Parti vert du Canada

Le Parti vert du Canada est un parti politique qui prône l’environnementalisme en tant que moyen d’atteindre une société durable. En 2020, Annamie Paul a été élue chef du Parti vert, remplaçant Elizabeth May. Annamie Paul est ainsi devenue la première Canadienne noire et la deuxième Canadienne juive à diriger de façon permanente un parti politique fédéral. Elle a toutefois démissionné de son poste de chef à la suite de la piètre performance du parti à l’élection fédérale de septembre 2021.

Deux candidats du Parti vert ont été élus à la Chambre des communes aux élections de 2021. (Voir Députés.)

Le Parti vert du Canada est un parti politique qui prône l’environnementalisme en tant que moyen d’atteindre une société durable. En 2020, Annamie Paul a été élue chef du Parti vert, remplaçant Elizabeth May. Annamie Paul est ainsi devenue la première Canadienne noire et la deuxième Canadienne juive à diriger de façon permanente un parti politique fédéral. Elle a toutefois démissionné de son poste de chef à la suite de la piètre performance du parti à l’élection fédérale de septembre 2021. Deux candidats du Parti vert ont été élus à la Chambre des communes aux élections de 2021. (Voir Députés.)


Le Parti vert

Idéologie

Fondé en 1983, et inspiré par le succès de partis semblables en Nouvelle-Zélande et en Allemagne, le Parti vert du Canada a pour objectif de recentrer le débat politique traditionnel entre la gauche et la droite sur la protection de l’environnement et la conservation des ressources naturelles. En 2002, le Parti vert adopte les six principes fondamentaux de la Charte des Verts mondiaux : la sagesse écologique, la justice sociale, la démocratie participative, la non-violence, le développement durable et le respect de la diversité.

Le chef fondateur du parti au Canada est Trevor Hancock, qui dirige l’organisation de 1983 à 1984. Il est suivi de Seymour Trieger (1984-1988), Kathryn Cholette (1988-1990), Chris Lea (1990-1996), Wendy Priesnitz (1996-1997), Harry Garfinkle (1997), Joan Russow (1997-2001), Chris Bradshaw (2001-2003), Jim Harris (2003-2006), Elizabeth May (2006-2019) et Annamie Paul (2020-2021).

Choix d’orientation politique

Au moment où l’environnementalisme, jusqu’alors défendu principalement par des groupes d’intérêt, devient le principal objectif d’un parti politique, certaines questions se posent. Où le nouveau parti se situe-t-il dans le spectre politique? Adopte-t-il une idéologie complètement nouvelle? Comment peut-il aller au-delà d’un enjeu spécifique pour incarner un projet politique complet, portant sur un vaste éventail de questions?

Si le Parti vert tend vers la gauche politique, comment peut-il se distinguer des politiques sociales-démocrates du Nouveau Parti démocratique? Beaucoup de partisans du Parti vert ne se considèrent « ni de droite ni de gauche », mais se rejoignent plutôt sur un ensemble d’idées socialement progressistes, financièrement conservatrices et environnementalistes. Elizabeth May, qui devient chef du Parti vert en 2006, guide le parti dans une direction plus centriste.

D’autres questions clés sont de savoir si le parti devrait être centralisé ou décentralisé, et comment les partis verts provinciaux peuvent être coordonnés avec l’organisation nationale.

Premières luttes

Le Parti vert présente des candidats aux élections fédérales à partir de 1984. Durant les quatre premières élections, il présente moins de 100 candidats. En 2004, sous la direction de Jim Harris, il présente pour la première fois des candidats dans chacune des 308 circonscriptions fédérales.

À partir de ce moment, les performances du Parti vert s’améliorent régulièrement. En 2004, il obtient plus de 582 000 votes (soit 4,3 % du total). En 2006, il reçoit plus de 664 000 votes (4,5 %), une déception pour de nombreux membres, qui s’attendaient à beaucoup mieux en raison de l’excellent leadership d’Elizabeth May. Toutefois, deux ans plus tard, lors des élections de 2008, le Parti vert augmente son total de voix à plus de 937 000 votes (6,8 %).

Elizabeth May

Élections fédérales de 2011

Lors des élections fédérales de 2011, le total de voix pour le Parti vert retombe à 576 221 votes (3,9 %). Cependant, la déception est un peu atténuée par la victoire d’Elizabeth May, qui remporte le siège de la circonscription de Saanich-Gulf Islands, en Colombie-Britannique, devenant la première députée élue du parti. Depuis, Elizabeth May a été consacrée par ses collègues Parlementaire de l’année en 2012, Députée la plus assidue en 2013, et Meilleure oratrice en 2014. Un deuxième député fédéral s’ajoute à Elizabeth May à la Chambre des communes en décembre 2013, quand le député Bruce Hyer quitte le Nouveau Parti démocratique pour se joindre aux verts.

Élections fédérales de 2015

Les élections fédérales de 2015 sont une grande déception pour les verts qui avaient espéré poursuivre leur croissance. Elizabeth May est la seule candidate élue dans tout le pays, et le parti reçoit 3,5 % du vote populaire, soit un peu moins qu’en 2011.

Élections fédérales de 2019

Cependant, le soutien au Parti vert augmente avant les élections fédérales d’octobre 2019. En mai 2019, Paul Manly remporte une élection partielle dans Nanaimo-Ladysmith, sur l’île de Vancouver, devenant le deuxième député élu sous la bannière du Parti vert. Le même mois, les verts publient « Mission possible », un plan d’action climatique en 20 étapes. En août 2019, Elizabeth May annonce un plan pour faciliter la transition des travailleurs de l’industrie du pétrole et du gaz vers une économie fondée sur les ressources renouvelables. En septembre 2019, les sondages placent les verts en quatrième position, juste derrière le Nouveau Parti démocratique de Jagmeet Singh.

Au cœur de la plateforme de campagne du parti en 2019, figure la quasi-élimination de l’utilisation des combustibles fossiles, et le développement d’une économie durable. Ceci comprend l’opposition continue à l’expansion des pipelines et à l’augmentation correspondante du trafic de pétroliers. Les verts proposent aussi une stratégie globale nationale sur le climat et l’énergie, un plan de tarification du carbone et l’abolition des subventions gouvernementales à l’industrie des combustibles fossiles. De plus, la plateforme inclut la création d’un régime national d’assurance-médicaments et l’abolition des frais de scolarité pour les étudiants de niveau postsecondaire. Le Parti vert propose plus de soutien pour les personnes âgées, un revenu minimum garanti, un engagement permanent pour la réconciliation avec les peuples autochtones du Canada et un soutien renouvelé à la recherche scientifique.

À la fin de septembre, le parti publie un document exposant les coûts et les avantages économiques de cette plateforme. Cependant, certaines des promesses clés du parti, comme l’élimination progressive de la production des sables bitumineux, ne sont pas incluses. Des analyses indépendantes du Directeur parlementaire du budget (DPB) et de l’Institut des finances publiques et de la démocratie (IFPD) à l’Université d’Ottawa mettent en doute l’exactitude et la fiabilité des chiffres du Parti vert.

Le 21 octobre 2019, les verts remportent trois sièges. Elizabeth May et Paul Manly sont réélus dans leurs circonscriptions de Colombie-Britannique, tandis que Jenica Atwin est élue dans Fredericton, au Nouveau-Brunswick. C’est la première victoire du Parti vert du Canada dans les provinces de l’Atlantique. Bien qu’il s’agisse d’une belle réussite, elle demeure loin de la percée que beaucoup attendaient. Néanmoins, Elizabeth May se montre optimiste, convaincue que le parti pourra apporter une « contribution significative » au nouveau gouvernement libéral minoritaire.

Elizabeth May quitte son poste de chef de parti le 4 novembre 2019. Elle continue à siéger comme députée et à diriger le caucus parlementaire. Jo-Ann Roberts, une ancienne journaliste, est nommée chef intérimaire.

Congrès à la chefferie de 2020

Le congrès à la chefferie du Parti vert se tient en mode virtuel, en raison de la pandémie de COVID-19, du 26 septembre au 3 octobre 2020. Le nombre de membres éligibles au vote, 34 680 personnes, est près de dix fois plus qu’au congrès à la chefferie de 2006.

Annamie Paul, une avocate des droits de la personne de Toronto, est élue chef du Parti vert parmi sept autres candidats au huitième tour de scrutin. Elle avait précédemment terminé quatrième dans la circonscription de Toronto Centre aux élections fédérales de 2019. L’une de ses premières actions majeures en tant que chef des Verts est de contester la circonscription une nouvelle fois lors d’une élection partielle en octobre 2020, provoquée par la démission de Bill Morneau. Annamie Paul recueille un surprenant 32,7 % des voix, mais perd tout de même contre la libérale Marci Ien.

Élection fédérale de 2021

Dans les mois qui précèdent les élections fédérales de 2021, le Parti vert connaît de graves luttes internes. Certains membres sont mécontents de la position plus modérée d’Annamie Paul sur l’escalade du conflit israélo-palestinien. Les critiques se sont intensifiées lorsqu’Annamie Paul ne réussit pas à mettre un frein à un conseiller qui appelle ouvertement à la défaite des députés verts jugés antisémites. En conséquence, le leadership d’Annamie Paul est sérieusement affaibli. Les cadres du parti tentent même de l’écarter de la direction du parti et de révoquer son adhésion. L’une des trois députées du parti, Jenica Atwin, de Fredericton, traverse le parquet et se joint aux libéraux.

Malgré ces difficultés, Annamie Paul demeure chef du parti lorsque le premier ministre Justin Trudeau déclenche des élections à la fin d’août 2021.

Lors de l’élection du 20 septembre, le parti obtient de mauvais résultats. Il réussit à faire élire deux députés, contre trois en 2019. Mike Morrice remporte la victoire dans Kitchener-Centre et Elizabeth May gagne pour la quatrième fois dans Saanich-Gulf Islands. La part du vote national du Parti vert diminue également, passant de 6,5 % en 2019 à 2,3 % en 2021. Annamie Paul échoue dans sa troisième tentative d’élection dans Toronto-Centre, après avoir refusé de se présenter dans une circonscription plus favorable aux Verts. Quelques semaines après l’élection, elle démissionne de son poste de chef du parti.

Annamie Paul

Progrès au provincial

Des partis verts provinciaux existent aussi dans la plupart des provinces du Canada, et certains ont effectué d’importants progrès au cours des dernières élections. Le Parti vert de la Colombie-Britannique remporte son premier siège à l’Assemblée législative de la province lors des élections provinciales de 2013. Lors des élections provinciales de 2017, les verts élisent trois candidats à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique. Depuis, ils soutiennent le gouvernement minoritaire néo-démocrate de John Horgan en échange de concessions environnementales. Au Nouveau-Brunswick, les verts remportent un seul siège en 2014 et trois sièges aux élections provinciales de 2018. En 2015, le premier candidat vert est élu à l’Assemblée législative de l’Île-du-Prince-Édouard. En 2019, le parti remporte huit sièges à l’Île-du-Prince-Édouard et devient l’opposition officielle, une première pour un parti vert. Le parti remporte aussi un siège en Ontario lors des élections provinciales de 2018.

Défis

Le Parti vert fait face à de nombreux obstacles dans sa quête pour jouer un plus grand rôle au sein de la politique canadienne. Les verts sont généralement ignorés par les autres partis au Parlement, les télédiffuseurs les excluent parfois lors des débats télévisés des principaux dirigeants, et le système électoral ne traduit pas les votes en siège de manière proportionnelle. Plus de 6 % des électeurs soutiennent le parti en 2019, mais celui-ci dispose de moins de 1 % des députés à la Chambre des communes. En conséquence, certains Canadiens hésitent à voter pour le Parti vert, car ils estiment que c’est un vote perdu. Un système électoral plus proportionnel aiderait considérablement les verts.

Malgré ces difficultés, le Parti vert a réussi à passer d’un obscur parti marginal à un acteur sérieux, quoique mineur, de la politique canadienne, avec des sièges à la Chambre des communes et dans quatre assemblées législatives provinciales.


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