Recyclage

Le recyclage peut être effectué de façon centralisée, après la collecte, ou à la source (à la maison, par exemple).


Recyclage

   Les Canadiens produisent environ de 2 kg à 2,5 kg d'ordures par personne par jour, dont environ 50 p. 100 à 60 p. 100 sont des déchets ménagers. En 1984, les coûts d'élimination de ces déchets atteignent en moyenne approximativement 40 dollars par personne par an. Avec un programme de recyclage efficace, on pourrait transformer en ressources utiles la moitié des ordures ménagères. Les programmes de recyclage municipaux ont connu un tournant majeur (plus de 50 p. 100 de la population ontarienne est desservie par un service de collecte d'objets recyclables sur le trottoir depuis la fin des années 80) et depuis, la récupération de l'énergie à partir de rebuts de diverses matières suscite un intérêt grandissant.

Le recyclage peut être effectué de façon centralisée, après la collecte, ou à la source (à la maison, par exemple). Le tri après collecte est rarement viable sur le plan économique, étant donné qu'il suppose le ramassage des matériaux non triés et leur transport vers des centres coûteux pour être triés. La plupart des grands centres de tri actuels broient les ordures, desquelles ils retirent le verre et le fer blanc, un métal ferreux de peu de valeur (de 0 à 20 dollars la tonne) qui constitue 5 p. 100 du poids des ordures (les boites de conserves, par exemple). Le reste est brûlé et récupéré sous forme de vapeur ou de chaleur qui peut se vendre à des prix extrêmement variables (de 0 à 30 dollars la tonne de déchets incinérés). La cendre peut être vendue comme agrégat pour le béton dans certaines régions du pays. Les coûts d'investissement et d'exploitation d'une usine de recyclage, qui seraient d'environ 50 à 60 dollars par tonne de déchets traités, seraient compensés par l'économie réalisée sur les coûts d'enfouissement, qui varient entre 4 et 35 dollars la tonne selon l'endroit.

Le tri à la source demande la mise en place d'un programme de sensibilisation du public et l'engagement de chaque foyer à séparer les différents types de déchets, comme c'est actuellement la cas dans la plupart des municipalités. Il nécessite également un réseau de dépôts locaux pour les matières recyclables ou un ramassage sélectif à domicile. Par contre, les matériaux organiques peuvent être recyclés assez simplement durant l'été sous forme de compost utile dans les jardins.

Les marchés et les prix des matériaux recyclés varient aux échelons national et international. Par exemple, le papier recyclé vaut entre 0 et 180 dollars la tonne en fonction du type, de la qualité, de la propreté du papier et de la demande. Papiers et cartons constituent toujours la composante principale des ordures ménagères (entre 30 p. 100 et 40 p. 100) et pourraient être recyclés en grande partie s'ils faisaient l'objet d'un tri à la source. Des usines de désencrage enlèvent l'encre et permettent d'obtenir un produit recyclé de haute qualité. Un système de recyclage efficace du papier réduirait la quantité des déchets disponibles pour la production de chaleur humide.

Le recyclage des métaux permettrait de réaliser d'importantes économies d'énergie en évitant la production de nouveaux métaux : 74 p. 100 pour l'acier et jusqu'à 95 p. 100 pour l'aluminium. La majorité des matériaux ferreux contenus dans les ordures ménagères proviennent des boîtes de conserve, dont le recyclage présente peu d'intérêt étant donné qu'il faut enlever leur couche d'étain pour produire un acier de bonne qualité. Presque tout l'aluminium, métal très prisé (environ 1200 dollars la tonne) contenu dans les ordures ménagères, provient des récipients à boissons. On estime respectivement à 24 000 tonnes et à 50 000 tonnes la quantité de cuivre et d'aluminium qui s'est retrouvée dans les poubelles canadiennes en 1976. En 1987, la valeur des seuls déchets d'aluminium aurait été de près de 60 millions de dollars.

Là où la loi exige la consignation de tous les récipients à boissons (boissons gazeuses, bière, vin, boissons alcoolisées, etc.), le recyclage des bouteilles et du verre est très efficace. En Alberta, en 1986, 85 p. 100 des bouteilles de vin et d'alcool, près de 50 p. 100 des canettes, 95 p. 100 des bouteilles de plastique et 75 p. 100 des bouteilles de boissons gazeuses en verre à remplissage unique ont été rapportées. Il en coûte de 0,10 à 0,15 dollars pour produire une bouteille à remplissages multiples qui peut servir entre 20 et 30 fois. Quand les bouteilles de bière sont réutilisées 12 fois, les économies dépassent 50 p. 100. Les canettes coûtent autant à produire, mais ne peuvent servir qu'une seule fois.

Le verre lavé et pilé peut servir avantageusement à réduire les coûts d'énergie et de matériaux nécessaires à la fabrication de nouveau verre. Son recyclage n'est possible que s'il est exempt d'impuretés comme les métaux, le papier d'aluminium, la saleté, le verre de fenêtres et le verre de différentes teintes. Les plastiques comptent pour presque 5 p. 100 des déchets domestiques, et le mélange des différents types de plastiques rend difficile leur recyclage. Lorsqu'il est de même nature, le plastique recyclé peut revenir à seulement un tiers de ce que coûte le même polymère neuf. L'Alberta recycle environ 1000 tonnes de polyester par année à partir des bouteilles de boissons gazeuses de 2 l en plastique. Les Canadiens jettent environ un pneu par personne par année, soit un total de 25 millions de pneus par an. On peut recycler les pneus de caoutchouc par procédé cryogénique (c'est-à-dire en utilisant des températures extrêmement froides) en les transformant en poudrette de caoutchouc qui est incorporée au bitume caoutchouté des routes ou sert à la fabrication de nouveaux pneus.

L'élimination des huiles de lubrification pose un problème majeur. Un moteur en marche brûle environ 20 p. 100 de son huile. Le reste est éliminé lors de la vidange. Au moins la moitié de cette huile résiduelle pourrait être récupérée, puis raffinée à nouveau en une huile de lubrification commercialisable. En Alberta, le prix de l'huile recyclée a atteint 0,13 à 0,17 dollars le litre en 1985, mais a depuis chuté à presque rien en raison de la baisse des prix mondiaux du pétrole. Les essais n'ont pu montrer aucune différence notable entre l'huile neuve et l'huile recyclée.

Le recyclage permet d'économiser de l'énergie, de réduire la POLLUTION directe causée par l'ÉLIMINATION DES DÉCHETS et la pollution indirecte provenant de la fabrication de matériaux neufs. Il permet de préserver les ressources, de réduire les coûts d'élimination des DÉCHETS SOLIDES (un système complet permettrait d'en réduire le volume d'environ 25 p. 100), de créer de nouveaux emplois et d'accroître la fierté et la conscience environnementale des collectivités.