Huu-ay-aht

La Première Nation des Huu-ay-aht, située sur la côte ouest de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, comptait 725 membres inscrits en décembre 2021. Les Huu-ay-aht sont de la nation Nuu-chah-nulth et bénéficient de l’autonomie gouvernementale en vertu du traité Maa-nulth.

La Première Nation des Huu-ay-aht, située sur la côte ouest de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, comptait 725 membres inscrits en décembre 2021. Les Huu-ay-aht sont de la nation Nuu-chah-nulth et bénéficient de l’autonomie gouvernementale en vertu du traité Maa-nulth.



Territoire et population


Les territoires traditionnels des Huu-ay-aht sont situés entre Bamfield et Port Alberni. La principale communauté, Ancala (baie Pachena), est située sur la plage Pachena, au début de la piste West Coast, près de la réserve du parc national Pacific Rim.

Le site de l’ancienne capitale des Huu-ay-aht se nomme Kiixʔin. Situé sur la rive sud-est de la baie Barkley, Kiixʔin abrite les vestiges toujours debout de plusieurs maisons longues et d’autres artefacts archéologiques. La Commission des lieux et monuments historiques du Canada a déclaré Kiixʔin lieu historique national en 1999.

La nation huu-ay-aht affirme que sa population se comptait par milliers avant la colonisation; cependant, une série d’épidémies et de conflits, à la fin du 18e siècle et au début du 19e, a réduit leur population d’environ 90 %. En décembre 2021, la population inscrite des Huu-ay-aht s’élevait à 725 personnes, dont la majorité (594) vit à l’extérieur des réserves.

Vie traditionnelle

Les Huu-ay-aht chassent et se déplacent en fonction des saisons et des mouvements migratoires de certains animaux. Ils capturent et mangent du hareng, de la morue, du saumon, du flétan et d’autres poissons, incluant des crustacés. Les Huu-ay-aht chassent les baleines, les phoques et les lions de mer, ainsi que les cerfs, les wapitis et les ours. Ils tirent de ces animaux de la nourriture ainsi que des peaux et des fourrures pour leurs vêtements et la fabrication de certains outils. Les baies et la végétation complètent leur alimentation.

Société

Aujourd’hui, la société des Huu-ay-aht est toujours composée de divers groupes familiaux gouvernés par un chef héréditaire (ha’wiih). Ces chefs détiennent les droits associés à un certain nombre de cérémonies, de chants, de récits et de territoires. Ensemble, ils forment le Conseil des Ha’wiih. Ce conseil a une importance considérable dans la société et la culture huu-ay-aht, mais il gouverne conjointement avec des chefs élus.

Culture

Historiquement, les Nuu-chah-nulth ont une culture cérémonielle forte, caractérisée par des festins et des divertissements comme des chants, des danses, des concours et des représentations théâtrales (voir Potlatch). Dans la tradition huu-ay-aht, des membres sacrés de la société, appelés « loups » (définis par la nation comme étant de « jeunes gens ayant un talent particulier pour les cérémonies ») jouent des rôles importants lors de certains rituels culturels.

Les Nuu-chah-nulth sont également réputés pour leurs magnifiques ouvrages en bois, incluant leurs canots, leurs mâts totémiques, leurs maisons multifamiliales et d’autres produits qu’ils fabriquent à la main à partir du bois de cèdre (voir Art autochtone de la côte nord-ouest).

Langue

Les Huu-ay-aht parlent le nuu-chah-nulth (nuučaan̓uɫ). Plus précisément, ils parlent un dialecte connu sous le nom de barkley. Bien que cette langue ait souffert du régime des pensionnats indiens et d’autres politiques d’assimilation, les Huu-ay-aht s’efforcent de la préserver et de la faire revivre. La nation a mis sur pied un programme pour enfants appelé Paawats qui est conçu pour former des locuteurs bilingues (voir Nuu-chah-nulth : Langue et Familles des langues autochtones de la côte du nord-ouest).

Religion et spiritualité

Le système de croyances nuu-chah-nulth est centré sur l’existence d’un créateur et d’esprits dont les pouvoirs peuvent être utilisés pour apporter paix et prospérité. Dans la tradition huu-ay-aht, les formations naturelles, comme les montagnes, les mers et les forêts, sont censées contenir les esprits d’êtres surnaturels, notamment celui de l’oiseau-tonnerre. Les Nuu-chah-nulth croient que toutes les formes de vie ont un esprit, et qu’elles doivent donc être respectées et appréciées. Les chamans assurent la santé spirituelle des gens en pratiquant la médecine traditionnelle et des rituels de guérison pour guérir les maladies et rétablir l’équilibre de l’âme (voir Autochtones : religion et spiritualité).

Récits de l’origine

Les Huu-ay-aht ont des différents récits pour expliquer l’origine de leur peuple. Selon un de ces récits, les premiers ancêtres sont descendus des cieux et ont fondé la communauté actuelle des Huu-ay-aht. Un autre récit raconte qu’au début, il n’y avait que des esprits et des animaux qui pouvaient enlever leur fourrure et leur peau pour devenir des Kuu-us (humains). Un jour, les animaux ont décidé de rester humains. Ceux-ci sont les premiers Huu-ay-aht.

Les récits de l’origine expliquent que les ancêtres vivaient en harmonie avec la nature et avec les animaux (un concept appelé Hišuk ma c̕awak, « tout est un »). Nutchkoa est le premier homme, et Ho-miniki est la première femme; tous deux sont des divinités. L’histoire et les récits traditionnels des Huu-ay-aht proviennent de leurs ancêtres et sont continuellement transmis aux nouvelles générations. Au 19e siècle, des sculptures représentant Nutchkoa et Ho-miniki ont été érigées à Kiixʔin pour accueillir les invités. Elles sont toujours en place aujourd’hui.

Histoire coloniale

Dans les années 1900, la présence accrue de colons européens sur les terres des Nuu-chah-nulth force ceux-ci à s’installer dans les réserves créées par le gouvernement. Les politiques fédérales assimilatrices, y compris la Loi sur les Indiens et les pensionnats indiens, érodent la culture et les modes de vie traditionnels des Nuu-chah-nulth. Les peuples nuu-chah-nulth continuent d’œuvrer à préserver et revitaliser leur langue, leur culture et leur spiritualité.

Droits et revendications territoriales

En février 2016, les Huu-ay-aht de Bamfield reçoivent près de 14 millions de dollars du gouvernement fédéral en compensation de leur manquement à leurs devoirs concernant un permis de coupe forestière illégale. Il s’agit de la première compensation accordée par le Tribunal des revendications particulières mis sur pied en 2008 (voir Revendications territoriales des Autochtones).

Vie contemporaine

Les Huu-ay-aht, ainsi que plusieurs autres nations nuu-chah-nulth, ont signé le traité Maa-nulth, qui leur confère l’autonomie gouvernementale depuis le 1er avril 2011. Cette autonomie donne à ces nations certains pouvoirs en matière de citoyenneté et de législation dans leurs territoires traditionnels. Les Huu-ay-aht gèrent maintenant leurs propres exploitations forestières ainsi que d’autres projets de développement.

Les Huu-ay-aht font partie du Conseil tribal des Nuu-chah-nulth, une association fondée en 1958 qui offre divers services à environ 9 500 membres inscrits, comme des services de protection à l’enfance, de l’éducation, de la formation professionnelle, et d’autres programmes socio-économiques visant à soutenir la santé et le développement.


Guide pédagogique perspectives autochtones

Collection des peuples autochtones