La grippe H1N1 de 2009 au Canada

Du mois d’avril au mois de décembre 2009, le Canada a connu une épidémie de grippe A (H1N1). Le virus a commencé en Amérique du Nord et s’est propagé vers de nombreux pays, créant une pandémie mondiale. Ce nouveau type de grippe était différent de la grippe saisonnière typique, et ses effets étaient beaucoup plus graves. À travers le monde, on confirme que plus de 18 000 personnes sont décédées des suites de la grippeH1N1, dont 428 Canadiens. Les estimations basées sur des modèles statistiques ont calculé que le nombre mondial de décès est en fait beaucoup plus élevé. Il est possible que les totaux soient dans les centaines de milliers. La pandémie de grippeH1N1 a mis à l’épreuve les améliorations que le Canada avait faites à son système de santé publique après l’épidémie de SRAS de 2003. Dans l’ensemble, elle a révélé une réponse plus efficace, et plus coordonnée.

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virus de la grippe H1N1Image du virus de la grippe H1N1, prise par le laboratoire du CDC.

Origines de la grippe A (H1N1)

Le virus de la grippe H1N1 est d’abord signalé au Mexique en février 2009. Initialement appelé « grippe porcine », le virus n’a jamais été observé auparavant chez les animaux ou les humains. Cependant, on croit qu’il est le virus le plus étroitement relié aux virus de grippe trouvés chez les porcs de l’Amérique du Nord et de l’Eurasie. Les scientifiques découvrent plus tard que le virus ne contient pas seulement des éléments de la grippe porcine nord-américaine et eurasienne. Il contient également des éléments de la grippe aviaire et humaine de l’Amérique du Nord. Les anticorps que les gens développent en réponse à la grippe saisonnière ne les protègent pas contre la grippe H1N1.

Période prépandémique

Le 26 avril 2009, l’Agence de la santé publique du Canada signale le premier cas de grippe H1N1 au pays. Les laboratoires canadiens effectuent des tests précoces sur des échantillons de virus provenant du Mexique. Au début du mois de mai, les scientifiques canadiens terminent le premier séquençage génétique complet du virus H1N1. Cette étape est la clé du développement d’un vaccin.

La pandémie au Canada

Le 11 juin 2009, 74 pays présentent des cas de H1N1 confirmés en laboratoire. L’Organisation mondiale de la santé annonce une pandémie. Quatre décennies ont passé depuis la dernière pandémie de grippe en 1968.

Contrairement à la grippe saisonnière courante durant l’hiver, la grippeH1N1 frappe de nombreux Canadiens entre le printemps et l’automne. On compte deux vagues d’infection au Canada, culminant à la mi-juin et au début novembre de l’année2009. Alors que 8678 personnes sont hospitalisées en raison de cas confirmés de grippe H1N1, les cas probables portent le total à environ 15 000. La plupart des cas nécessitant des soins hospitaliers surviennent au cours de la seconde vague. Les jeunes enfants, les femmes enceintes, les nouvelles mères, les gens souffrant de maladies préexistantes et les personnes gravement obèses sont parmi les plus à risque.

Le virus H1N1 affecte la population d’une manière différemment de la grippe saisonnière typique de plusieurs façons. D’abord, le taux d’infection est plus bas chez les personnes âgées. Les taux d’hospitalisation révèlent également des différences. Le taux d’hospitalisation chez les enfants de moins de cinq ans surpasse de loin celui des autres groupes d’âge. Cette disparité est beaucoup plus grande qu’une année de référence de la grippe. De plus, du nombre total de personnes hospitalisées, beaucoup sont âgées de 20 à 64 ans. Durant la pandémie de grippe H1N1, 47% des patients sont dans ce groupe d’âge, comparé à 26% lors d’une année de référence de la grippe. Enfin, les patients souffrant de la grippe H1N1 sont plus susceptibles d’avoir besoin d’un respirateur artificiel et de traitements aux soins intensifs. Au cours de la pandémie, 1473 patients souffrant de la grippe H1N1 sont admis à l’unité des soins intensifs.

Les peuples autochtones sont affectés de manière disproportionnée par la pandémie de grippe H1N1 de 2009. Alors qu’ils représentent environ 4% de la population, ils représentent 16% des gens hospitalisés durant la première vague de la pandémie, et 6,1% durant la seconde. Les communautés éloignées et isolées subissent les pires impacts. Les chercheurs ont proposé diverses raisons possibles pour cette disparité. Le manque d’accès aux services de santé, le surpeuplement, une population plus jeune et un statut socio-économique inférieur contribuent possiblement à la gravité de la grippe H1N1 dans ces communautés (voir aussi Santé des autochtones).

Réponse de la santé publique

Au Canada, tous les niveaux du gouvernement coopèrent à la réponse à la pandémie de grippe H1N1. Au niveau fédéral, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) dirige et réglemente les efforts de la nation. Son plan de préparation à la grippe guide la réponse. Ce plan se concentre sur la surveillance, les médicaments antiviraux, les vaccins, les mesures de santé publique, les soins cliniques, la recherche et les communications.

Le saviez-vous ?
Le gouvernement fédéral forme l’Agence de la santé publique du Canada en 2004. Cette agence est en partie une réponse aux échecs du Canada lors de l’épidémie de SRAS de 2003.

Les provinces et les territoires sont responsables de la prestation de leurs soins de santé. Durant la pandémie, ils supervisent les mesures des lignes de front, comme la vaccination et les soins des patients. Lors de la seconde vague, les hôpitaux augmentent leur capacité et limitent certains types d’admissions aux soins intensifs afin de laisser place aux patients atteints de la grippe H1N1. De nombreux hôpitaux font l’acquisition de plus de respirateurs artificiels, et forment plus de personnel.

Les gouvernements financent également l’éducation publique afin de prévenir la propagation de la maladie. Des campagnes accentuent l’importance de se laver les mains, de tousser dans sa manche, et de rester à la maison en cas de maladie.

Vaccination

À la mi-octobre2009, Santé Canada approuve un vaccin contre la grippe H1N1. Commence alors la plus vaste campagne de vaccination de l’histoire du Canada. Entre 40% et 45% de la population (13,5 à 15 millions de personnes) reçoit le vaccin. La vaccination ne freine pourtant pas la seconde vague d’infections. Ceci est probablement dû au fait qu’elle n’a lieu que tout juste avant cette seconde vague. Le vaccin prend 10 à 14 jours après l’injection pour créer une immunité. Mais il a probablement permis d’éviter une troisième vague de grippe H1N1 au Canada.

vaccination contre la grippe H1N1 dans une clinique de Sudbury

Une clinique de vaccination contre la grippeH1N1 très occupée, à Sudbury, en Ontario, le 27 octobre 2009.
Clinique de vaccination contre la grippe, mardi 27 octobre 2009, à 9h42, à Sudbury » de Doug Eastick sur flickr est autorisé par CC BY-NC-ND2.0.)

Les médecins prescrivent aussi largement des médicaments antiviraux durant la seconde vague. Ces médicaments aident à traiter la grippe à son stade précoce et à en limiter la gravité.

En janvier 2010, l’Agence de la santé publique commence à réduire sa réponse à la pandémie. L’Organisation mondiale de la santé déclare la fin de la pandémie de grippe H1N1 le 10 août 2010.

Importance et legs

On compte 428 décès dus à la grippe H1N1 au Canada. Le pays a dépensé plus de 2 milliards de dollars en réponse à la maladie.

Le journaliste spécialisé en santé, André Picard, applaudit la réponse du Canada dans sa chronique de mai 2010 du Globe and Mail. « Les responsables de la santé publique se sont bien débrouillés compte tenu des défis scientifiques et politiques posés par la grippeH1N1, » écrit-il. « Et lorsque vous comparez la réponse envers la grippe H1N1 à celle envers le SRAS, c’est le jour et la nuit. » André Picard soutient que le Canada a appris de son expérience avec la crise du SRAS. Il cite le plan de préparation à la pandémie, et il fait l’éloge de sa mise en œuvre efficace à travers le pays. André Picard souligne par contre les échecs des responsables de la santé à transmettre leurs messages. Il observe que certaines de leurs communications au sujet de la vaccination ont créé de la confusion. Le Sénat et l’ASPC publient éventuellement tous deux des rapports sur la réponse envers la pandémie qui font écho à l’opinion d’André Picard sur ce point.


Plus tard en 2010, Ken Scott, le directeur de la division de la Préparation aux pandémies de l’ASPC, émet son rapport sur la réponse du Canada. Il estime que si le pays n’avait pas appliqué son plan de lutte contre la pandémie, des milliers de jeunes Canadiens en santé seraient décédés. Toutefois, il discerne également des« travaux inachevés » dans des domaines où le plan pourrait être amélioré. Ceux-ci incluent des rôles plus précis, un partage d’information plus efficace, une surveillance intégrale, une supervision plus prompte pour les travailleurs en soins de santé, et une vaccination plus rapide.


Mots clés : La grippe H1N1 de 2009

Grippe

La grippe est une maladie contagieuse commune des voies respiratoires. Il existe quatre types de virus responsables de la grippe : A, B, C et D.

Pandémie

Propagation d’une maladie infectieuse affectant une large proportion de la population dans plusieurs pays ou dans le monde entier.

Santé publique

Services de santé offerts par un gouvernement afin d’améliorer la santé de ses citoyens.

Unité des soins intensifs

Partie d’un hôpital où sont traités les patients gravement malades qui ont besoin d’une surveillance constante et d’équipements médicaux spécialisés.

Vaccin

Préparation composée de bactéries ou de virus tués ou affaiblis permettant à l’organisme qui y est exposé de développer une immunité contre ces mêmes bactéries ou virus.

Virus

Organisme trop petit pour être vu par les microscopes typiques, qui peut se multiplier à l’intérieur des cellules de son organisme-hôte, causant habituellement une maladie.

Lecture supplémentaire

Liens externes