The Breadwinner

The Breadwinner (2001; trad. Parvana: une enfance en Afghanistan) est le premier tome d’une série de romans jeunesse se déroulant en Afghanistan, sous l’emprise des talibans. Le roman, écrit par l’auteure et activiste Deborah Ellis, est suivi des livres Parvana’s Journey (2002; trad. Le voyage de Parvana), Mud City (2003; trad. On se reverra, Parvana...) et My Name is Parvana (2012; trad. Je m’appelle Parvana). Inspirée d’entrevues menées par l’auteure avec des femmes afghanes dans des camps de réfugiés, l’histoire commence avec Parvana, une jeune fille de 11ans devant se déguiser en garçon pour subvenir aux besoins de sa famille après l’arrestation de son père par les talibans. Le récit, porté sur le courage et l’émancipation, illustre les horreurs de la guerre et, surtout, les conséquences pour les enfants qui se retrouvent impliqués malgré eux. Parvana: une enfance en Afghanistan reçoit une nomination pour le prix littéraire Trillium, et Le voyage de Parvana en reçoit une pour le prix littéraire du Gouverneur général. En 2017, Parvana: une enfance en Afghanistan est adapté en dessin animé par Nora Twomey. Le film reçoit des nominations pour les Oscars et les Golden Globes comme meilleur film d’animation et remporte quatre prix Écrans canadiens ainsi que plusieurs autres distinctions.



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(avec la permission de Marie Coleman, flickr)

Contexte

Dans les années 1990, l’écrivaine et activiste Deborah Ellis voyage au Pakistan pour apporter de l’aide dans des camps de réfugiés afghans. Pendant son séjour, elle commence à interviewer des femmes des camps et à consigner leur histoire. Ces récits deviennent ensuite une inspiration et se trouvent à la base de la série Parvana.

Résumé

Parvana: une enfance en Afghanistan dépasse les grands titres sensationnalistes des médias et amène les lecteurs à voir l’Afghanistan, déchiré par la guerre et dominé par les talibans, à travers les yeux d’une enfant de 11 ans nommée Parvana (voir aussi Le Canada et la guerre en Afghanistan). La jeune fille et sa famille, qui comprend sa mère, sa sœur de 17 ans, Nooria, et son frère de 2ans, Ali, vivent à Kaboul dans un appartement d’une pièce détruit par les bombes. Sous le régime strict des talibans, ses parents, qui ont étudié à Oxford, sont forcés d’abandonner leur travail (sa mère est écrivaine et son père professeur universitaire). Les bombardements fréquents leur coûtent également leur maison, la plupart de leurs biens et le fils aîné de la famille, Hossain.

Parvana se rappelle leur ancienne vie, comme leur toilette «moderne à l’occidentale», mais n’a jamais connu un moment avant la guerre: «Kaboul avait été une belle ville, autrefois. [...] Mais pour Parvana qui n’avait que onze ans, depuis toujours la ville avait été un champ de ruines, et elle avait du mal à l’imaginer autrement.» Tous les jours, Parvana accompagne son père au marché. Il y vend ses services en lecture et en écriture jusqu’à ce qu’un jour, les talibans l’arrêtent en raison de son éducation «étrangère». Dévastés, Parvana et les membres de sa famille comprennent rapidement que, sans homme adulte pour subvenir à leurs besoins, ils ne survivront pas. Parvana adopte ainsi un nouveau rôle: elle se coupe les cheveux et se déguise en garçon (nommé Kaseem) pour obtenir un gagne-pain et acheter des vivres à sa famille.

Comme son père, elle s’installe au marché pour offrir ses services en lecture et en écriture. Un jour, elle rencontre un serveur de thé nommé Shafiq, qui s’avère être son ancienne camarade de classe, Shauzia, elle aussi déguisée en garçon pour nourrir sa famille. Ensemble, les jeunes filles trouvent des façons de gagner plus d’argent sous leurs airs de garçons, par exemple en vendant des objets dans le marché bondé ou en déterrant des os dans les cimetières bombardés.

À la fin du roman, Parvana retrouve son père, mais comprend que le reste de sa famille est en danger puisque les talibans ont pris le contrôle de la région où a lieu le mariage de sa sœur aînée. Le roman se termine lorsque Parvana et son père s’engagent à retrouver leur famille.

La série Parvana

Le deuxième roman de la série, Le voyage de Parvana, se déroule pendant que Parvana cherche sa mère, son frère et ses sœurs après le décès de son père. Le roman reçoit une nomination pour le prix littéraire du Gouverneur général et remporte le prix Jane Addams Children’s Book Award (prix Jane Addams pour la littérature pour enfants) en 2003. La même année, il gagne le prix Ruth Schwartz Children’s Book Award (aujourd’hui le prix Ruth and Sylvia Schwartz Children’s Book Award).

On se reverra, Parvana... (2003), le troisième tome de la série, suit les aventures de la meilleure amie de Parvana, Shauzia, qui rêve de vivre à Paris mais doit plutôt endurer une vie de conteuse dans un camp de réfugiés afghan. En 2003, le livre reçoit une nomination pour le prix Ruth Schwartz Children’s Book Award et est sélectionné par la bibliothèque publique de New York comme suggestion de livre pour adolescents.

En 2012, Deborah Ellis fait paraître la suite tant attendue et le dernier livre de la série Parvana. My Name is Parvana (trad. Je m’appelle Parvana) conclut l’histoire de la jeune fille. Âgée de 15 ans, elle est maintenant prisonnière de guerre et soupçonnée de terrorisme par les troupes américaines en Afghanistan. Le livre reçoit une nomination pour le prix Young Reader’s Choice (choix des jeunes) du Manitoba en 2014.

Prix et distinctions

Selon Brian Bethune de la revue Maclean’s, la série Parvana est «l’une des plus célèbres trilogies récentes de la littérature pour préadolescents». En novembre 2017, les droits d’auteur atteignent près de 2millions de dollars canadiens. L’écrivaine verse cette somme à des œuvres de charité, comme l’association Canadian Women for Afghanistan et Street Kids International.

En 2001, Parvana: une enfance en Afghanistan reçoit une nomination pour le prix littéraire Trillium. Le livre remporte le Rebecca Caudill Young Reader’s Book Award (prix Rebecca Caudill du livre jeunesse) en 2004 et le Middle East Book Award (prix du livre du Moyen-Orient) en 2002.

Dans une entrevue avec le New York Times, la militante pour l’éducation Malala Yousafzai applaudit la série et la considère comme un livre essentiel pour toutes les filles: «Je crois important que les filles de partout sachent comment sont traitées les femmes dans certaines sociétés. Même si Parvana est considérée comme inférieure aux hommes et aux garçons, elle ne se sent pas ainsi. Elle croit en elle-même et s’en retrouve plus forte pour lutter contre la faim, la peur et la guerre. Des filles comme elle sont une inspiration. Parvana nous rappelle à quel point les femmes sont courageuses et fortes partout dans le monde.»

En 2006, Deborah Ellis intègre l’Ordre de l’Ontario et, en 2017, l’Ordre du Canada «pour son travail renommé comme auteure jeunesse et pour son soutien de plusieurs causes humanitaires».

Adaptations

Une adaptation de Parvana: une enfance en Afghanistan est diffusée en première au Festival international du film de Toronto en 2017. Réalisée par Nora Twomey (qui a aussi réalisé Brendan et le Secret de Kells, nommé aux Oscars), elle est écrite par Anita Doron en collaboration avec Deborah Ellis. Le film est coproduit par WestEnd Films et Cartoon Saloon, en association avec la compagnie de production d’Angelina Jolie-Pitt, Jolie Pas Productions.

Les voix de nombreux personnages du film sont celles d’acteurs d’origine afghane, notamment de Saara Chaudry, l’actrice canadienne ayant prêté sa voix à Parvana. Ce rôle lui vaut un prix ACTRA pour la meilleure performance vocale.

Les critiques que génère le film sont extrêmement positives, et le dessin animé reçoit une nomination comme meilleur film d’animation aux Oscars et aux Golden Globes. Il est également sélectionné pour six Prix Écrans canadiens et en remporte quatre: meilleure musique originale, meilleure chanson originale, meilleur montage de son et meilleur scénario adapté. Finalement, le film gagne le prix des Film Critics Association (association des critiques de film) de Toronto et de Los Angeles pour le meilleur film d’animation et trois prix au prestigieux Festival international du film d’animation d’Annecy, notamment le prix du jury et le choix du public pour le meilleur film d’animation.