Micmacs (Mi’kmaq)

Les Micmacs (Mi’kmaw, Micmacs, ou L’nu, qui signifie « les gens » en micmac) sont un peuple autochtone qui fait partie des premiers habitants des provinces canadiennes de l’Atlantique. Des noms alternatifs pour les Micmacs sont trouvés dans les ouvrages historiques, comme les Gaspésiens, les Souriquois et les Tarrantines. Les communautés micmaques contemporaines vivent principalement en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, bien qu’on en trouve également un grand nombre au Québec, à Terre-Neuve, dans le Maine et dans la région de Boston. En 2015, il y avait un peu moins de 60 000 membres inscrits des nations micmaques au Canada.

Les Micmacs (Mi’kmaw, Micmacs, ou L’nu, qui signifie « les gens » en micmac) sont un peuple autochtone qui fait partie des premiers habitants des provinces canadiennes de l’Atlantique. Des noms alternatifs pour les Micmacs sont trouvés dans les ouvrages historiques, comme les Gaspésiens, les Souriquois et les Tarrantines. Les communautés micmaques contemporaines vivent principalement en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, bien qu’on en trouve également un grand nombre au Québec, à Terre-Neuve, dans le Maine et dans la région de Boston. En 2015, il y avait un peu moins de 60 000 membres inscrits des nations micmaques au Canada.


Territoire traditionnel

Les Micmacs font partie des premiers occupants de la région atlantique canadienne, et ils habitent les régions côtières de Gaspé et des provinces maritimes à l’est du fleuve Saint-Jean. Ce territoire traditionnel est appelé Mi’gma’gi (Mi’kma’ki) et il est constitué de sept zones : Unama’gi (Unama’kik), Esge’gewa’gi (Eskikewa’kik), Sugapune’gati (Sipekni’katik), Epegwitg aq Pigtug (Epekwitk aq Piktuk), Gespugwi’tg (Kespukwitk), Signigtewa’gi (Siknikt) et Gespe’gewa’gi (Kespek). Les Micmacs occupent leur territoire traditionnel, Mi’gma’gi, depuis les temps immémoriaux. Ils continuent d’occuper ces régions, ainsi que quelques communautés à Terre-Neuve et en Nouvelle-Angleterre, plus particulièrement près de Boston. Selon l’histoire orale micmaque et des preuves archéologiques, les Micmacs habitent Mi’gma’gi depuis plus de 10 000 ans (voir aussi Territoire autochtone).

Vie traditionnelle

Wigwam Mi'kmaq

L’histoire orale et archéologique parle des modèles d’habitations saisonnières et de la récolte des ressources à Mi’gma’gi avant l’arrivée des Européens. Les étés et printemps sont passés sur la côte, et les hivers sont passés dans les terres intérieures. Les Micmacs dépendent de la variété de ressources disponibles et ils utilisent tout, des crustacés aux mammifères marins en passant par les mammifères terrestres, petits et gros, qui tous servent à la nutrition, aux vêtements et à la fabrication d’outils et d’habitations. Ils utilisent également le bois abondant de la région pour construire des canots, des raquettes et des abris avec des peaux et des tendons d’animaux. Les Micmacs comptent entièrement sur leur environnement pour survivre, et ils développent donc une forte vénération pour cette terre qui les nourrit.

Population

En 2015, le nombre de personnes inscrites dans les Premières Nations Micmaques s’élève à 58 763. De ce nombre, 23 997 sont membres de la Première Nation Qalipu de Terre-Neuve, une communauté sans territoire officiellement reconnue par le gouvernement du Canada en 2011. Si on exclut les Qalipu, 56 % des Micmacs vivent sur des réserves, selon les données de 2015. Mi’gma’gi est le foyer de 30 nations micmaques, dont 29 sont situées au Canada. La bande micmaque Aroostook de Presque Isle, dans le Maine, compte plus de 1 200 membres. Toutes ces communautés, à l’exception de deux (la Première Nation Micmaque Qalipu et la nation des Micmacs de Gespeg, à Fontenelle au Québec), possèdent des terres de réserve. Un grand nombre de Micmacs vit toutefois à l’extérieur des réserves, à Mi’gma’gi ou ailleurs. Il est possible que d’autres ne soient pas inclus dans les chiffres de population enregistrés, car ils ne sont pas reconnus comme Indiens inscrits en vertu de la Loi sur les Indiens.

Organisation politique et sociale

Historiquement, les colonies micmaques sont caractérisées par un ensemble d’habitations communes ou individuelles dispersées le long d’une baie ou d’une rivière. Les communautés sont liées par alliances ou par parenté. L’autorité, fondée sur le prestige plutôt que le pouvoir, est en grande partie préoccupée par une gestion efficace de l’économie de la chasse et de la pêche.

Les Micmacs entretiennent des liens étroits avec d’autres communautés locales, dont les Malécites et les Passamaquoddy. Avec les Malécites, les Passamaquoddy, les Penobscots et les Abénakis, les Micmacs forment la Confédération Wabanaki, une confédération de nations politiquement active, du moins à partir du premier contact avec les Européens jusqu’à aujourd’hui.

Le Grand Conseil Micmac (Sante’ Mawio’ mi) est le gouvernement traditionnel des peuples micmacs, établi avant l’arrivée des premiers Européens. Le conseil existe encore aujourd’hui, bien que ses pouvoirs politiques soient restreints par la législation fédérale, notamment par la Loi sur les Indiens. Dans les années 1600 et 1700, le conseil discute d’enjeux politiques et négocie des traités avec les Britanniques. De nos jours, les membres du Grand Conseil Micmac militent pour la préservation et la promotion du peuple micmac, ainsi que pour sa langue et sa culture.

Des représentants de tout le territoire Micmac siègent au Conseil. Par le passé, le Grand Chef (Kji Sagamaw ou Kji Sagmaw) était le chef d’État de l’organe politique des Micmacs, lui-même constitué de capitaines (keptins ou kji’keptan) qui dirigeaient le conseil, de lecteurs de wampums (putu’s ou putus) qui maintenaient les traités et les lois traditionnelles, et de soldats (smagn’is) qui protégeaient le peuple. Aujourd’hui, le chef, les capitaines et les lecteurs de wampums dirigent toujours le conseil, mais leurs rôles sont limités par le gouvernement fédéral, et se concentrent principalement sur les questions spirituelles et culturelles micmaques. D’autres organisations, comme la Mi’kmaq Rights Initiative (Kwilmu’kw Maw-klusuaqn), défendent politiquement la reconnaissance et la mise en œuvre des droits issus des traités (voir aussi Traités autochtones).

Culture

Tout comme d’autres peuples autochtones de la région des forêts de l’Est, les Micmacs pratiquent un art intrinsèquement lié au monde naturel. De nombreux artistes micmacs contemporains, comme Alan Syliboy, réinterprètent les traditions artistiques micmaques, notamment la peinture rupestre et les vêtements ornés de piquants de porc-épic (voir aussi Art autochtone au Canada).

Mi'kmaq, décoration de piquants de porc-épic

La musique est un autre élément important de la culture micmaque. Une foule de chansons et de chants traditionnels sont encore interprétés lors de rituels spirituels, de festins, de mawiomi (rassemblements), de cérémonies culturelles et de pow-wow. Dans certains cas, les chants micmacs sont composés de syllabes pour exprimer des émotions, plutôt que de mots ayant un sens.

Le saviez-vous?
En avril 2019, une vidéo montrant Emma Stevens, une adolescente micmaque de Cap-Breton, en train de chanter « Blackbird » en micmac a fait fureur sur le web. Cette reprise du classique des Beatles a été produite par le professeur d’Emma, Carter Chiasson, et traduite par l’enseignante Katani Julian et son père Alberta « Goldada » Julian. La vidéo a été filmée par Emma et ses camarades de classe à l’école secondaire Allison Bernard Memorial, dans la Première Nation d’Eskasoni, à Cap-Breton. La chanson a été traduite en micmac pour sensibiliser les gens aux conséquences de la mise en danger des langues autochtones pendant l’Année internationale des langues autochtones de l’ONU, en 2019. La vidéo a fait le tour du monde entier et a reçu les éloges de nombreuses personnalités publiques, dont l’auteur-compositeur de la chanson, Sir Paul McCartney, et elle a fait l’objet d’un tweet du premier ministre du Canada, Justin Trudeau.


Langue

Le micmac fait partie de la famille Wabanaki des langues algonquiennes de l’est, qui inclut les différents dialectes abénakis et les langues penobscots et malécites-passamaquoddy. Lors du recensement de 2016 du gouvernement du Canada, 8870 personnes ont déclaré parler le micmac. (Voir aussi Langues autochtones au Canada.)

Le micmac possède un alphabet écrit. Il est constitué de constantes simples et doubles, ainsi que de cinq voyelles qui peuvent être longues ou courtes. Historiquement, les Micmacs utilisaient des pictogrammes, mais ce système d’écriture a été changé par des missionnaires qui ont appris la langue pour enseigner le catholicisme durant les années 1600. Les Micmacs comptaient plus de 17 dialectes différents, dont le Restigouche, un dialecte unique au Québec, mais le contact linguistique avec les francophones et les anglophones a érodé la prévalence de la langue et a atténué les différences de dialectes.

Pictogrammes micmac

Malgré de multiples défis, des programmes linguistiques, incluant des programmes d’immersion à l’école secondaire, contribuent à revitaliser la langue micmaque. En 1970, on compte environ 6 000 locuteurs du micmac, comparativement à près de 9 000 en 2016. Cependant, ces chiffres peuvent être trompeurs. Bien que l’Enquête nationale auprès des ménages demande aux personnes d’évaluer leur « compréhension » de la langue, les linguistes mesurent la santé d’une langue selon le nombre de locuteurs parlant couramment la langue. En 1999, un rapport publié par le Mi’kmaw Language Centre of Excellence de la Nouvelle-Écosse indique que moins de 3000 personnes peuvent en fait parler couramment le micmac.

Néanmoins, le micmac est la seule langue autochtone largement utilisée à Mi’gma’gi (le malécite comptait moins de 800 locuteurs en 2011). En tant que telle, la langue demeure un symbole important de force culturelle et de persévérance pour la communauté.

Le 7 avril 2022, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse adopte la Mi’kmaw Language Act. Cette Loi fait de la langue micmaque la première langue de la province. Elle soutient également les efforts de protection et de revitalisation de la langue. La Loi, considérée comme un pas vers la réconciliation, entrera en vigueur le 1er octobre, Jour anniversaire du traité.

Religion et spiritualité

La spiritualité micmaque est influencée par le monde naturel et elle lui est fortement liée. Les Micmacs croient que le fait de vivre une vie saine et équilibrée signifie un respect et la protection de l’environnement, ainsi qu’une harmonie entre les peuples et les créatures qui vivent sur la planète. L’analyse de la langue micmaque solidifie l’importance fondamentale de cette vision du monde. Au lieu d’une structure séquentielle basée sur des temps de verbe comme dans la langue anglaise ou française, la langue micmaque est fondée sur l’expérience, et elle s’appuie sur le témoignage du locuteur pour transmettre le sens.

La culture et la religion traditionnelles des Micmacs sont basées sur des personnages légendaires comme Glooscap (également écrit Kluscap). On dit qu’il a formé la vallée de l’Annapolis en se couchant sur la Nouvelle-Écosse et en utilisant l’Île-du-Prince-Édouard comme oreiller. Le Grand Esprit est le créateur du monde et de tous ses habitants, un concept qui n’a pas été anéanti lorsque les colons et les missionnaires catholiques ont commencé à influencer la spiritualité et la religion des Micmacs au cours du 17e siècle (voir aussi Religion et spiritualité des Autochtones au Canada).

Histoires de la création

Les Micmacs, comme la plupart des peuples autochtones, utilisent des histoires pour raconter leur passé et leur spiritualité. Les traditions orales micmaques racontent que le monde a été créé en sept étapes. Le Créateur a fait le ciel, le Soleil, la Terre mère, puis les premiers humains : Glooscap et sa grand-mère, son neveu et sa mère. À partir d’étincelles de feu, Glooscap a ordonné la venue de sept hommes et sept femmes, les familles fondatrices des sept districts de Mi’gma’gi. Il existe de nombreuses autres histoires d’origine qui décrivent comment se sont passées les choses, et la manière de vivre une bonne vie.

Voir aussi : Vistas — Petit Tonnerre, Nancy Ackerman et Alan Syliboy, Office national du film du Canada

Christianisme

En 1610, le chef Micmac Henri Membertou (sagamo ou sagamore) devient le premier autochtone à recevoir un baptême catholique en Nouvelle-France, donnant ainsi le coup d’envoi à un mouvement de conversion intense et à un mélange des coutumes. Les peuples micmacs, qui s’adaptent rapidement aux échanges de marchandises d’Europe, sont également réceptifs aux nouvelles pratiques religieuses.

Le Concordat de 1610, un accord formel entre les Micmacs et le Vatican marqué par la création d’un traité wampum, combine commerce, traité et religion dans les relations entre les Micmacs et les Français. Le Concordat fait des Micmacs des sujets catholiques, et il légitime ainsi le commerce et les autres relations entre les colons et les peuples autochtones de Mi’gma’gi et de l’Acadie. Les Micmacs continuent de pratiquer leurs propres coutumes, mais ils intègrent également les enseignements des prêtres qui ont appris leur langue, enracinant ainsi le catholicisme dans leur identité spirituelle micmaque.

La religion des Micmacs demeure fermement ancrée dans le catholicisme. Les peuples micmacs de partout à travers Mi’gma’gi commencent à célébrer le Jour anniversaire du traité (le 1er octobre) en incorporant des rituels traditionnels micmacs, comme l’utilisation de tambours et la combustion d’herbes sacrées, à la messe catholique. Toutefois, la spiritualité micmaque traditionnelle est encore pratiquée aujourd’hui, grâce à un effort concerté de la part des peuples micmacs pour protéger et promouvoir leurs croyances et coutumes religieuses.

Chapelle du micmac

Histoire coloniale

En raison de leur proximité à la côte Atlantique, les Micmacs font partie des premiers peuples nord-américains à interagir avec les explorateurs, les pêcheurs et les marchands européens. Par conséquent, ils subissent rapidement un dépeuplement et des perturbations socioculturelles. Certains historiens estiment que les maladies européennes (voir Épidémies au Canada) entraînent une perte de près de la moitié de la population micmaque entre les années 1500 et 1600.

À la suite de leurs contacts et échanges sporadiques avec les pêcheurs européens, les Micmacs qui entrent en contact avec les premières colonies européennes sur le territoire qui est maintenant le Canada connaissent déjà les gens, leurs marchandises et leurs habitudes commerciales. De plus, l’histoire orale des Micmacs raconte l’ancienne prémonition d’une femme micmaque selon laquelle des gens arriveraient à Mi’gma’gi sur des îles flottantes, ainsi qu’un esprit légendaire qui aurait traversé l’océan à la recherche de « gens aux yeux bleus ». Ces prédictions font en sorte que les Micmacs sont déjà préparés lorsqu’ils rencontrent des pêcheurs pour la première fois au large de leurs côtes.

Les Micmacs participent à la traite des fourrures en servant d’intermédiaires entre les Européens et les groupes vivant plus à l’ouest, car les animaux à fourrures se font rapidement rares en raison de la forte demande. Ces circonstances modifient fondamentalement le mode de vie des Micmacs, qui se concentrent plutôt sur le piégeage et la traite des fourrures au lieu de la chasse et de la cueillette de subsistance.

Traités

Le conflit prolongé entre les puissances coloniales françaises et britanniques entraîne souvent les Micmacs dans la mêlée. Les Micmacs sont en grande partie alliés aux forces coloniales françaises, qui ont établi leurs colonies à travers l’Acadie jusqu’au 18e siècle. Durant cette période, et après les conflits avec la Grande-Bretagne, les Micmacs signent des traités de paix en 1726, 1749, 1752 et 1760-1761, suivis par deux traités qui garantissent des alliances durant la Révolution américaine. Le traité de 1726 est le fondement des traités ultérieurs (voir aussi Traités autochtones).

Ces traités entre nations souveraines reconnaissent les droits inhérents des Micmacs, et ils forment la base des renégociations et des revendications des traités modernes. Bien que la Proclamation royale de 1763 établisse les droits des Autochtones dans une grande partie du Canada, elle ne fait aucune mention des colonies des Maritimes. Pour cette raison, la plupart des colons européens ou loyalistes arrivés après les traités ignorent, ou choisissent d’ignorer, les droits des Micmacs.

En 1985, la Cour suprême du Canada confirme que les Micmacs et la Couronne entretiennent une relation qui découle des traités signés durant les années 1700, et que les Micmacs ont des droits ancestraux sur les terres décrites dans ces traités. Depuis le 1er octobre 1986, le Jour anniversaire du traité, la Nouvelle-Écosse et d’autres régions du Canada atlantique, commémorent la signature et l’importance des traités de paix et d’amitié.

Luttes des 19e et 20e siècles

La vie sous la gouvernance britannique, et par la suite canadienne, n’est pas clémente pour les Micmacs, qui sont soumis à des tentatives conscientes pour modifier leur mode de vie. La plupart des initiatives visant à faire d’eux des agriculteurs échouent en raison de programmes mal conçus et d’empiétement sur les terres de réserve. Les modèles économiques qui privilégient l’emploi d’ouvriers provoquent des changements irréversibles : l’artisanat, la tonnellerie, la pêche aux marsouins et les travaux routiers, ferroviaires et forestiers intègrent les Micmacs à l’économie du 19e et du 20e siècle, mais les laissent néanmoins isolés sur le plan social.

Comme c’est le cas pour de nombreux peuples autochtones au Canada, les Micmacs sont durement touchés par le traumatisme durable infligé par le système des pensionnats indiens. En plus de cette dislocation culturelle, générationnelle et économique, le ministère des Affaires indiennes force plus de 2 000 Micmacs vivant dans plusieurs petites communautés, à déménager sur des réserves désignées par le gouvernement dans les années 1940. Ces mesures prises dans le seul but de rationaliser l’administration gouvernementale témoignent de mauvaises gestions et de stratégies expérimentales, et elles ont des répercussions désastreuses sur les communautés concernées. Les maisons, les églises et les usines sont abandonnées et remplacées par des lieux en mauvaises conditions et une dépendance économique.

Le saviez-vous?
Malgré le fait qu’ils sont confrontés à de la discrimination au Canada et à l’absence de droits civils (les Micmacs et les autres peuples autochtones n’obtiennent le droit de vote qu’en 1960), plus de 200 soldats guerriers micmacs (sma'knisk) servent dans le Corps expéditionnaire canadien (CEC) pendant la Première Guerre mondiale. Plusieurs d’entre eux sont blessés ou tués au combat (voir Les peuples autochtones et la Première Guerre mondiale). De plus, le caporal micmac Samuel Glode (Gloade) est hautement décoré pour sa bravoure sur le front de l’Ouest. Il reçoit la Médaille de conduite distinguée pour avoir désarmé 450 mines terrestres et bombes en 1918, sauvant ainsi de nombreuses vies canadiennes.


Vie contemporaine et activisme

En 2015, on compte 13 nations micmaques en Nouvelle-Écosse, totalisant une population de 16 268 inscrits. Les neuf nations du Nouveau-Brunswick comptent 8 210 inscrits, tandis que les deux nations de l’Île-du-Prince-Édouard et les deux nations de Terre-Neuve-et-Labrador comptent respectivement 1 294 et 26 966 inscrits. Les trois nations du Québec comptent une population totale de 6 025 inscrits. Avant 2011, la population des Micmacs inscrits à Terre-Neuve-et-Labrador était nettement inférieure; cette année-là, le gouvernement fédéral a reconnu le statut de plus de 23 000 Micmacs, qui formaient la Première Nation micmaque des Qalipu.

La formation de la nation Qalipu est un exemple d’activisme continu des Micmacs. En 1999, la Cour suprême du Canada confirme les droits de Donald Marshall fils, et par extension de tous les Micmacs, de pouvoir s’assurer une « subsistance convenable » grâce aux droits de la chasse et de la pêche. Donald Marshall avait été reconnu coupable en 1996 de pêche hors saison, mais la cour a statué que les traités de paix et d’amitié signés en 1760 et 1761 garantissaient ces droits aux Micmacs.

Cette décision déclenche la crise de Burnt Church, un conflit au cours duquel les tensions atteignent un point critique entre les Micmacs et les pêcheurs non autochtones. Ces derniers font valoir que la pêche aux homards non contrôlée entraînerait la dévastation des stocks. Malgré la campagne de lobbying pacifiste menée par des organisations comme Bay of Fundy Inshore Fishermen’s Association auprès de ses propres membres, des pêcheurs non autochtones détruisent les pièges et d’autres équipements appartenant aux Micmacs. La situation menace de dégénérer en scènes de violence. Le gouvernement fédéral met un semblant de point final en rachetant les permis et l’équipement de quelques pêcheurs non autochtones et en concluant des accords avec plusieurs communautés micmaques pour réglementer une pêcherie commerciale. D’autres communautés micmaques ne parviennent toutefois pas à des ententes, et continuent de demander au gouvernement fédéral qu’il reconnaisse leurs droits issus des traités.

Les tensions qui persistent entre les pêcheurs non autochtones et les pêcheurs Sipekne’katik (Micmacs) au sujet de la pêche aux homards s’intensifient en octobre 2020. Un vivier à homard est incendié dans la nuit du 17 octobre à Pubnico-Ouest-le-Centre. Les Micmacs font appel au gouvernement fédéral, qui est responsable des pêcheries, pour qu’il fournisse des directives claires sur la signification de « moyen de subsistance convenable » et sur ce que cela implique.

En octobre 2013, des membres de la Première Nation Elsipogtog du Nouveau-Brunswick organisent une manifestation contre l’extraction du gaz naturel par fracturation hydraulique sur les terres publiques voisines de leur communauté. Les protestations sont centrées sur des arguments environnementaux contre la fracturation hydraulique et sur la nature non cédée du territoire en question. Des manifestants érigent des barricades sur la route 11 et plusieurs organisateurs sont arrêtés. Des manifestants non violents affrontent des agents de la GRC, produisant ainsi des images emblématiques, et relançant le débat sur la portée des titres fonciers autochtones ainsi que sur les politiques de gérance de l’environnement dans une économie industrielle.