Ballads



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Ballades populaires anciennes
Les plus estimées dans cette première catégorie ont été publiées dans The English and Scottish Popular Ballads (1882-98), compilation de 305 ballades (paroles seulement) communément appelées « ballades de Child » du nom du spécialiste Francis James Child de Boston, qui les réunit et les classifia, principalement à la bibliothèque de l'Université Harvard. B.H. Bronson dirigea l'édition de l'ouvrage complémentaire en quatre volumes, The Traditional Tunes of the Child Ballads (Princeton 1959-72). Les premiers immigrants britanniques introduisirent plusieurs des ballades populaires dans l'Est du Canada où elles prirent racine et survécurent, transmises de génération en génération. La moitié des 305 ballades de Child ne sont plus chantées; parmi les autres, au moins 70 ont été signalées au Canada au XXe siècle.

La Nouvelle-Écosse s'est affirmée comme la meilleure gardienne des ballades anciennes: Helen Creighton en a trouvé 49 dans la province. W. Roy Mackenzie en avait déjà dénombré 16, dont 4 sont absentes de la collection de Creighton. À Terre-Neuve, Maud Karpeles en découvrit 12 et Elisabeth Greenleaf et Kenneth Peacock 19 chacun, contre 8 pour MacEdward Leach au Labrador. Au Nouveau-Brunswick, Louise Manny en recueillit 6, Creighton 7, et Phillips Barry 10. En Ontario, Edith Fowke en trouva 22. On en a trouvé peu dans les autres provinces.

Ces ballades anciennes relatent, dans un style vivant et objectif, des histoires dramatiques au scénario précis. Des 70 ballades recueillies au Canada, au moins 14 sont de caractère traditionnel. Sans nul doute la plus populaire au Canada comme dans tout le monde anglophone, « Barbara Allen » existe en plus de 30 versions, et trois autres, « The Gypsy Laddie », « The Cruel Mother » et « Young Beichan », en au moins 20 versions. Les suivantes, par ordre d'importance, sont connues sous 10 à 20 formes : « Sweet William's Ghost », « The Sweet Trinity », « Hind Horn », « Lady Isabel and the Elf Knight », « Sir James the Rose », « Little Musgrave and Lady Barnard », « Captain Wedderburn's Courtship », « Katharine Jaffray », « The Farmer's Curst Wife » et « Willie o'Windsbury ».

Ballades d'origine britannique ou « broadsides »

Avec l'avènement de l'imprimerie, beaucoup de ballades furent imprimées sur les feuillets connus à l'époque sous le nom de « broadsides », et vendues au public. Au XIXe siècle, à une époque où les immigrants britanniques arrivaient en grand nombre au Canada, ces couplets délogèrent largement les anciennes ballades populaires dans la faveur du public, et c'est pourquoi tous les recueils de folklore canadiens-anglais contiennent beaucoup plus de ces « broadsides » que de ballades de Child.

Les « broadsides » sont plus prosaïques que les ballades populaires; elles traitent moins d'événements dramatiques et davantage de gens ordinaires que de « lords » et de « ladies ». Elles évoquent les guerres, la mer, les crimes et surtout des histoires d'amour : oppositions familiales aux idylles, amants fidèles ou infidèles, déguisements et ruses d'amoureux. Dans l'intrigue la plus populaire, un amant revient après sept ans d'absence et met à l'épreuve la fidélité de sa bien-aimée avant de s'identifier; cette histoire est reprise dans des dizaines de versions légèrement différentes, notamment « The Pretty Fair Maid », « The Dark-Eyed Sailor », « The Mantle So Green » et « The Plain of Waterloo ».

Ballades nord-américaines autochtones

Les ballades autochtones sont moins romantiques et traitent plutôt d'événements réels dans un style quasi journalistique. Tandis que les ballades de l'ancien monde rappellent des histoires d'amour, les autochtones racontent des aventures de soldats, de marins, de cow-boys, de bûcherons et de criminels. Les plus importants groupes de ballades canadiennes autochtones viennent d'hommes qui gagnaient leur vie en mer ou dans la forêt (voir Chansons de métiers canadiennes-anglaises). D'autres évoquent des crimes comme « The Murder of F.C. Benwell » ou « The Prince Edward Island Murder », ou des tragédies et désastres comme « The Miramichi Fire » et « The Halifax Explosion » (voir Chansons de sinistres). Un petit nombre de ballades originaires des États-Unis sont parvenues au Canada, les plus populaires étant « The Jealous Lover », « The Little Mohea », « The Lake of Pontchartrain » et « The Lonesome Scenes of Winter ». Quelques autres, telles que « Brave Wolfe », « The Chesapeake and the Shannon » et « The Battle of the Windmill », commémorent des événements historiques.

Même si, au Canada français, certains compositeurs et chansonniers appellent parfois leurs chansons des « ballades », la « ballad » en tant que telle n'a pas fleuri dans la tradition canadienne-française. Les formes qui s'y rattachent portent d'autres noms comme « romances », « mélodies », « chansons narratives » ou simplement « chansons ». Voir aussi Musique folklorique, Musique folklorique canadienne-anglaise.


Lecture supplémentaire

  • Quigley, Colin. 'The Child Ballads as found in Newfoundland: a survey,' Culture & Tradition, vol 5, 1980

    Doucette, Laurel, and Quigley, Colin. 'The Child Ballad in Canada: a survey,' CFMJ, vol 9, 1981

    Buchan, David, and Goldstein, Kenneth. The Ballad (St John's, Nfld 1983)

    Goldstein, Kenneth. 'Faith and fate in sea disaster ballads of Newfoundland fishermen,' By Land and Sea: Studies in the Folklore of Work and Leisure Honoring Horace F. Beck on His Sixty-Fifth Birthday, ed Roger D. Abrahams et al (Hatboro, PA 1985)

    Fowke, Edith. 'Romantic ballads in North America,' New York Folklore, vol 13, Summer-Fall 1987