Michael Allan Levine

​Michael Allan Levine, avocat, agent, producteur de cinéma et de télévision et philanthrope (né en avril 1943 à Toronto, en Ontario).
​Michael Allan Levine, avocat, agent, producteur de cinéma et de télévision et philanthrope (né en avril 1943 à Toronto, en Ontario).


Michael Allan Levine, avocat, agent, producteur de cinéma et de télévision et philanthrope (né en avril 1943 à Toronto, en Ontario). Michael A. Levine est largement connu comme le « super agent » du Canada et l’avocat en droit du divertissement le plus en vue du pays. Il représente un grand nombre de personnalités médiatiques du pays, y compris le radiodiffuseur Lloyd Robertson, l’artiste Robert Bateman, et les auteurs Mordecai Richler et Rohinton Mistry. Il est également producteur de projets cinématographiques et télévisuels, dont Terry Fox : Le coureur de l'espoir (1983) et Republic of Doyle (2010-2014), ainsi que des projets de livre telle que la série de 18 volumes Extraordinary Canadians, qui est également une série documentaire. Puissant acteur manœuvrant dans les coulisses du secteur canadien du divertissement, il est aussi un mécène de la communauté artistique et soutient diverses initiatives patrimoniales.

Éducation et début de carrière

Michael Levine vient au monde au sein d’une famille juive d’origine britannique et est-européenne à Toronto, en Ontario. La famille est propriétaire de l’une des plus importantes manufactures d’uniformes au Canada. Son père, Murray David Levine, fournit des uniformes aux écoles privées ainsi qu’à l’armée canadienne. Michael Levine grandit dans le quartier cossu de Forest Hill et fréquente l’Institut collégial de Forest Hill avant d’entreprendre des études en science politique et en économie à l’Université de Toronto. Il obtient son baccalauréat en 1965 puis, trois ans plus tard, décroche un diplôme en droit de la même université.

Motivés par le désir de faire la différence, Michael Levine et sa première épouse, la travailleuse sociale Carol Cowan-Levine, décident de se consacrer au travail humanitaire à l’international. En 1969, le couple passe un an en Tanzanie, où Carol enseigne le français à l’école secondaire, tandis que Michael travaille comme économiste des transports pour l’Agence canadienne de développement international (ACDI).

Droit du divertissement

Après son retour d’Afrique, Michael Levine amorce sa carrière en droit à Toronto. Il envisage d’abord de s’engager en droit du travail ou en politique, mais son idéalisme et son engouement envers la culture canadienne l’attirent plutôt vers le monde du droit du divertissement, alors en plein essor. En 1971, il se joint à Rosenfeld Schwartz, l’un des rares cabinets d’avocats au pays à se spécialiser dans le secteur du divertissement. Il en devient associé en novembre 1973 et y reste jusqu’en 1982, au moment où le cabinet fusionne avec Goodman Phillips & Vineberg (maintenant Goodmans LLP), un cabinet d’avocats canadien de premier plan comprenant une importante division du droit du divertissement. Il se retire de Goodmans LLP en décembre 2010.

En 1973, le journaliste et intervieweur canadien Brian Linehan est la première célébrité à retenir ses services. Michael Levine établit également des associations durables avec de nombreuses personnalités bien connues au pays et issues du monde de la culture et du divertissement, y compris l’écrivain Peter C. Newman, le chercheur et ancien chef du Parti libéralMichael Ignatieff, le magnat des médias Moses Znaimer et la famille Bronfman, ainsi qu’avec plusieurs personnalités et journalistes issus du monde de la radio et de la télévision.

Tissant des liens et cultivant sa clientèle dans les secteurs de la télévision, du cinéma, du journalisme, des arts de la scène et de la littérature, Michael Levine s’établit en tant que personnage clé du droit et du secteur du divertissement. Il se fait également connaître pour ses prouesses en conclusion de marchés. Son style de négociation se distingue par son approche non conflictuelle et soigneusement gérée. Comme il le déclare au journaliste Marc Glassman, « Je pense que les gens ont un sens de la dignité, de la nécessité et du droit. À moins d’intégrer ces éléments à vos négociations, [...] vous obtiendrez moins ».

Westwood Creative Artists

En 1994, Michael Levine se joint à Westwood Creative Artists, la plus importante agence littéraire au Canada, dont il établit la division de cinéma et de télévision. L’un des objectifs centraux de Westwood est de rendre les œuvres artistiques canadiennes à la fois plus rentables et mieux connues à l’international. À titre de président du conseil d’administration de Westwood Creative Artists, il représente des personnes œuvrant devant comme derrière la caméra, ainsi que de nombreux auteurs et journalistes.

Michael Levine négocie certains des contrats de divertissement les plus médiatisés du pays. Au début des années 1990, il négocie le contrat et les droits de télévision de l’autobiographie alors très attendue de l’ancien premier ministrePierre Trudeau, pour une somme évaluée à quelque 600 000 $. Conrad Black le choisit ensuite comme agent pour ses mémoires intitulées A Matter of Principle (2011), qui détaillent son séjour carcéral. Responsable depuis plusieurs années des droits cinématographiques et télévisuels de la succession de Mordecai Richler, Michael Levine contribue à l’adaptation théâtrale de L’apprentissage de Duddy Kravitz sous forme de comédie musicale en 2015.

Production cinématographique et télévisuelle

En 1980, Michael Levine est très touché par le Marathon de l’espoir de Terry Fox. Il négocie les droits du récit de Terry Fox, tout en travaillant en coulisses pour que le film soit présenté en salles et sur la télévision. Il est désigné comme producteur exécutif de Terry Fox : Le coureur de l'espoir (1983), qui remporte six prix Génie, dont celui du meilleur film. Le film lui permet d’obtenir l’un de ses premiers crédits de production tout en solidifiant sa position d’imprésario le plus en vue du Canada. Ses nombreux autres crédits de production comprennent des documentaires (Hollywoodism: Jews, Movies and the American Dream, 1998) et des téléséries (Republic of Doyle, 2010-2014).

« Nationaliste exportateur »

À plusieurs reprises, Michael Levine démontre sa capacité à permettre à des artistes canadiens et à leurs œuvres de remporter un succès planétaire. Cela nécessite parfois de diluer la teneur canadienne du produit, afin de rendre le produit plus accessible à un public international. Il est ainsi critiqué pour son « nationalisme d’exportation » subordonné à la quête de profits, qui de l’avis de certains mine les secteurs culturels du pays, en particulier dans les mondes de l’édition et de la production cinématographique.

Michael Levine s’implique toutefois dans la célébration du patrimoine canadien par l’entremise d’initiatives comme les Minutes du patrimoine, lesquelles se veulent une façon novatrice et accessible de vulgariser l’histoire et l’identité canadiennes, tout en démontrant aux Canadiennes et aux Canadiens « qu’ils ont un rôle à jouer au pays. »

« Monsieur Conflit d’intérêts »

Michel Levine s’est valu le surnom de « Monsieur Conflit d’intérêts » pour sa propension à représenter des parties adverses dans le cadre de négociations d’affaires. Par exemple, alors qu’il représente Margaret Trudeau lors de son divorce de Pierre Trudeau, il négocie ensuite le contrat pour les mémoires de ce dernier. Bien que cela soit source d’une certaine frustration parmi ses clients et suscite la critique de nombreux initiés du secteur, la plupart d’entre eux estiment que Michael Levine parvient à obtenir le meilleur marché pour tous ceux en cause. Sa dextérité en conclusion de marchés et son statut privilégié dans le secteur du divertissement sont reconnus par des publications telles que Maclean’s, qui le classe septième de sa liste des « enrichisseurs » des « 50 Canadiens les plus influents » de 2002.

Philanthropie et engagement communautaire

Michael Levine s’implique depuis de nombreuses années en philanthropie, en soutien à des projets canadiens en arts de la scène et en patrimoine. Motivé par la volonté de démontrer que le Canada dispose d’artistes « en mesure de rivaliser avec le reste du monde », il siège au conseil d’administration de nombreux organismes, dont l’Institut national des arts de l’écran, l’Institut pour la citoyenneté canadienne, le Musée royal de l’Ontario, le Centre canadien du film, le Festival of Festivals (maintenant le Toronto International Film Festival) ainsi que la Corporation de Massey Hall et le Roy Thomson Hall.

Michael Levine joue un rôle de premier plan dans l’établissement de la Brian Linehan Charitable Foundation, du nom de son ami et première célébrité à retenir ses services. La fondation soutient divers acteurs par l’entremise d’organismes à but non lucratif tels que le Festival de Stratford, le Centre canadien du film, la Soulpepper Academy, Canadian Stage, le National Screen Institute et le Centre Segal. Il est également président de BravoFACT (Foundation to Assist Canadian Talent), qui octroie aux producteurs et réalisateurs canadiens des subventions à la réalisation de courtes productions scénarisées. En novembre 2010, il est nommé vice-président directeur d’Historica Canada.

Michael Levine fait office de mentor pour les étudiants de plusieurs universités, y compris l’Université de Toronto et les boursiers juniors de Massey College, où il a également participé aux séries de tables rondes de l’école, dénommées University College Roundtable Series. En 2011, il est nommé chercheur invité distingué à la Faculté de communication et de design de l’Université Ryerson.

Michael Levine est récipiendaire de plusieurs honneurs pour son travail philanthropique. En 2009, il est lauréat du prix Arbor pour sa contribution à la communauté de l’Université de Toronto, tandis qu’en 2012, la même université le nomme parmi ses anciens étudiants d’influence.