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Thomas Wharton

Thomas Wharton, écrivain (né le 25 février 1963 à Grande Prairie en Alberta).

Thomas Wharton, écrivain (né le 25 février 1963 à Grande Prairie en Alberta). Thomas Wharton déménage avec sa famille à Jasper, en Alberta, alors qu’il est adolescent; les paysages et la géographie des Rocheuses canadiennes vont profondément influencer son travail. À l’Université de l’Alberta, il étudie tout d’abord l’art et le design avant de s’orienter vers les sciences biologiques. Tout en travaillant comme technicien de laboratoire, il lit et relit Ulysse de James Joyce. Cette œuvre s’avère pour lui une source d’inspiration qui l’amène à s’inscrire à un cours d’écriture créative à l’Université de l’Alberta sous la direction du romancier canadien Rudy Wiebe. Il obtient ultérieurement une maîtrise qui lui servira de point de départ pour son premier roman, sorti en 1995, Icefields.

Icefields s’ouvre à la fin du XIXe siècle quand un savant anglais travaillant dans les Rocheuses, le docteur Edward Byrne, glisse sur le glacier Arcturus, près de Jasper, et tombe dans une crevasse. Là, il croit voir un ange enchâssé dans la glace illuminée par le soleil et devient obsédé par la nature de la glace et par l’étude de l’écoulement glaciaire. Le roman suit les histoires imbriquées de différents personnages, dont les destins sont tous, peu ou prou, liés au glacier. Avec l’essor des routes, du rail et des stations touristiques, nous assistons à la transformation du paysage. Icefields reçoit un accueil extrêmement favorable tant au Canada qu’à l’étranger, remportant, entre autres distinctions, le prix du meilleur premier livre des Commonwealth Writers dans la section Canada et Caraïbe et le prix Henry‑Kreisel du meilleur premier livre lors des Alberta Book Awards en 1996. Le roman est également en lice pour l’édition 2008 du concours Canada Reads de CBC.

Le deuxième roman de Thomas Wharton, Salamander, sorti en 2001, démontre également son intérêt pour les points de vue, les récits et les anecdotes fragmentaires et hétérogènes formant un kaléidoscope. Cette œuvre marque une rupture dans le style de l’auteur, qui a recours à une prose luxuriante et volubile plutôt qu’elliptique et sèche. Un imprimeur du XVIIIe siècle, Nicholas Flood, est mis au défi par un noble excentrique de créer « un livre infini, c’est‑à‑dire, sans fin... ou sans début, ce qui revient au même ». Flood se lance alors dans une quête qui l’amène aux quatre coins du monde. L’œuvre s’articule autour d’un questionnement sur la nature de la lecture, du récit et du livre comme objet matériel qui en constitue le motif central. L’histoire est racontée à un colonel québécois par la fille de Flood à la veille de la prise de Québec en 1759 par le général Wolfe. Le roman est en lice pour un Prix littéraire du Gouverneur général.

En 2004, Thomas Wharton publie un recueil de nouvelles reliées les unes aux autres intitulé Logogryph. Comme avec Salamander, la nature des livres en tant que récits et en tant qu’objets en constitue le thème principal. Dans ce recueil, l’auteur réintroduit Jasper où réside la famille Weaver dont les membres vont se retrouver profondément engagés, au sens littéraire et émotionnel, dans des relations avec un narrateur anonyme. On y retrouve l’attraction manifeste de l’écrivain pour l’éclectisme tant dans la forme que dans le contenu. Logogryph est en lice, en 2006, pour l’International IMPAC Dublin Literary Award. The Shadow of Malabron, le premier volume d’une trilogie pour la jeunesse intitulée The Perilous Realm, est publié en 2008.