Paul-André Fortier

En 1987, il crée, avec Daniel Jackson, une compagnie de répertoire, la MONTRÉAL DANSE, dont il est chorégraphe et codirecteur jusqu'en 1989, date à laquelle il accepte un poste de professeur de chorégraphie à l'Université du Québec à Montréal.

Paul-André Fortier

Paul-André Fortier, danseur, chorégraphe et directeur artistique (Waterville, Qc, 30 avril 1948). La fascination initiale de Fortier pour des thèmes comme la mort, la sexualité et la violence débouche sur une intense introspection personnelle qui s'exprime dans un discours d'une grande beauté et empreint de valeurs spirituelles. Fortier est issu du GROUPE NOUVELLE AIRE qui, au milieu des années 1970, constitue le berceau de formes novatrices de danse à Montréal. En dépit d'une entrée tardive dans le milieu de la danse, avec comme seul bagage un diplôme universitaire en littérature et une expérience comme enseignant au collégial, Fortier fonde sa propre compagnie, la FORTIER DANSE-CRÉATION, en 1979. Deux ans plus tard, il remporte le prix Jean A. Chalmers pour la chorégraphie.

En 1987, il crée, avec Daniel Jackson, une compagnie de répertoire, la MONTRÉAL DANSE, dont il est chorégraphe et codirecteur jusqu'en 1989, date à laquelle il accepte un poste de professeur de chorégraphie à l'Université du Québec à Montréal. À la même époque, il relance sa compagnie afin de présenter ses propres solos. Dès lors, il se produit beaucoup en tournée et s'impose tant sur la scène nationale qu'internationale.

Fortier crée plus de 30 œuvres pour lui-même ainsi que pour d'autres, comme LES GRANDS BALLETS CANADIENS, Danse Partout, Margie GILLIS, Susan Macpherson, le Ballet de Lorraine, à Nancy, en France, et Peggy BAKER. En 1989, Les mâles heures marque le début d'un cycle d'auto-exploration. Puis viennent deux œuvres importantes, La tentation de la transparence (1991) et Bras de plomb (1993), fruits de sa collaboration avec l'artiste visuelle Betty Goodwin.

En 1996, il crée une œuvre collective pour la première fois en huit ans, Entre la mémoire et l'oubli. Cette chorégraphie sur une musique de Luc Marcel est interprétée par la Société de musique contemporaine du Québec à l'occasion du 10e anniversaire de Montréal Danse. La même année, Fortier crée une nouvelle œuvre collective pour lui-même, Peggy Baker, Robert Meilleur et Gioconda Barbuto. La part des anges, une œuvre profondément méditative portant sur la maturité et les relations, est chaudement acclamée à l'occasion de la première à Montréal et aboutit, en 2000, à la chorégraphie d'un solo pour Baker, Loin, très loin.

En 1998, après avoir quitté son poste à l'université pour se consacrer totalement à la formation, à la chorégraphie et au spectacle, Fortier réalise Jeux de fous, une œuvre crue et angoissée portant sur les contradictions de la jeunesse. Toujours soucieux d'éduquer le public, Fortier et sa compagnie, composée de trois anciens étudiants, proposent ateliers, discussions et répétitions aux spectateurs, surtout aux adolescents. Jeux de fous attire un public important en France comme au Canada. En 2001, il chorégraphie sa deuxième œuvre pour la jeunesse. MVTS (pièce urbaine) est commandée pour les élèves de dernière année du Centre national de danse contemporaine (CNDC) à Angers, en France, où, en 2000, il commence à enseigner dans le cadre du programme des résidences du printemps. En 2001 encore, il lance Tensions, qui consiste en une exploration de la dynamique entre la jeunesse et l'âge plus avancé, qu'il danse avec Meilleur.

Depuis l'œuvre collective Lumière, en 2004, Fortier se concentre sur sa carrière solo. Se considérant simplement comme « un homme qui danse », il monte en 2006 Solo 1 x 60 - Un jardin d'objets, un spectacle au cours duquel il danse seul pendant 60 minutes. Au cours de la même année, à 58 ans, âge où la plupart des danseurs ont depuis longtemps pris leur retraite, il se lance dans Solo 30 x 30 -Trente minutes-trente jours, un numéro encore plus ambitieux qu'il exécute tous les jours à la même heure pendant 30 minutes et pendant 30 jours sur 30 différentes scènes extérieures réparties un peu partout sur la planète. En 2007, il voyage de l'Angleterre et de l'Italie jusqu'au Japon, où il présente gratuitement ces spectacles particuliers. Beau temps mauvais temps, affrontant le vent comme la grêle, il danse dans des sites urbains tels que les ponts, les rues, les terrains vagues et les viaducs.

En 2008, tout en continuant sa tournée avec 30 x 30, Paul-André Fortier crée Cabane, une prestation qui fusionne l'installation et la danse sur les lieux et dans laquelle, avec l'artiste visuel/écrivain/musicien du Québec Rober RACINE, il danse autour d'un hangar modulaire. Cabane est en tournée au Canada et en Europe pendant plusieurs années.

Fortier continue aussi à chorégraphier des œuvres pour d'autres artistes. En 2008, il crée Spirale pour 15 danseurs au Ballet de Lorraine en France. Un an plus tard, il crée She, un solo intime pour la danseuse canadienne Robin Poitras.

Fortier est consultant en danse auprès du CONSEIL DES ARTS DU CANADA de 1993 à 1995 et président du Regroupement québécois de la danse de 1994 à 1995. Il est vice-président du Conseil des arts et des lettres du Québec de 1998 à 2003 et artiste en résidence à la Place des Arts de 2003 à 2007. Il reçoit le DORA AWARD en 1993 et est nommé chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en France en 2010.