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Éric Gagné

Éric Serge Gagné, joueur de baseball (né le 7 janvier 1976 à Montréal, au Québec). De 2002 à 2005, il a été un lanceur de relève dominant pour les Dodgers de Los Angeles dans la Ligue majeure de baseball (MLB). En 2003, il a reçu le trophée Cy Young, décerné au meilleur lanceur de la Ligue nationale. Il est ainsi devenu le deuxième Canadien (après Ferguson Jenkins) et le neuvième releveur seulement à recevoir ce prix. Sa série de 84 sauvetages consécutifs, entre le 28 août 2002 et le 5 juillet 2004, constitue toujours un record de la MLB. Il a évolué pendant une décennie dans la MLB et a reçu à deux reprises le prix Tip O’Neill, remis au joueur de baseball canadien de l’année. En 2007, avec les Red Sox de Boston, il est devenu le premier joueur québécois à remporter une série mondiale. Sa réputation est cependant entachée en décembre 2007, alors qu’il figure parmi les joueurs cités dans le rapport Mitchell pour avoir utilisé des substances améliorant la performance.

Jeunesse et collège

Éric Gagné grandit à Mascouche, au Québec, une ville au nord-est de Montréal. Son père, Richard, entraîne plusieurs de ses équipes de petites ligues. L’hiver, Éric est un puissant défenseur au hockey.

À 15 ans, il s’installe à Montréal pour fréquenter la Polyvalente Édouard-Montpetit, une école secondaire pour athlètes de haut niveau. Il suit des cours le matin et s’entraîne au lancer l’après-midi. Il perfectionne par la suite ses talents de lanceur au sein de l’équipe provinciale de baseball du Québec.

À 18 ans, il doit choisir entre une bourse hockey-études à l’université du Vermont et une bourse baseball-études au Seminole State Junior College en Oklahoma. Il opte pour une carrière de joueur de baseball. Au printemps 1995, au cours de sa seule saison au Semiole, il obtient une fiche de 11-1. Cet été-là, il rejoint l’équipe nationale canadienne et participe à des matchs hors concours en vue d’un tournoi de qualification olympique. Un autre Québécois, Claude Pelletier, recruteur des Dodgers de Los Angeles, connaît déjà le lanceur. Il convainc l’équipe de signer avec le jeune droitier. Éric Gagné reçoit une prime à la signature de 75 000 dollars.

Dodgers de Los Angeles (1996-2001)

En 1996, il entame sa carrière professionnelle dans le baseball en tant que lanceur partant pour les Savannah Sand Gnats (niveau A), une équipe affiliée aux Dodgers. Il enregistre sept victoires et une moyenne de points mérités (MPM) de 3,28 en 23 présences (21 départs) avant de subir une opération Tommy John qui le contraint à manquer la saison 1997.

Il revient en 1998 en intégrant la rotation de lanceurs partants des Dodgers de Vero Beach (niveau A+). Il termine la saison avec un bilan de 9 victoires et 7 défaites et une MPM de 3,74 en 25 départs. Cette saison-là, les Dodgers lui interdisent de lancer des balles glissantes ou des balles rapides à doigts écartés, car ces lancers épuisent trop son bras. Cette interdiction l’incite à perfectionner sa balle à changement de vitesse, qui deviendra finalement son tir le plus efficace.

En 1999, il connaît une saison exceptionnelle avec les Missions de San Antonio (niveau AA). Il remporte 12 matchs, présente une MPM de 2,63 et effectue 185 retraits au bâton. Les Dodgers l’élisent lanceur de l’année dans les ligues mineures. En septembre de la même année, il fait ses débuts dans la Ligue majeure. À ce moment, sa MPM est de 2,10 en cinq départs avec les Dodgers. Cette performance lui permet de faire partie de la rotation des Dodgers dès la saison 2000. Malheureusement, il éprouve des difficultés et doit partager son temps de jeu entre les ligues majeures et le niveau AAA.

Son manque de régularité comme lanceur partant chez les Dodgers se poursuit en 2001. Il passe le dernier mois de la saison dans l’enclos des releveurs.

Dodgers de Los Angeles (2002-2005)

Après le départ à la retraite du lanceur finisseur des Dodgers, Jeff Shaw, à la fin de la saison 2001, le gérant Jim Tracy choisit Éric Gagné pour le remplacer. Au cours des trois saisons suivantes, Gagné s’impose comme le meilleur releveur de la Ligue majeure de baseball. Son arsenal comprend une balle rapide qui peut atteindre une vitesse rarement vue à l’époque, soit 160 km/h, ainsi qu’une balle à changement de vitesse trompeuse qu’il lance avec le même mouvement du bras. En 2002, grâce à ces atouts, il réalise 52 sauvetages. Il est sélectionné pour son premier match des étoiles et termine la saison avec une MPM de 1,97 et 114 retraits au bâton en 82 manches et un tiers.

Il se surpasse encore en 2003. Il termine en tête de la Ligue nationale pour les sauvetages, réalisant un sans-faute avec 55 sauvetages en 55 occasions. Il devient ainsi le premier lanceur des ligues majeures à accumuler 50 sauvetages ou plus en deux saisons consécutives. Il n’accorde que 37 coups sûrs, retire 137 frappeurs et affiche une MPM de 1,20 en 82 manches et un tiers. Sa performance lui vaut une deuxième sélection au Match des étoiles et le trophée Cy Young de la Ligue nationale, remis au meilleur lanceur de la ligue. Ainsi, il devient le deuxième Canadien (après Ferguson Jenkins en 1971) et le neuvième releveur de l’histoire de la MLB à recevoir ce prix. De plus, il finit sixième dans le vote du joueur le plus utile à son équipe dans la Ligue américaine.

Au sommet de sa gloire, ce droitier de 1,88 m à lunettes figure parmi les joueurs les plus populaires des Dodgers. Lorsqu’il sort de l’enclos des releveurs pour prendre part au jeu au Dodger Stadium, son surnom « Game Over » clignote au tableau d’affichage et la chanson « Welcome to the Jungle » de Guns N’ Roses résonne dans les haut-parleurs.

En 2004, le lanceur continue de dominer les frappeurs. Il réalise 45 sauvetages et participe au Match des étoiles pour une troisième année consécutive. Il réussit également 21 autres sauvetages de suite en début de saison, ce qui, combiné à sa série des saisons précédentes, établit un record de la MLB de 84 sauvetages consécutifs. Cette série se termine par un sauvetage raté contre les Diamondbacks de l’Arizona le 5 juillet 2004.

En janvier 2005, il signe un contrat de deux ans d’une valeur de 19 millions de dollars avec les Dodgers. Malheureusement, pendant le camp d’entraînement, il subit une blessure au genou, suivie d’une entorse au coude droit. Cela l’oblige à commencer la saison sur la liste des joueurs blessés. Il revient au jeu à la mi-mai et réalise huit sauvetages en 14 matchs avant de se blesser de nouveau au coude. Il doit subir une opération chirurgicale, ce qui met un terme à sa saison. Au printemps 2006, il subit une deuxième opération au coude. Il se remet et, au début de juin, il participe à deux matchs pour les Dodgers. Cependant, sa saison se termine prématurément après une nouvelle opération chirurgicale pour corriger une hernie discale.

Rangers du Texas (2007)

Les Dodgers décident de ne pas renouveler l’option de son contrat. En décembre 2006, il signe un contrat d’une saison avec les Rangers du Texas.

Avec les Rangers, il retrouve sa forme. Il inscrit une MPM de 2,16 et réalise 16 sauvetages en 34 présences. Écartés des séries éliminatoires, les Rangers l’échangent aux Red Sox de Boston le 31 juillet.

Red Sox de Boston (2007)

Avec les Red Sox, il éprouve des difficultés dans son rôle de releveur. Il affiche une MPM de 6,75 en 20 présences. Malgré ses statistiques décevantes, il fait néanmoins partie de la formation des Red Sox pour les séries éliminatoires. Il prend part à cinq matchs avec eux. Lorsque les Red Sox éliminent les Rockies en Série mondiale, Éric Gagné devient le premier joueur québécois à remporter une série mondiale.

Rapport Mitchell

Le 10 décembre 2007, il quitte les Red Sox et signe un contrat d’une saison avec les Brewers de Milwaukee. Cependant, trois jours plus tard, le lanceur figure parmi les 89 anciens ou actuels joueurs des ligues majeures cités dans le rapport Mitchell pour avoir utilisé des substances améliorant la performance. Selon le rapport, le lanceur aurait reçu deux envois d’hormone de croissance humaine (HCH) en 2004.

En 2008, au début du camp d’entraînement des Brewers, il présente ses excuses à ses coéquipiers sans toutefois aborder directement le sujet. Deux ans plus tard, il admet au Los Angeles Times avoir eu recours à l’hormone de croissance pour se remettre d’une blessure au genou en 2005. « Je devrai vivre avec cette erreur toute ma vie », déclare-t-il au Times.

En 2012, Martin Leclerc publie une biographie de Gagné en français, intitulée « Game Over : L’histoire d’Éric Gagné ». Dans cet ouvrage, le lanceur estime que 80 % de ses coéquipiers des Dodgers prenaient des hormones de croissance.

Brewers de Milwaukee (2008-2009)

Malgré un camp d’entraînement difficile, Éric Gagné devient releveur de fin de match des Brewers pour le début de la saison régulière 2008. Le 10 mai, après avoir concédé deux points et essuyé une défaite contre les Cardinals de Saint-Louis, il perd son poste de lanceur de relève.

Plus tard dans le mois, il figure sur la liste des blessés en raison d’une tendinite de la coiffe des rotateurs. Il manque plus d’un mois avant de revenir dans un rôle de releveur. Il termine la saison avec une MPM de 5,44 et 10 sauvetages en 50 présences. Il signe de nouveau avec les Brewers en février suivant, mais il est libéré moins d’un mois plus tard.

Tentatives de retour

En 2009, il revient dans sa province d’origine. Il dispute 17 matchs comme lanceur partant avec les Capitales de Québec, une équipe de l’Association canado-américaine (ACA), une ligue indépendante.

En février suivant, il signe un contrat de ligue mineure avec les Dodgers. Cependant, après des performances difficiles lors du camp d’entraînement, il demande à être libéré. Moins d’un mois plus tard, il annonce sa retraite. En 2015, il participe à un match comme lanceur partant pour les Aigles de Trois-Rivières, également dans l’ACA. L’année suivante, il est lanceur partant du dernier match de la saison pour les Champions d’Ottawa, dans la même ligue indépendante. Sa performance lors de ce match le convainc de lancer pour le Canada lors de la Classique mondiale de baseball en 2017. Le lanceur de 41 ans retire deux frappeurs sur des prises en 2 manches et un tiers sans accorder de point lors de la défaite du Canada 4-1 contre la Colombie.

Son succès l’incite à tenter un autre retour au jeu en 2017, cette fois avec les Ducks de Long Island, dans la Ligue atlantique, une ligue indépendante. Il est cependant durement éprouvé lors de ses cinq apparitions en relève et prend finalement sa retraite.

Autres activités

De 2013 à 2016, Éric Gagné est entraîneur des lanceurs, puis gérant de l’équipe nationale de baseball de France.

Réalisations professionnelles

La série de 84 sauvetages consécutifs d’Éric Gagné, entre le 28 août 2002 et le 5 juillet 2004, demeure un record de la MLB. Ses 187 sauvetages en carrière dans la MLB constituent le plus grand nombre jamais atteint par un lanceur canadien. Ses 55 sauvetages en 2003 représentent aussi le plus grand nombre jamais atteint par un Canadien au cours d’une saison de la MLB. Ses trois sélections au Match des étoiles de la Ligue majeure le placent à égalité avec Ferguson Jenkins pour le plus grand nombre de sélections d’un lanceur canadien.

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