Vancouver en vedette : Des anciens combattants à la rue envahissent l’Hotel Vancouver

Le magasin Sears occupe aujourd’hui l’endroit, mais en janvier 1946, c’est l’élégant vieil Hotel Vancouver, vacant et prêt à être démoli, qui s’y tient toujours. Quelques anciens combattants entreprenants, victimes de la crise du logement d’après-guerre, voient là une opportunité.

Le vieil Hotel Vancouver a bien servi la ville depuis 1916. C’est un emblème de la ville et de nombreuses personnalités du monde entier s’y sont arrêtées. Son architecture particulière en escalier permet à la plupart des clients d’avoir une chambre avec vue, et son ameublement reflète une élégance de classe mondiale.

Les goûts, cependant, évoluent et le Chemin de fer Canadien Pacifique, propriétaire de l’hôtel, étudie depuis longtemps la possibilité de remplacer l’édifice par un immeuble plus moderne. Les travaux sont retardés par la Grande Dépression, mais le nouvel hôtel ouvre finalement ses portes en 1939.

Le vieil hôtel gît alors vacant, triste souvenir de son glorieux passé. Le 26 janvier 1946, trente-cinq anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale vivant dans la rue passent devant des gardes militaires en faction et pénètrent dans l’hôtel. Ils proclament alors que l’hôtel servira dorénavant de logement aux anciens combattants. Quelque 1 000 anciens combattants, dont certains accompagnés de leur épouse, ne tardent pas à assiéger l’hôtel. Ils y resteront jusqu’en 1948.

À cette date, le gouvernement fédéral a déjà pris des mesures pour remédier à la pénurie de logements à l’échelle nationale en créant la SCHL – la Société canadienne d’hypothèques et de logement. Des logements bon marché pour les anciens combattants étant disponibles, les occupants de l’hôtel déménagent et le majestueux vieil hôtel est finalement démoli. Aujourd’hui, le site est occupé par l’édifice Sears, construit à l’origine pour Eaton’s, dans les années 1970. C’est l’une des constructions les plus détestées de Vancouver, en particulier par les gens plus âgés qui se souviennent de la « grande dame » qu’elle est venue remplacer.