Jim Carrey

On le compare à Jerry Lewis pour sa volonté, voire son ardeur, à se mettre dans des situations embarrassantes et à y mettre les autres afin de faire plonger l'amour-propre du personnage dans une crise maniaco-dépressive qui prend l'allure d'une hyperactivité hilarante.

James Eugene Carrey, « Jim », acteur (Newmarket, Ont., 17 janv. 1962). Parmi les comédiens canadiens qui tentent de percer à Hollywood, Carrey est peut-être celui qui y connaît le plus de succès, si bien qu'il marque profondément le film comique américain des années 1990. Sa manière presque effrayante d'aborder un rôle, l'incroyable élasticité de son visage, qui semble en caoutchouc, et son goût illimité pour l'excès dépassent de loin ses prédécesseurs. Il incarne des personnages qui ne connaissent que les extrêmes, oscillant frénétiquement entre l'orgueil le plus absolu et l'avilissement le plus total, la mégalomanie la plus sadique et l'abjection la plus masochiste.

On le compare à Jerry Lewis pour sa volonté, voire son ardeur, à se mettre dans des situations embarrassantes et à y mettre les autres afin de faire plonger l'amour-propre du personnage dans une crise maniaco-dépressive qui prend l'allure d'une hyperactivité hilarante. Le comique des situations est amplifié par le fait que les crises infantiles quasiment incontrôlées des personnages incarnés par Carrey sont jouées par un acteur grand et musclé, au physique de héros. Le spectateur peut facilement oublier cet aspect de Carey tant ce dernier recherche le grotesque. Ses dons pour les contorsions et les grimaces (ce qui en fait un acteur très contemporain) l'amènent à jouer dans des films d'action usant d'effets spéciaux et de mises en scène fantastiques. Sa tendance naturelle à l'excès peut être mise en valeur par l'animation, les acrobaties et d'autres effets spéciaux, The Mask (v.f. Le Masque, 1994) en est le meilleur exemple.

Carrey décroche de l'école secondaire pour aider sa famille qui connaît des difficultés financières. Encore adolescent, il transforme sa fascination d'enfant pour la scène en réalité en devenant humoriste au club Yuk Yuk de Toronto. En 1981, à l'âge de 19 ans, il s'installe à Los Angeles, où il travaille comme artiste comique au Comedy Store, dans les séries télévisées The Duck Factory (1984), et In Living Colour (1990-1994) et joue de petits rôles dans des films. En 1994, sa carrière décolle avec trois premiers rôles dans des films à succès : The Masque (v.f. Le Masque), Dumb and Dumber (v.f. La cloche et l'idiot), et Ace Ventura: Pet Detective (v.f. Ace Ventura mène l'enquête). L'année suivante, on le retrouve dans Batman Forever (v.f. Batman à jamais) et Ace Ventura: When Nature Calls (v.f. Ace Ventura : l'appel de la nature). Son ascension est si soudaine et si remarquable que, en l'espace d'un mois, en 1995, il fait la couverture de Newsweek et de Rolling Stone. En 1996, il touche la somme faramineuse de 20 millions de dollars pour interpréter le rôle principal dans The Cable Guy (v.f. Le Gars du câble), qui malheureusement ne connaît pas le succès attendu et que la critique juge trop noir pour être drôle. En 1997, il poursuit sur sa lancée avec Liar, Liar (v.f. Menteur, Menteur) et, en 1998, avec The Truman Show (v.f. Le Show Truman) dans lequel il incarne un homme qui découvre peu à peu que sa vie fait partie d'une émission regardée par des millions de téléspectateurs.

Parvenu à ce point de sa carrière, Carrey peut choisir ses projets en toute liberté. Après une apparition acclamée dans le rôle du comédien Andy Kaufman dans Man on the Moon (v.f. L'homme sur la lune, 1999), puis dans le rôle d'un homme aux multiples personnalités dans la comédie hystérique Me, Myself and Irene (2000, v.f. Moi, moi-même et Irène), vient l'épopée sentimentale « néo-Capra »The Majestic (2001; v.f. Le Majestic), qui est un échec commercial et critique. Cependant, la sortie du film Dr Seuss' How the Grinch Stole Christmas (v.f. Le grincheux qui voulait gâcher Noël, 2000), où il tient le rôle principal du grincheux, récolte plus de 260 millions de dollars, offrant à l'acteur son plus grand succès à ce jour.

Le Grincheux est suivi des films Bruce Almighty (2003; v.f. Bruce le tout-puissant), Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004; v.f. Du soleil plein la tête), une œuvre acclamée par la critique, Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events (2004; v.f. Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire d'après Lemony Snicket), Fun With Dick and Jane (2005; v.f. Les folies de Dick et Jane) et du thriller The Number 23 (2007; v.f. Le nombre 23). Jim Carrey joue dans Yes Man (2008; v.f. Monsieur oui) dans lequel il incarne un rôle d'homme maniaco-dépressif à la Menteur, menteur. Ensuite, dans un rôle moins intense, il joue un personnage homosexuel amoureux d'un codétenu incarné par Ewan McGregor dans la comédie dramatique I Love You, Phillip Morris (2010; v.f. Je t'aimerai toujours Phillip Morris). La sortie de ce film au thème « difficile » est repoussée, ce qui entraîne un autre rare échec de Carrey avec des recettes de « seulement » 20 millions de dollars en salle. La critique n'est pas tendre envers le film d'animation A Christmas Carol (2009; v.f. Le drôle de Noël de Scrooge), dans lequel Carrey incarne le personnage de Scrooge et de trois revenants à l'aide de la technique de capture de mouvement, ni envers Mr. Popper's Penguins (2011; v.f. M. Popper et ses manchots) où il apparaît en compagnie de manchots réels ou générés par ordinateur.

Carrey a reçu de nombreux prix Golden Globes et MTV Movie Awards (le plus grand nombre obtenu par la même vedette dans l'histoire de MTV). Il est intronisé à l'Allée des célébrités canadiennes, en 1998. Avec des revenus bruts au guichet dépassant deux milliards de dollars, il est sans aucun doute l'acteur d'origine canadienne le plus puissant et le plus influent à travailler à Hollywood depuis le règne de Mary PICKFORD, la reine du cinéma américain des années 1920.