David Bezmozgis

​David Bezmozgis, écrivain, cinéaste (né le 2 juin 1973 à Riga, en Lettonie).

David Bezmozgis, écrivain, cinéaste (né le 2 juin 1973 à Riga, en Lettonie). Lauréat du Prix du Commonwealth du meilleur premier roman et sélectionné pour un Prix du Gouverneur général, David Bezmozgis est surtout connu pour son recueil de nouvelles Natasha et autres histoires (v.f. de Natasha and Other Stories) et pour son roman The Betrayers.

Enfance et éducation

David Bezmozgis et ses parents quittent Riga, en Lettonie, qui fait à l’époque partie de l’URSS, pour immigrer à Toronto, en Ontario, lorsqu’il a six ans. La famille s’installe à North York, un quartier qui abrite une importante communauté juived'origine russe. À la maison, il parle le russe, et chez ses grands-parents, eux aussi immigrés à Toronto, il parle le russe et le yiddish.

David Bezmozgis termine ses études secondaires à Toronto avant de déménager à Montréal, au Québec, pour étudier à l’Université McGill. À l’Université McGill, il écrit une pièce de théâtre en un acte, The Last Waltz: An Inheritance, à propos d’un garçon qui trouve une photo de ses grands-parents qui, croit-il, a été prise juste avant qu’ils ne périssent pendant l’Holocauste. La pièce est produite au festival de théâtre de McGill, puis à l’Atelier de dramaturgie de Montréal. Il obtient par la suite son baccalauréat en littérature anglaise.

David Bezmozgis souhaite alors écrire des romans et des histoires, mais cela n’est pas une option de carrière réaliste financièrement. Ses parents, plutôt pragmatiques, lui conseillent de choisir un domaine qui offre davantage de possibilités d’emploi que l’écriture fictive. C’est pourquoi il part étudier le cinéma à la School of Cinematic Arts, de l’University of Southern California, à Los Angeles, en Californie. Il excelle dans son programme, et en 1999, son court métrage documentaire intitulé L.A. Mohel, qui porte sur trois individus pratiquant la circoncision rituelle à Los Angeles, remporte un prix majeur remis aux cinéastes étudiants.

C’est à l’University of Southern California que David Bezmozgis découvre l’œuvre de Leonard Michaels, grâce à un professeur de création littéraire. Le jeune étudiant est immédiatement charmé par l’œuvre du romancier, essayiste et auteur de nouvelles américain qu’il finit par le joindre en vue d’adapter l’une de ses nouvelles au cinéma. L’adaptation en question ne voit jamais le jour, mais s’ensuit pendant trois ans une correspondance entre les deux hommes, qui a un impact profond sur David Bezmozgis et sur son évolution en tant qu’écrivain. Son essai réfléchi, On Literary Love, raconte l’histoire de leur amitié et l’influence marquante que son mentor a eue sur lui. Leonard Michaels était de 40 ans son aîné; il est décédé en 2003.

Mi-carrière

Le premier livre de David Bezmozgis, Natasha and Other Stories, est publié en 2004 aux États-Unis et au Canada; la traduction française, Natasha et autres histoires, paraît l’année suivante. Des nouvelles tirées de ce recueil paraissent dans les magazines Zoetrope, Harper’s et le New Yorker. Le recueil tourne principalement autour de la famille Berman, juive et soviétique, qui a immigré à Toronto dans des circonstances semblables à celles de la famille Bezmozgis. « Mes nouvelles sont parfois caractérisées de fiction autobiographique, mais l’élément qui m’intéresse avant tout est la fiction », déclare David Bezmozgis en 2004 dans une entrevue pour le magazine Quill and Quire. « L’aspect autobiographique relève d’abord du contexte, tandis que l’intrigue et tout le reste sont fictifs. »

Natasha and Other Stories est acclamée par la critique pour sa prose concise, sa sagesse discrète, son esprit et son empathie. Elle est en lice pour le L.A. Times Book Prize for First Fiction et le Prix du Gouverneur général, en plus de remporter le Toronto Book Award, le Prix du Commonwealth du meilleur premier livre et le Jewish Quarterly-Wingate Prize. En 2007, Natasha and Other Stories est choisie pour le Canada Reads (l’équivalent anglais du Combat des livres), où elle est défendue par Steven Page du groupe Barenaked Ladies.

En dépit du succès de Natasha and Other Stories, David Bezmozgis continue de travailler dans le monde du cinéma. En 2009, son premier long métrage, Victoria Day, qu’il écrit et réalise, est diffusé pour la première fois au Festival du film de Sundance et reçoit une nomination aux prix Génie dans la catégorie du meilleur scénario original. Tout comme ses nouvelles littéraires, Victoria Day se déroule dans le quartier torontois de North York. Le film se tient en 1988 et raconte l’histoire de Ben Spektor, un jeune de 16 ans qui se retrouve impliqué par inadvertance dans la disparition d’un camarade de classe.

En 2010, David Bezmozgis figure dans le palmarès des 20 écrivains de moins de 40 ans du New Yorker, qui dresse la liste des 20 auteurs de fiction de moins de 40 ans les plus prometteurs. Un an plus tard, David Bezmozgis publie son premier roman, The Free World (trad. Le monde libre, 2012) qui raconte l’histoire d’une famille juive d’origine soviétique qui fuit le rideau de fer jusqu’à Rome en 1978. Le roman est finaliste pour le Prix Banque Scotia Giller, le Prix du Gouverneur général et le Prix littéraire Trillium, et remporte le prix Amazon.ca pour le meilleur premier roman.

Le deuxième roman de David Bezmozgis, The Betrayers, paraît en 2014. Ce roman à sensations fortes moral et politique tendu décrit 24 heures dans la vie de Baruch Kotler, un juif d’origine soviétique dissident qui est ministre en Israël. Une série de coïncidences l’amène à confronter l’informateur qui l’a envoyé au goulag 40 ans plus tôt. The Betrayers remporte le Jewish Book Award et est finaliste pour le Prix Giller.

Distinctions et projets à venir

David Bezmozgis vit actuellement à Toronto. Son deuxième long métrage, une adaptation de sa nouvelle littéraire « Natasha », paraîtra en 2016. Il a été titulaire d’une bourse Guggenheim, d’une bourse MacDowell pour une résidence d’écriture à la MacDowell Colony, à Peterborough, au New Hampshire, d’une bourse Dorothy and Lewis B. Cullman pour une résidence à la New York Public Library, et d’une bourse Radcliffe pour une résidence au Radcliffe Institute for Advanced Study, à l’Université Harvard.