Winnipeg's Contemporary Dancers

Toutefois, avec l'émergence d'autres compagnies de danse contemporaine au début des années 1980, le visage de la danse canadienne évolue beaucoup et l'attrait de la WCD en tant que troupe de danse moderne s'estompe.

Rachel Browne
Rachel Browne joué un r\u00f4le de pionni\u00e8re et d'innovatrice dans l'évolution de la danse moderne au Canada (photo de David Cooper).

Winnipeg's Contemporary Dancers

La compagnie Winnipeg's Contemporary Dancers (WCD) est la plus ancienne compagnie de danse moderne encore active au Canada. La WCD, qui se compose de quelque dix danseurs, est à l'origine une troupe d'élèves formée en 1964 par Rachel BROWNE, ancienne danseuse du ROYAL WINNIPEG BALLET. En 1971, la troupe est reconnue professionnelle. Sous sa direction, la WCD fonctionne comme une compagnie de répertoire de danse moderne et présente les oeuvres de Browne ainsi que celles de divers chorégraphes canadiens et étrangers. La diversité de son répertoire et la fréquence de ses tournées jouent un rôle important dans la sensibilisation du public canadien à la danse moderne et dans l'accroissement du public réceptif à l'originalité des chorégraphies modernes.

Toutefois, avec l'émergence d'autres compagnies de danse contemporaine au début des années 1980, le visage de la danse canadienne évolue beaucoup et l'attrait de la WCD en tant que troupe de danse moderne s'estompe. Dans ce qui pourrait être qualifié de révolution de palais, Browne est évincée de son poste de directrice artistique en 1983, mais peut continuer à collaborer efficacement à différents niveaux avec la compagnie.

Le chorégraphe américain Bill Evans en assure la direction durant la saison 1983-1984. Tedd Robinson lui succède de 1984 à 1990. Il oriente la compagnie vers un style de danse-théâtre plus avant-gardiste, ce qui correspond à son intérêt en matière de chorégraphie. Avec la nomination de Charles Moulton comme successeur de Robinson en 1990 commence une période de problèmes financiers et artistiques qui tournent presque à la catastrophe. La survie de la WCD semble incertaine mais, grâce à l'aide temporaire de Browne et d'Arnold Spohr, elle réussit à se ressaisir sous la direction de Tom Stroud, en 1991. Stroud change encore une fois l'orientation esthétique de la compagnie, cette fois-ci pour la danse-théâtre plus expressionniste, et fait regagner à la WCD la crédibilité qu'elle a en partie perdue pendant ses années de transition. En 2005, la compagnie nomme Brent Lott, un danseur chevronné qui fait déjà partie de la compagnie, au poste de directeur artistique. Lott comprend les besoins spécifiques des danseurs ainsi que les attentes du public de Winnipeg et, par conséquent, redonne un second souffle à l'organisation.

En 2008, la compagnie renomme son lieu de représentation The Rachel Browne Theatre en l'honneur de sa fondatrice. La mère de la danse moderne de Winnipeg, alors âgée de 73 ans, offre une prestation lors de l'événement pendant lequel la salle est rebaptisée. En 2009, grâce à la direction financière prudente de Lott, la compagnie réussit à effacer la totalité de son déficit.