Bob Rae

Robert Keith (Bob) Rae, C.C., O.Ont., C.P., avocat, homme politique (né le 2 août 1948 à Ottawa, Ontario). Éminent avocat, activiste communautaire et auteur, Bob Rae a rempli les fonctions de politicien fédéral (1978-1982; 2008-2013) et provincial (1982-1996), de premier ministre de l’Ontario (1990-1995), de chef intérimaire du Parti libéral fédéral (2011-2013) et de représentant officiel nommé par le gouvernement. En juillet 2020, Bob Rae est nommé ambassadeur canadien aux Nations Unies. La famille de Rae a eu des liens importants avec Ottawa; son père, Saul, a été diplomate principal, alors que son frère, John, a été conseiller à long terme de l’ex-premier ministre libéral Jean Chrétien.



Victoire du Nouveau Parti démocratique
Le nouveau premier ministre, Bob Rae, au lendemain de la victoire du Nouveau Parti démocratique en Ontario, en 1990.

Éducation

Pendant ses études au baccalauréat (1969), Bob Rae est bénévole pour la campagne à la direction du Parti libéral (1968) de Pierre Elliott Trudeau. À titre de boursier de la fondation Cecil Rhodes, à Oxford, en Angleterre, Rae se voit décerner un baccalauréat en philosophie (1971). Son travail dans une clinique d’aide juridique à Londres est une expérience de transformation personnelle et politique. À son retour au Canada, Rae termine un diplôme en droit (LL.B., 1977).

Faits saillants de carrière

Politiques provinciale et fédérale

Bob Rae entre à la Chambre des communes pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) en 1978, à l’issue d’une élection complémentaire dans la circonscription de Broadview, à Toronto, et il est réélu dans Broadview-Greenwood, un an plus tard. À titre de critique financier du NPD, il présente la motion de censure qui a conduit à la défaite historique du gouvernement minoritaire du Parti conservateur de Joe Clark, en 1979. À la suite d’une autre victoire dans le cadre des élections fédérales, en 1980, Rae passe à la scène provinciale, où il est élu chef du NPD de l’Ontario, en 1982. En réponse aux élections de 1985 qui ont formé un gouvernement minoritaire, Rae signe un « accord libéral-NPD » avec le chef libéral, David Peterson, autorisant les libéraux à former le gouvernement après quatre décennies sous la houlette des conservateurs. (Voir Politique en Ontario.)

Le NPD de Rae remporte une victoire au cours d’une élection surprise en 1990. À titre de premier ministre, Rae cherche à redresser une récession économique en dépensant plus pour stimuler l’économie. Au fur et à mesure que la récession s’intensifie, le gouvernement de Bob Rae rouvre les contrats de travail et impose un « contrat social » (c’est-à-dire, des journées de congé non rémunérées) pour les travailleurs du secteur public. La réaction face aux « Jours de Rae » provenant du parti et des activistes syndicaux est rapide. Elle divise cruellement le NPD de l’Ontario et le mouvement ouvrier. La défaite du NPD à l’issue des élections de 1995 est concluante, bien que Bob Rae soit personnellement réélu dans sa circonscription. Il démissionne à titre de chef et de député provincial, en 1996, et se joint à la société d’avocats Goodmans LLP.

Par la suite, Rae exerce des rôles consultatifs principaux, s’occupe de commissions, d’enquêtes et d’organisations non gouvernementales (ONG). Il occupe un rôle essentiel à la mise sur pied du Forum international sur les fédérations, aide la Société canadienne de la Croix-Rouge dans sa restructuration à la suite du scandale du sang contaminé, remplit les fonctions de directeur de l’Institut de recherche en politiques publiques, conseille le gouvernement libéral fédéral sur l’enquête relative à l’attentat à la bombe du vol d’Air India, arbitre la Crise de la pêche autochtone à Burnt Church, au Nouveau-Brunswick, gère un rapport sur l’éducation postsecondaire pour le gouvernement libéral de l’Ontario et est engagé dans des rôles de chef de file pour des organisations telles que l’Orchestre symphonique de Toronto et la Société de recherche sur la leucémie et le lymphome. Il est également nommé professeur auxiliaire à l’Université de Toronto.

Bob Rae, homme politique
Le chef liberal intérimaire Bob Rae.

Chef libéral

Bob Rae se désillusionne du NPD par rapport à ses positions de principe (par exemple, Israël et la politique économique). Il se joint officiellement au Parti libéral et se lance dans la course au leadership, en 2006 (se classant troisième derrière le gagnant, Stéphane Dion, et un vieil ami de l’université, Michael Ignatieff). Dion désigne Rae à titre de coprésident du comité plateforme politique dans le cadre des élections fédérales du Parti libéral. En 2008 Rae est le candidat victorieux du Parti libéral dans l’élection partielle de Toronto Central et il retourne à la Chambre des communes comme député. Là, il est nommé au cabinet fantôme en tant que critique des affaires étrangères. (Voir Affaires mondiales Canada.) Bien qu’il se soit porté candidat à la direction du parti en 2009 à la suite de la démission de Stéphane Dion, il se retire de la course, et c’est Michael Ignatieff qui devient finalement le chef du parti. Suite à sa piètre performance d’Ignatieff en 2011 et à sa démission, Bob Rae devient le chef intérimaire du parti, un poste qu’il occupe jusqu’en 2013. Cette année-là, il quitte son poste de député pour retourner à la pratique du droit.

Carrière internationale

En octobre 2017, le premier ministre Justin Trudeau nomme Bob Rae comme envoyé spécial du Canada au Myanmar pendant la crise du Rohingya. En mars 2020, il est envoyé spécial du Canada pour les questions humanitaires et relatives aux réfugiés. En juillet 2020, Bob Rae est nommé ambassadeur canadien aux Nations Unies.

Bien que Rae soit passé, d’un point de vue idéologique, d’une position libérale de gauche à une position démocrate sociale modérée et inversement, il a été constant dans son engagement envers la fonction publique. Il est un orateur brillant, doté d’une personnalité charismatique et d’une voix articulée en faveur de la justice sociale et du fédéralisme, à la fois au Canada et partout dans le monde.


Lecture supplémentaire

  • B. Rae, Exporting Democracy: The Risks and Rewards of Pursuing a Good Idea (2010); B. Rae, Canada in the Balance (2006); B. Rae, The Three Questions (1998); S. Noel, ed, Revolution at Queen's Park (1997); B. Rae, From Protest to Power (1996); P. Monahan, Storming the Pink Palace (1995); T. Walkom, Rae Days (1994); G. Ehring & W. Roberts, Giving Away a Miracle (1993); A. Whitehorn, Canadian Socialism (1992).

Liens externes