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Légion royale canadienne

La Légion royale canadienne est un organisme national à but non lucratif qui vient en aide aux anciens combattants canadiens et à leurs familles, et qui est chargé de défendre leurs intérêts auprès du gouvernement. Cet organisme est surtout reconnu pour la vente de coquelicots chaque automne et pour l’organisation des cérémonies du jour du Souvenir à travers le pays. Au cours des dernières années, la Légion a vu le nombre de ses membres décliner, en grande partie en raison du décès des anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale et de la guerre de Corée. En juillet 2026, Postes Canada a émis un timbre pour marquer le 100e anniversaire de cet organisme.

Le jour du Souvenir, 2010

Débuts

La Légion royale canadienne trouve son origine dans plusieurs petites associations d’anciens combattants qui existent partout au Canada avant et pendant la Première Guerre mondiale. L’un de ces groupes est l’association Army and Navy Veterans in Canada. Le plus grand organisme national, créé en 1917, est l’Association des anciens combattants de la Grande Guerre (GWVA). À la fin de la guerre, on compte quinze groupes d’anciens combattants et diverses associations régimentaires éparpillées dans le pays qui représentent les intérêts des hommes et des femmes militaires.

Au milieu des années 1920, des problèmes internes dans la GWVA, ainsi qu’un déclin dans le nombre de ses membres et la concurrence d’associations rivales mènent l’organisme au bord de l’effondrement. En 1925, le feld-maréchal britannique Earl Haig, cofondateur de la British Empire Service League (BESL), visite le Canada et encourage tous les anciens combattants canadiens à se réunir au sein d’un seul organisme. Toujours en 1925, la GWVA et d’autres groupes se réunissent à Winnipeg, où ils décident de fusionner pour former la Légion canadienne de la Ligue des services de l’Empire britannique. Cette légion est constituée en corporation par une loi du Parlement le 17 juillet 1926.

Anciens combattants

La nouvelle Légion se développe progressivement et devient une voix influente auprès du gouvernement pour demander l’amélioration des pensions et des prestations de santé pour les anciens combattants de la Première Guerre mondiale. Pendant la crise des années 1930, la Légion se mobilise pour venir en aide à de nombreux anciens combattants confrontés à des difficultés économiques.

Deuxième Guerre mondiale

La Légion connait une rapide expansion durant et après la Deuxième Guerre mondiale, ce qui crée un afflux massif de nouveaux et jeunes anciens combattants. Durant la guerre, l’organisme en pleine expansion offre des programmes de divertissement et des cantines pour les troupes au Canada et à l’étranger, ainsi que des cours par correspondance pour les hommes et les femmes en service.

À la fin de la guerre, plus d’un million anciens combattants canadiens rentrent à la maison. L’organisme concentre tous ses efforts pour les réintégrer à la vie civile et met tout en œuvre pour les conseiller sur les pensions et autres avantages sociaux offerts par le gouvernement fédéral. La Légion contribue à faire adopter la Charte des anciens combattants, un ensemble de lois nationales qui créent de nouveaux services pour les anciens combattants, comme des formations universitaires et professionnelles, des concessions de terre pour l’agriculture, des logements à loyer modéré et des prestations d’invalidité. (Voir Anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale.)

En décembre 1960, la reine Elizabeth II accorde son patronage royal à l’organisme, et en 1961, ce dernier est officiellement renommé Légion royale canadienne.

Le saviez-vous?
La Légion royale canadienne est la marraine du prince Floris, le fils cadet de la princesse Margriet des Pays-Bas et de son mari, le professeur Pieter van Vollenoven. La princesse Margriet est née à Ottawa, où la famille royale néerlandaise s’était réfugiée pendant la Deuxième Guerre mondiale. En 2008, le prince Floris est devenu vice-président national honoraire de la Légion.


Structure moderne et adhésion

Actuellement, la Légion de chaque province et chaque territoire est organisée sous forme de commandement, chacun relevant du quartier général, ou du « Dominion », situé à Ottawa. Il s’agit d’un organisme à but non lucratif financé principalement par les cotisations de ses membres et sans subventions de fonctionnement du gouvernement. La Légion possède actuellement environ 1350 filiales réparties à travers le Canada, ainsi qu’une poignée de filiales aux États-Unis, au Mexique et en Europe. Les dirigeants du quartier général, des commandements et des filiales se rencontrent tous les deux ans lors d’un congrès national.

Au 21e siècle, la Légion fait face à une crise des adhésions. Le nombre de membres, qui dépassait 600 000 dans les décennies d’après-guerre, tombe à 300 000 en 2016, en partie en raison du décès de la génération ayant combattu dans la Deuxième Guerre mondiale et dans la guerre de Corée. En janvier 2021, la Légion compte environ 260 000 membres. Afin de freiner ce déclin, la Légion offre désormais l’adhésion non seulement aux anciens combattants canadiens, mais également à tous les Canadiens ou citoyens d’un pays allié âgés de 18 ans et plus. Elle cherche également à recruter des membres actuels ou anciens de la Gendarmerie royale du Canada. Seulement un tiers environ des membres actuels de la Légion sont de véritables anciens combattants; de nombreux autres sont des conjoints ou des membres de famille d’anciens combattants.

Défenses des intérêts et services

La Légion continue de servir et de défendre les intérêts des anciens combattants et des personnes à leur charge, en portant leurs problèmes à l’attention du gouvernement. L’organisme défend leur cause auprès du gouvernement fédéral concernant les pensions, les prestations d’invalidité et les indemnités pour frais funéraires destinées aux familles et, dans certains cas, les aide à présenter des réclamations individuelles. Il défend également des causes sociales, sanitaires et des causes d’intérêt général pour ses membres.

En plus de son travail de bienfaisance dans les communautés locales où les filiales de la Légion sont présentes, les commandements nationaux et provinciaux travaillent à perpétuer le souvenir au Canada. La Légion s’occupe de la campagne des coquelicots tous les ans aux mois d’octobre et novembre, elle organise les cérémonies du jour du Souvenir à travers le pays, et elle se charge de choisir une mère canadienne dont le fils ou la fille a péri en temps de guerre, pour lui remettre la Croix d’argent du Souvenir de la part du gouvernement fédéral. Ces dernières années, la Légion entreprend des efforts pour redynamiser l’observation à l’échelle du pays des « deux minutes de silence » le 11 novembre. En 2000, elle aide à mettre en place la Tombe du Soldat inconnu et à organiser le rapatriement de la dépouille de ce soldat canadien de la France vers le Canada.

L’organisme commence à publier le magazine The Legionary en mai 1926. Ce magazine est maintenant connu sous le nom Légion, et il est publié par Canvet Publications Ltd. Ce périodique national se consacre à faire connaitre le travail de la Légion, à aborder des questions politiques et de défense, et à promouvoir l’histoire militaire du Canada.

Timbre en couleur représentant l’insigne de la Légion royale canadienne et le chiffre 100.

Le saviez-vous?
La première « journée du coquelicot » au Canada a eu lieu le 11 novembre 1921. Au début de cette année-là, Anne Guérin de France avait visité le Canada pour promouvoir la campagne du coquelicot. Elle avait créé la Ligue des enfants américains et français, qui vendait des coquelicots en tissu pour recueillir des fonds pour venir en aide aux personnes souffrant dans une France déchirée par la guerre. Anne Guérin a convaincu l’Association canadienne des anciens combattants de la Grande Guerre (un prédécesseur de la Légion royale canadienne) d’adopter le coquelicot comme symbole du souvenir également. L’association a choisi Lillian Freiman, philanthrope canadienne d’origine juive, pour diriger la campagne du coquelicot au Canada. Des millions de coquelicots ont été apportés au Canada par l’organisation d’Anne Guérin en France. Ils ont été complétés par des coquelicots en tissu créés par des femmes canadiennes, dont certaines travaillaient au domicile de Lillian Freiman à Ottawa. En 1922, les épinglettes de coquelicots ont été fabriquées et distribuées par des anciens combattants au Canada. Depuis 1925, la Légion royale canadienne organise la campagne de collecte de fonds du coquelicot au Canada.

Lecture supplémentaire

  • C. Bowering, Service (1960).

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