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Ernest Kaientaronkwen Benedict

Ernest M. Kaientaronkwen Benedict, éducateur, militant, chef Kanyen’kehá:ka (Mohawk) (né le 14 juillet 1918 à Hogansburg dans l’État de New York; décédé le 8 janvier 2011 à Cornwall en Ontario). L’aîné Ernest Kaientaronkwen Benedict était reconnu pour avoir consacré sa vie à la promotion de la souveraineté autochtone, à la préservation de la culture et à l’éducation gérée par les Autochtones. Il a mené à bien cette mission grâce à diverses initiatives qu’il a lancées ou soutenues.

L’aîné Ernest Kaientaronkwen Benedict en 2007

Vie personnelle et éducation

L’aîné Ernest Kaientaronkwen Benedict est le fils de Charles et Julia Jandreau Benedict. Il naît à Hogansburg dans l’État de New York, une communauté située dans la ville de Bombay sur la réserve mohawk de St. Regis, qui est également connue sous le nom d’Akwesasne. Il fait ses études primaires dans les écoles de la St. Regis Mohawk Reservation et il obtient son diplôme d’études secondaires à la Massena High School. Il étudie ensuite à l’Université de Syracuse et il obtient son baccalauréat en sociologie à l’Université St. Lawrence à Canton dans l’État de New York, en 1940.

Le 20 septembre 1952, Ernest Kaientaronkwen Benedict épouse Florence Hopps à Massena dans l’État de New York. Ils ont quatre enfants. Florence, une Kanyen'kehá:ka, devient une fabricante de paniers renommée et elle est considérée comme une maître dans cet art. Plusieurs musées et galeries d’Amérique du Nord possèdent ses remarquables œuvres d’art.

Ernest Kaientaronkwen Benedict est chef du Conseil mohawk des années 1950 aux années 1970. Il occupe également le poste de grand chef du Conseil d’Akwesasne durant cette période.

Activisme

Durant la Deuxième Guerre mondiale, l’aîné Ernest Kaientaronkwen Benedict utilise les traités Haudenosaunee comme argument pour s’opposer à la conscription et il est conséquemment emprisonné. Lorsqu’il réussit à obtenir sa libération, il s’enrôle volontairement dans l’armée, non comme citoyen américain, mais comme allié. Il sert en tant qu’opérateur radio avec le grade de technicien de quatrième classe au sein du U.S. Army Signal Corps sur le théâtre du Pacifique.

En 1969, une équipe de tournage appelée Indian Film Crew (IFC) de l’Office national du film produit un documentaire de 36 minutes intitulé You Are on Indian Land. Ce film documente les manifestations des Mohawks d’Akwesasne, qui se trouvent sur un territoire situé à cheval sur la frontière du Canada et des États-Unis. Ces manifestations surviennent lorsque les autorités canadiennes interdisent le passage transfrontalier d’achats personnels en franchise de droits, un droit qui a été établi par le traité Jay de 1794. Ernest Kaientaronkwen Benedict figure dans le film comme une voix de la raison pour son peuple.

Vous êtes en terre indienne, Michael Kanentakeron Mitchell, offert par l’ Office national du film du Canada


Ernest Kaientaronkwen Benedict travaille également auprès de détenus autochtones, dans le domaine de la prévention de la toxicomanie et de l’alcoolisme, ainsi que dans les centres d’amitié, entre autres initiatives. Son engagement prend une dimension internationale lorsqu’il remet une plume d’aigle au pape Jean-Paul II au nom des peuples autochtones du Canada, le 15 septembre 1984, au sanctuaire de Sainte-Marie-des-Hurons.

Médias

L’aîné Ernest Kaientaronkwen Benedict fonde deux journaux communautaires à Akwesasne. Le War Whoop, premier journal de la communauté, est publié de 1939 à 1941. Ernest Kaientaronkwen Benedict est également l’un des principaux créateurs du journal Akwesasne Notes en 1968, qui est sans doute la publication la plus influente de l’histoire autochtone. Pendant toute une génération, ce journal est le journal autochtone le plus fiable et le plus influent d’Amérique du Nord. Le journal Akwesasne Notes est un moyen d’échanger des informations, ce qui favorise ensuite l’émergence d’un vaste réseau d’écrivains, de journalistes et de militants communautaires autochtones.

Carrière d’enseignant

L’aîné Ernest Kaientaronkwen Benedict commence à recueillir des informations sur l’histoire et les cultures autochtones de l’Amérique du Nord à l’aide de matériels pédagogiques, de supports visuels, de livres et d’artefacts. À cette époque, cette méthode est considérée comme étant révolutionnaire et unique en son genre. Elle contribue à un système éducatif qui ne comporte alors aucun programme d’études autochtones, aucune unité d’inclusion culturelle, ni aucune contribution autochtone au curriculum. Plus tard, Ernest Kaientaronkwen Benedict contribue à la création de la Indian Way School et au développement du concept de l’éducation autochtone contrôlée par des Autochtones.

Ernest Kaientaronkwen Benedict se consacre aux enseignements traditionnels et à l’éducation pour le bien-être futur de tous les peuples autochtones. Il croit fermement au pouvoir de l’enseignement pour dissiper les idées fausses véhiculées par l’histoire coloniale.

En 1968, la IFC produit un documentaire de neuf minutes intitulé Travelling College, qui est destiné à être présenté aux autres peuples autochtones d’Amérique du Nord. Dans ce documentaire, Ernest Kaientaronkwen Benedict parle d’un projet de « collège itinérant » qu’il aimerait fonder afin d’enseigner aux élèves autochtones les matières qui les intéressent.

L’année suivante, Ernest Kaientaronkwen Benedict fonde le North American Indian Traveling College (maintenant le Native North American Traveling College) avec Michael Kanentakeron Mitchell. Ce collège itinérant est voué à préserver et à maintenir le Kanyen'kéha (la langue mohawk), ainsi que la culture et l’histoire. Le duo voyage dans les communautés autochtones à bord d’une fourgonnette remplie de ressources afin de sensibiliser la population à ce que signifie l’identité autochtone.

En 1974, ce collège s’installe de façon permanente dans un bâtiment situé sur un terrain de 1,21 hectare en bordure de l’eau, sur l’île Cornwall à Akwesasne. Aujourd’hui, le collège est un centre culturel qui comprend un musée, une galerie d’art, une boutique de souvenirs et des espaces de spectacles en plein air.

Ernest Kaientaronkwen Benedict devient par la suite chargé de cours et professeur à l’Université Trent, au Collège Loyalist, à l’Université d’Ottawa, à l’Université Carleton, à l’Université McGill, à l’Université Concordia, et à son alma mater, l’Université St. Lawrence.

Prix et distinctions

  • Prix national canadien de la réussite autochtone (maintenant le prix Indspire) (1994)
  • Doctorat honorifique en droit, Université Trent (1994)
  • Prix Indspire Award en éducation (1995)
  • Prix Akwesasne Achievement (2005)
  • Prix Sol Feinstone Award, Université St. Lawrence
  • Ernest and Florence Benedict Gathering Space, Université Trent