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James Cleland Richardson, VC

James « Jimmy » Cleland Richardson, VC, électricien, joueur de cornemuse, soldat (né le 25 novembre 1895 à Bellshill, dans le Lanarkshire en Écosse; décédé le 9 octobre 1916 près de Courcelette en France). James Richardson a émigré avec sa famille en Colombie-Britannique peu avant la Première Guerre mondiale. Il s’est enrôlé dans le Corps expéditionnaire canadien (CEC) en septembre 1914 et s’est embarqué avec ce dernier pour la Grande-Bretagne le mois suivant. James Richardson a été déployé en France au début de 1915 et il a participé à plusieurs batailles avant d’être tué à la tranchée Regina en octobre 1916, lors de la bataille des Hauts de l’Ancre (voir Le Canada et la bataille de la Somme). Pour sa bravoure au cours de cette bataille, il a reçu la Croix de Victoria (VC) à titre posthume.

James Cleland Richardson

Jeunesse et éducation

James Richardson est le fils de David Richardson, sous-inspecteur de police, et de Mary (née Prosser). Il fait ses études à la Bellshill Academy, à la Auchinwraith School de Blantyre et à la John Street Public School, dans le quartier de Glasgow à Bridgton.

La famille Richardson émigre à Vancouver en Colombie-Britannique en mai 1913, et elle s’installe éventuellement à Chilliwack, où le père de James devient chef de police. Bien qu’il soit foreur de métier, James Richardson se trouve un emploi comme apprenti électricien à Vancouver. Alors qu’il est à Vancouver, il passe six mois comme joueur de cornemuse au sein du corps des cadets du 72e Bataillon des Seaforth Highlanders

Première Guerre mondiale

Le 23 septembre 1914, James Richardson s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien (CEC) au camp Valcartier situé au nord de la ville Québec, et il est affecté au 16e Bataillon (Écossais canadien). Ce bataillon est principalement composé de soldats issus de quatre régiments de la milice écossaise; les Seaforth Highlanders (Vancouver), le 50e Gordon Highlanders (Victoria), le 79e Cameron Highlanders (Winnipeg) et le 91e Argyll and Sutherland Highlanders (Hamilton).

Après un entrainement rudimentaire à Valcartier, James Richardson s’embarque à la ville de Québec en octobre pour se rendre en Grande-Bretagne et se joindre au premier contingent canadien, fort de 30 000 hommes. Les Canadiens passent un hiver pluvieux et pénible à s’entrainer dans la plaine de Salisbury, et ils sont logés dans des conditions précaires.

Front de l’ouest

James Richardson est déployé en France avec son bataillon en février 1915, au sein de la 3e brigade de la Division canadienne. Deux mois plus tard, le 22 avril, les Allemands lancent une offensive majeure contre les lignes alliées dans le saillant d’Ypres en Belgique, ce qui comprend la première attaque au gaz toxique à grande échelle de l’histoire moderne. Bien que repoussés, les Canadiens tiennent bon. C’est le début de la réputation de ténacité et de bravoure qu’ils se forgent durant la guerre. (Voir Le Canada et la deuxième bataille d’Ypres.)

James Richardson combat à Ypres et lors des batailles qui suivent. Le 1er juillet 1916, les Alliés lancent une offensive majeure dans le département de la Somme, dans le nord de la France. Les résultats sont dévastateurs pour les Britanniques, et à la fin du mois d’août, le général Haig ordonne au Corps canadien, qui compte alors trois divisions, de se rendre sur la Somme.

Tranchée Regina

Alors que l’offensive de la Somme se prolonge jusqu’à l’automne, les Alliés progressent lentement, mais ils subissent de lourdes pertes. En octobre, ils lancent une nouvelle offensive, qui comprend plusieurs attaques contre les lignes de défense allemande du système de la tranchée Regina, l’une des positions défensives les plus redoutables de la Somme.

Le 8 octobre, le 16e Bataillon reçoit l’ordre d’attaquer la tranchée Regina, mais James Richardson ne fait pas partie des troupes d’assaut. Il proteste si fort que son commandant finit par céder et lui donne la permission de se joindre à l’attaque. Au cours de cette attaque, la compagnie de James Richardson se heurte à des barbelés non coupés et elle se retrouve clouée au sol et soumise à un intense feu nourri de fusils et de mitrailleuses.

James Richardson, le major George Lynch, commandant de compagnie, et Arden Mackie, le sergent-major de compagnie, sortent de leur tranchée. Ils se trouvent à mi-chemin des lignes ennemies lorsqu’Arden Mackie demande à James Richardson pourquoi il ne joue pas de sa cornemuse. Le joueur de cornemuse répond qu’on lui a ordonné de ne pas le faire tant qu’il n’a pas reçu l’ordre du commandant de compagnie.

Lorsque le trio atteint les barbelés allemands, ils sont stupéfaits de constater que leur artillerie ne les a pas coupés. Arden Mackie court en avant à la recherche d’une brèche, mais n’arrive pas à en trouver une. Entre-temps, le reste de la compagnie s’est avancée, mais elle se retrouve sous un feu nourri de fusils allemands et de grenades à main.

Arden Mackie s’apprête à suggérer à George Lynch de se mettre à couvert, mais le major s’effondre, tiré d’une balle dans la poitrine. James Richardson essaie de l’aider, mais il est trop tard; le commandant de compagnie est déjà mort. James Richardson réalise alors la gravité de la situation et il demanda à Arden Mackie s’il devrait jouer de la cornemuse. « Wull I gie them wund? (Est-ce que je leur envoie du vent?) » demande le joueur de cornemuse avec son fort accent écossais. « Aye mon (Oui mon gars) », est la réponse d’Arden Mackie, « Gie ’em wind (Donne-leur du vent) ».

James Richardson se lève de sa position et il arpente calmement la ligne canadienne pendant une dizaine de minutes, jouant de sa cornemuse et ignorant les tirs ennemis. Son courage exemplaire, conjugué au son émouvant de la cornemuse, inspire tellement ses camarades qu’ils chargent dans les barbelés et prennent d’assaut la position allemande.

Plus tard dans la journée, James Richardson et Arden Mackie prennent part à une attaque à la grenade qui permet de capturer deux Allemands, mais Arden Mackie est blessé. James Richardson reçoit l’ordre d’emmener Arden Mackie se faire soigner et d’escorter les prisonniers vers l’arrière. Le groupe n’a parcouru qu’environ 180 mètres lorsque James Richardson réalise qu’il a oublié sa cornemuse. Malgré les protestations d’Arden Mackie, il retourne la chercher et ne revient jamais rejoindre ses camarades.

James Richardson est d’abord porté disparu au combat, et il est plus tard officiellement présumé mort, le 9 octobre. Il reçoit la Croix de Victoria à titre posthume pour les actes de courage dont il fait preuve ce jour-là.

Disparu au combat

Le corps de James Richardson et sa cornemuse demeurent longtemps introuvables. La dépouille du joueur de cornemuse est découverte en 1920 et il est enterré au cimetière militaire d’Adanac, près de Courcelette (Adanac est l’anagramme de Canada).

Le sort de la cornemuse de James Richardson reste inconnu bien plus longtemps. Elle est retrouvée sur le champ de bataille par un soldat qui est enseignant, et celui-ci fait don de la cornemuse à son école en Écosse. Elle est découverte à cette école en 2002, et est identifiée comme étant celle de James Richardson après une enquête. Un donateur anonyme l’achète et elle est maintenant exposée à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique depuis 2006.

En mémoire

La Croix de Victoria de James Richardson est actuellement conservée au Musée canadien de la guerre. En octobre 2003, la Statue commémorative du Cornemuseur Richardson est installée sur le terrain de l’ancien hôtel de ville de Chilliwack, qui sert maintenant de musée et d’archives de la ville.

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