Paul Frey

Paul Frey, ténor (né le 20 avril 1941 à Heidelberg, en Ontario). Bien qu’il n’a pas commencé à chanter de l’opéra avant l’âge de 29 ans, Paul Frey a fait ses débuts professionnels à 35 ans aux côtés de Maureen Forrester, et est devenu un ténor de premier plan en Amérique du Nord et en Europe.

Paul Frey, ténor (né le 20 avril 1941 à Heidelberg, en Ontario). Bien qu’il n’a pas commencé à chanter de l’opéra avant l’âge de 29 ans, Paul Frey a fait ses débuts professionnels à 35 ans aux côtés de Maureen Forrester, et est devenu un ténor de premier plan en Amérique du Nord et en Europe. Il a tenu une variété de rôles lyriques et heldentenors (ténor héroïque) au sein de certaines des plus importantes compagnies d’opéra au monde.

Premières années

Frey grandit dans une famille mennonite à St Jacobs, en Ontario, et chante dans le quatuor Glad Tidings ainsi que dans la chorale masculine Schneider à Kitchener-Waterloo. Il laisse tomber l’école à l’âge de 14 ans pour éventuellement assurer la relève dans la compagnie de camionnage de son père, mais se trouve inspiré à poursuivre une carrière de chant après avoir écouté un album de Mario Lanza pendant qu’il est isolé à cause d’une blessure de hockey à l’âge de 21 ans. Encouragé à suivre des cours de chant par Paul Berg, le directeur de la chorale masculine Schneider, Frey étudie avec Douglas Campbell et Victor Martens. En 1972, il vend sa compagnie de camionnage et commence à étudier avec Louis Quilico à l’École d’opéra de l’Université de Toronto, en tant que premier récipiendaire de la bourse Edward Johnson.

Début de carrière

Malgré le manque de formation musicale de base de Frey - qui entrave sa carrière à l’École d’opéra, mais qui est corrigé par une série de cours auConservatoire royal de musiqueStuart Hamilton reconnait son potentiel et l’engage pour interpréter le rôle de Werther aux cotés de Maureen Forrester dans Opera in Concert en 1976. Il tient ensuite d’autres rôles dans Opera in Concert, deux rôles (Rudolpho dans La Bohème et Alfredo dans La Traviata) pour la Canadian Opera Company (Compagnie nationale d'opéra du Canada), Tamino au Centre national des arts, ainsi que plusieurs différents concerts et performances d’oratorios.

En 1978, après une tournée d’auditions financée par le Conseil des Arts du Canada, Frey est engagé au Stadttheater à Bâle, en Suisse. Dès les premiers mois, il interprète les premiers rôles dans Werther, Fidelio et La Fiancée vendue. Se performance en tant que Lohengrin à Karlsruhe en 1985 lui vaut une offre de contrat à Bayreuth, en Allemagne, qu’il refuse afin de pouvoir terminer son contrat à Bâle, où il a élu domicile vers la fin des années 1970.

En 1986, Frey est convoqué à Mannheim, en Allemagne, afin de remplacer le ténor vedette malade Peter Hofmann en tant que Lohengrin. Wolfgang Wagner entend la performance acclamée et engage Frey pour chanter au festival de Bayreuth, ou il avait fait ses débuts dans la peau de Lohengrin en 1987 (performance diffusée plus tard par la SRC). Frey reprend le rôle en 1988, dirigé par le maître d’orchestre Peter Schneider et le metteur en scène Werner Herzog.

Carrière et fin de carrière

Après les débuts de Frey à Bayreuth, il est engagé par la plupart des grandes compagnies d’opéra d’Europe. Ses plus importants rôles wagnériens sont Lohengrin, Parsifal, Erik et Walther. Il chante aussi une grande variété de rôles lyriques et heldentenors (heldentenor se rapproche plus du baryton et requiert une sonorité sombre, riche et puissante), dont le rôle titre dans Peter Grimes de Britten, Énée dans Les Troyens de Berlioz, Tamino dans La Flûte enchantée, Titus dans La Clemenza di Tito et Corrado dans Il Corsaro, de Verdi. Il est particulièrement renommé pour son interprétation de Florestan dans Fidelio et de Max dans Der Freischütz.

Frey fait ses débuts au Metropolitan Opera à New York en 1987 en tant que Bacchus dans Ariadne auf Naxos et au Covent Garden en 1988 dans le rôle de Lohengrin, remplaçant Placido Domingo. Il joue à Paris en 1988 dans une production de Der Freischütz et ouvre le festival d’été de Munich dans Die Liebe der Danae, de Strauss. En plus de ses nombreuses apparitions européennes, il fait des performances à l’opéra de San Francisco, d’Australie et à l’Orchestre symphonique de Cleveland, sous la direction de Christoph von Dohanyi.

Frey revient au Canada en 1989 afin de jouer dans Le Vaisseau fantôme avec Charles Dutoit à Montréal et dans Die Walkure à Toronto. Il apparait aussi en Ontario avec les Menno Singers et la Mennonite Mass Choir, et produit deux albums de levée de fonds avec Consort Caritatis à Kitchener-Waterloo. Il retourne s’installer dans sa communauté mennonite en 2002 pour travailler sur la ferme, mais continue à se produire en spectacle à l’occasion.

Récompense

Diplôme honorifique, D.Litt, Université Wilfrid Laurier (2002)

Une version de cet article a été publiée à l’origine dans l’Encyclopédie de la musique au Canada.


Lecture supplémentaire

  • Arthur Kaptainis. « From a Trucker to a Tenor », Montreal Gazette (10 octobre 1987).

    Robert Everett-Green, « Finding New Independence on the Road to Success », The Globe and Mail (24 août 1988).

    Ruby Mercer, « Spotlight: Paul Frey », Opera Canada, vol. 29 (Été 1988).

    Sylvia L'Écuyer, “Paul Frey: un ténor canadien à Bayreuth,» Aria, vol. 14 (printemps 1991).

    Valerie Sirén, « Home-Grown Heldentenor », Music, vol. 14 (juillet 1991).

Liens externes