue maternelle et 445 ont déclaré avoir une connaissance de cette langue spécifiquement. Lors du recensement de 2021, 4800 personnes ont déclaré être d’ascendance ts'msyen.
Population et territoire
Les communautés ts’msyen se trouvent à Terrace et à Prince Rupert en Colombie-Britannique, ainsi que dans le sud de l’Alaska. Des fouilles archéologiques dans le port de Prince Rupert ont mis au jour les vestiges de maisons en planches de cèdre remontant à 5000 ans. Ainsi, les Ts’msyen constituent l’un des plus anciens groupes culturels ayant existé de façon ininterrompue en Amérique. (Voir aussi Histoire de l’architecture des peuples autochtones au Canada.) On considère généralement que les groupes ts’msyen ont des liens historiques avec les peuples pénutiens de l’Oregon et de la Californie.
Culture et société
Les Ts’msyen, avec les Tlingits de l’Alaska, de la Colombie-Britannique et du Yukon, ainsi que les Haïdas de Haida Gwaii, habitent la région culturelle de la côte du Nord-Ouest. Cette région culturelle est caractérisée par des sculptures, comme des mâts totémiques, et des cérémonies traditionnelles, dont le potlatch. Fiers de leur héritage, les Ts’msyen continuent de pratiquer certaines coutumes rituelles. Ces dernières comprennent des cérémonies communautaires pour célébrer les nouveaux noms, les mariages, les divorces, les adoptions et les funérailles. Peu de Ts’msyen perpétuent la pratique du trappage traditionnel pour gagner leur vie. Toutefois, la pêche demeure une partie importante de leur économie.
À l’origine, la société ts’msyen est matrilinéaire. La descendance se transmet par la lignée féminine. La société ts’msyen est également fondée sur un système de clans. Chaque Ts’msyen s’identifie comme appartenant à l’une de quatre phratries (tribus ou totems). Ces phratries sont la Grenouille ou le Corbeau, le Loup, l’Aigle, et l’Épaulard ou l’Épilobe. Les Ts’msyen appartiennent à la même phratrie que leur mère. Traditionnellement, ils épousent une personne issue d’une phratrie différente de la leur. Les titres de chef sont héréditaires, et ils sont encore détenus tant par des hommes que par des femmes à des fins cérémonielles.
Langues
La langue ts’msyen peut être divisée en quatre dialectes. Le ts’msyen du nord se trouve le long du cours inférieur de la rivière Skeena. Le nisga’a est parlé le long de la rivière Nass. Le gitksan est présent en amont de la rivière Skeena. Le ts’msyen du sud, ou de la côte, se retrouve au sud de la rivière Skeena jusqu’à la côte. Le ts’msyen du sud, ou de la côte, est parfois appelé « Ts’msyen Proper ». Il est parlé par des groupes du cours inférieur de la Skeena, depuis le canyon Kitselas et le Kitsumkalum (près de Terrace). Il inclut aussi les communautés le long de la côte sud adjacente jusqu’à Milbanke Sound, y compris Port Simpson, Metlakatla (dans la région de Prince Rupert), Kitkatla, ainsi que les baies de Hartley et de Kitasu. Selon Statistique Canada, lors du recensement de 2021, 200 personnes identifient le ts’msyen comme étant leur langue maternelle, et 445 personnes déclarent avoir une connaissance de la langue. De plus, 760 personnes déclarent la langue gitxsan comme étant leur langue maternelle, et 595 personnes déclarent la langue nisga’a comme leur langue maternelle; ces deux langues sont répertoriées comme étant des langues ts’msyen. (Voir aussi Langues autochtones au Canada.)
Histoire coloniale
En 1862, le missionnaire anglican William Duncan fonde la colonie chrétienne de Metlakatla en Colombie-Britannique. (Voir aussi Missions et missionnaires.) Environ 350 Ts’msyen de Port Simpson se joignent à lui à Metlakatla. En 1887, William Duncan et près de 825 Ts’msyen de Metlakatla fondent la nouvelle communauté de « New » Metakatla, près de Ketchikan en Alaska.
Les Européens empiètent de plus en plus sur les territoires ancestraux des Ts’msyen. Ces derniers se voient donc repoussés vers de plus petites parcelles de terre. (Voir aussi Territoire autochtone.) Afin d’assimiler les populations autochtones, le gouvernement canadien envoie les enfants ts’msyen, ainsi que d’autres enfants autochtones, dans les pensionnats indiens où on les empêche de parler leur langue et de pratiquer leur culture. Lancée officiellement en 2008, la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR) cherche à guider les Canadiens dans la pénible découverte des réalités vécues dans le système de pensionnats indiens. Elle vise aussi à jeter les bases d’une réconciliation durable partout au pays.
Négociations des traités
En 1988, les Ts’msyen créent le Conseil tribal de Ts’msyen. Ce conseil représente sept bandes ts’msyen dans les négociations avec le gouvernement de Colombie-Britannique et avec le gouvernement fédéral. Ces bandes sont les Kitselas, les Kitsumkalum, les Gitga’at, les Kitasoo, les Metlakatla, les Lax Kw’alaams et les Gitxa’ala. (Voir aussi Revendications territoriales des Autochtones.) En 1991, le Conseil tribal de Ts’msyen s’engage officiellement dans le processus de négociation des traités du gouvernement de la Colombie-Britannique. Les négociations stagnent pendant les discussions sur l’accord de principe. En 1997, le cadre pour une négociation de traité exhaustive est établi. Il comprend les sept bandes d’origine et le gouvernement de Colombie-Britannique.
En 2004, un nouveau conseil de négociation, la Ts’msyen First Nations Treaty Society (TFN), remplace le Conseil tribal de Ts’msyen. Il représente cinq des sept bandes membres originales dans le processus de négociation de traités de la Colombie-Britannique. Ces cinq membres comprennent la Nation Gitga’at, la bande Kitasoo-Xai’xais, la bande Kitselas, la bande Kitsumkalum et la Première Nation Metlakatla. La TFN travaille pour obtenir l’autonomie gouvernementale, ainsi que pour la protection des droits territoriaux, économiques et politiques de son peuple.