​Le Musée Gardiner de l’art de la céramique



En approchant le Musée Gardiner de l’art de la céramique, dessiné par Bruce Kuwabara et son équipe de la firme d’architectes KPMB, on remarque immédiatement un cube surélevé en porte-à-faux orienté vers Queen’s Park, avec des fenêtres de verre fritté en retrait de l’élégante façade de calcaire de l’édifice. Le bâtiment est une extension spectaculaire de l’original, une structure néoclassique moderniste imposante de deux étages dessinée par Keith Wagland (l’un des professeurs de Kuwabara à l’Université de Toronto) et terminée en 1984.

Au moment de confier à Bruce Kuwabara la refonte du Musée Gardiner en 2001, il était très familier avec le musée et sa collection. Pendant les années 1990, il avait conçu l’installation d’une série d’expositions d’art à la Casa Italiana de Toronto, où il avait fait connaissance avec une variété d’artistes et de conservateurs de musées — incluant ceux ayant travaillé avec le Musée Gardiner. En 2000, le Musée Gardiner a demandé à Kuwabara de concevoir et d’installer ce qui s’est avéré être l’une de leurs expositions les plus spectaculaires: Miró: Jouer avec le feu, une exposition des oeuvres de céramique de l’artiste espagnol Joan Miró.

« J’ai fini par faire toute l’exposition moi-même » raconte Kuwabara. « J’ai acheté de la soie magnifique aux tons de terre pour servir de toile de fond à certaines oeuvres et j’ai fait couper sur mesure des tuyaux de plomberie en cuivre pour tenir les oeuvres et les placer dans des angles tels qu’il était possible de voir au travers de toutes les oeuvres à la fois. Il y avait une lumière unique dédiée à chaque oeuvre de l’exposition. Durant ce processus, j’ai appris énormément de choses à propos des problèmes du bâtiment original — les colonnes, les quais de chargement, le fait que la simple circulation au travers de l’édifice était difficile. »

Le succès de Kuwabara avec Jouer avec le feu (selon Kuwabara, le petit-fils de Miró a trouvé qu’il s’agissait de la meilleure installation des oeuvres de Miró dont il avait été témoin) a mené directement à la commission pour la refonte du musée.

« Dans les années 2000, la renaissance culturelle de Toronto était en plein essor » dit Kurabawa, qui a eu une influence majeur sur le paysage culturel de Toronto. En plus du Musée Gardiner, il était l’architecte en chef pour l’École nationale de ballet du Canada, le Centre TELUS pour la performance et l’apprentissage du Conservatoire royal de musique ainsi que pour le bâtiment du TIFF Bell Lightbox.

« Pour commencer, mon plus gros problème était l’orientation », mentionne Kuwabara. « Le bâtiment original était conçu pour un étage additionnel, alors j’ai fait des plans avec des élévations doubles, en construisant vers le haut. Par contre, l’une de mes priorités principales était de respecter les propriétés adjacentes, qui sont, dans ce cas, le Musée royal de l’Ontario, l’édifice Lillian Massey et Annesley Hall. Pour moi, un bâtiment contemporain doit affirmer son identité tout en respectant les bâtiments voisins — d’une certaine façon, c’est une bonne définition de ce qu’il y a de meilleur dans l’architecture canadienne contemporaine. »

L’élégance du Musée Gardiner de Kuwabara — le calcaire d’Indiana texturé, subtilement lumineux en pleine lumière du jour; les lignes verticale épurées des fenêtres -— reflète la belle collection de céramiques acquises par George et Helen Gardiner, qui vont de la terre cuite précolombienne, de somptueuses assiettes en porcelaine chinoise et japonaise aux bols et des tasses du 18e siècle de l’Allemagne, de la France et de l’Angleterre. Le Musée Gardiner d’aujourd’hui fait bel et bien partie du paysage urbain dynamique de Toronto. À cet égard, la terrasse du troisième étage en est le coeur. « Le troisième étage, où se trouve le restaurant de Jamie Kennedy, est vraiment tout à propos de nos affaires du moment — de la terrasse, on peut voir le Park Hyatt » dit Kuwabara. « La terrasse elle-même est un endroit contemplatif, qui permet un moment de méditation et où il est possible d’atteindre un état de conscience profonde de la ville. »


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