Toronto Mendelssohn Choir

Le Toronto Mendelssohn Choir (TMC), le chœur canadien le plus célèbre dans le monde entier et le plus ancien chœur amateur mixte encore en activité au pays, a été créé en 1894 par Augustus Stephen Vogt. Il a vu se succéder à sa tête Herbert A. Fricker, de 1917 à 1942, sir Ernest MacMillan, de 1942 à 1957, Frederick Silvester, de 1957 à 1960, Walter Susskind, de 1960 à 1963, Elmer Iseler, de 1964 à 1998 et Noel Edison, de 1997 à 2018. Chaque chef a renouvelé le répertoire, religieux et profane, en présentant des compositions canadiennes et des premières canadiennes de grandes œuvres européennes. Cette phalange vocale de 137 voix comprend un noyau de 20 chanteurs professionnels dont plusieurs sont également membres du Mendelssohn Singers, une chorale de chambre de 70 voix. L’ensemble se produit régulièrement à Toronto au Massey Hall, au Roy Thomson Hall et au Koerner Hall. Il effectue également de fréquentes apparitions aux États-Unis et donne des concerts dans des festivals européens comme le Festival d’Édimbourg, le Festival international de Lucerne, le Festival Estival de Paris, le Festival des Flandres et les Concerts-promenades Henry Wood (les Proms) au Royal Albert Hall de Londres.


Macmillan, Ernest
Sir Ernest MacMillan (avec la permission de Miller Comstock).

Le Toronto Mendelssohn Choir (TMC), le chœur canadien le plus célèbre dans le monde entier et le plus ancien chœur amateur mixte encore en activité au pays, a été créé en 1894 par Augustus Stephen Vogt. Il a vu se succéder à sa tête Herbert A. Fricker, de 1917 à 1942, sir Ernest MacMillan, de 1942 à 1957, Frederick Silvester, de 1957 à 1960, Walter Susskind, de 1960 à 1963, Elmer Iseler, de 1964 à 1998 et Noel Edison, de 1997 à 2018. Chaque chef a renouvelé le répertoire, religieux et profane, en présentant des compositions canadiennes et des premières canadiennes de grandes œuvres européennes. Cette phalange vocale de 137 voix comprend un noyau de 20 chanteurs professionnels dont plusieurs sont également membres du Mendelssohn Singers, une chorale de chambre de 70 voix. L’ensemble se produit régulièrement à Toronto au Massey Hall, au Roy Thomson Hall et au Koerner Hall. Il effectue également de fréquentes apparitions aux États-Unis et donne des concerts dans des festivals européens comme le Festival d’Édimbourg, le Festival international de Lucerne, le Festival Estival de Paris, le Festival des Flandres et les Concerts-promenades Henry Wood (les Proms) au Royal Albert Hall de Londres.

Sous la direction d’Augustus Vogt de 1894 à 1917

Tirant son nom du compositeur allemand Felix Mendelssohn Bartholdy, le TMC commence ses activités en 1894 sous le nom de Mendelssohn Choir of Toronto, un groupe de 75 voix provenant de la chorale que dirige Augustus Stephen Vogt à l’église baptiste de la rue Jarvis. Le Mendelssohn Choir, nouvellement créé par Augustus Vogt, prend la suite de la Toronto Philharmonic Society qui cesse ses activités en 1894. Le nouvel ensemble vocal qui, durant les premiers mois de répétition, a déjà augmenté ses effectifs pour atteindre 167 voix, donne son premier concert le 15 janvier 1895 au nouveau Massey Music Hall (devenu le Massey Hall). Le répertoire interprété durant les trois années au cours desquelles le chœur se produit sous son nom d’origine est majoritairement a cappella et, en dehors de courtes pièces isolées de Roland de Lassus, Charles Gounod et Cécile Chaminade, il ne comprend aucune œuvre de compositeurs de renommée internationale, si ce n’est cinq pièces de Felix Mendelssohn, la figure tutélaire de l’ensemble qui porte son nom.

En dépit du succès du chœur auprès du public et de la critique, Augustus Vogt dissout l’ensemble en 1897. Le 19 septembre 1900, il le fait renaître, après trois ans d’une planification avisée, dans le cadre de nouveaux statuts qui exigent des membres qu’ils passent une nouvelle audition tous les ans. Le Toronto Mendelssohn Choir reconstitué fait ses débuts le 16 février 1901, à nouveau au Massey Music Hall. Le chœur limite au départ ses effectifs à 200 chanteurs avec des frais d’inscription d’un dollar pour les femmes et de deux dollars pour les hommes.

Le souhait d’Augustus Vogt de s’aventurer au-delà du répertoire pour chœur a cappella conduit à des associations avec l’Orchestre symphonique de Pittsburgh, dirigé par Victor Herbert, de 1902 à 1907, et avec l’Orchestre symphonique Theodore Thomas de Chicago, dirigé par Frederick Stock, de 1908 à 1912. L’ensemble vocal se produit au Carnegie Hall à New York pour la première fois en 1907. Le TMC ne se produit qu’une seule fois avec l’Orchestre symphonique de Toronto (TSO) sous la direction de Frank Welsman, ce dernier codirigeant ce concert du 6 février 1917 avec Augustus Vogt.

Le répertoire d’Augustus Vogt est relativement modeste et comprend de nombreuses petites pièces. Il introduit toutefois des œuvres plus importantes comme Die erste Walpurgisnacht de Felix Mendelssohn en 1906, Caractacus d’Edward Elgar en 1909, La Croisade des enfants de Gabriel Pierné en 1910, le Requiem de Giuseppe Verdi en 1911 et la plupart des œuvres chorales de Johannes Brahms, notamment Un Requiem allemand en 1908.

Ayant refondé l’ensemble sur des principes qui continueront à servir pour les années à venir, Augustus Vogt abandonne sa direction en 1917 en raison de ses responsabilités croissantes comme directeur du Toronto Conservatory of Music (renommé depuis Royal Conservatory of Music). Le TSO de Welsman est dissout par la suite. En conséquence, le successeur d’Augustus Vogt, Herbert Austin Fricker, se tourne également vers le sud pour rechercher un orchestre partenaire.

Sous la direction de Herbert Fricker de 1917 à 1942

Ayant connu le chef d’orchestre Leopold Stokowski en Angleterre, Herbert Fricker fait de l’Orchestre de Philadelphie que dirige ce dernier son premier choix. Cette association, qui dure de 1918 à 1925, est suivie par une collaboration de 1926 à 1931 avec l’Orchestre symphonique de Cincinnati dirigé par Fritz Reiner. Le chœur réalise son premier enregistrement en 1926. Il continue à se produire régulièrement aux États-Unis, effectuant en 1905 la première d’une série de neuf apparitions à Buffalo. Entre 1905 et 1954, l’ensemble donne des concerts dans plusieurs autres villes aux États-Unis, notamment à New York (cinq fois), à Baltimore, à Boston, à Cincinnati, à Cleveland, à Détroit et à Philadelphie (deux fois) et à Chicago.

Préalablement à une longue relation ininterrompue avec le TSO, le TMC se produit à Toronto conjointement avec d’autres formations, en 1932 avec l’Orchestre symphonique de Détroit et en 1933 avec le Quatuor à cordes Hart House. Lorsqu’éclate la Deuxième Guerre mondiale, les sections masculines du chœur sont dépeuplées et l’ensemble suspend ses activités pour la saison 1939-1940. Toutefois, l’ensemble se réorganise et réussit à donner environ deux concerts par an pendant toute la durée de la guerre. La retraite de Herbert Fricker marquée par l’interprétation, le 23 février 1942, de son œuvre favorite, la Messe en si mineur de Bach, constitue un autre coup dur pour le TMC.

Sous la direction de Herbert Fricker, le chœur donne ses premières interprétations d’A Sea Symphony de Vaughan Williams en 1921, de Mefistofele d’Arrigo Boito en version de concert en 1923, de The Dream of Gerontius d’Edward Elgar en 1925, de la Missa solemnis de Beethoven en 1927, de la Messe en si mineur de Bach en 1929, du Messie de Georg Friedrich Haendel en 1932 et d’Elias de Felix Mendelssohn en 1933; il offre également au public les premières canadiennes de Belshazzar’s Feast de William Walton en 1936 et du Requiem d’Hector Berlioz en 1938. Un critique anonyme, comparant Augustus Vogt et Herbert Fricker, insiste sur le fait que si les deux sont des chefs exceptionnels, le chœur a atteint, sous la direction du premier, « un ton pur comme un diamant » tandis qu’entre les mains du second, il a produit « un son plus doux avec des résonances plus sombres » (A Responsive Chord).

Sous la direction de Sir Ernest MacMillan de 1942 à 1957

Sir Ernest MacMillan est le troisième chef du Toronto Mendelssohn Choir. À l’image de Herbert Fricker, Ernest MacMillan prend ses fonctions en période de guerre et, à l’instar d’Augustus Vogt, il adjoint au TMC un ensemble choral qu’il dirige déjà, le chœur du Toronto Conservatory of Music. Ce dernier ensemble, ayant pris son essor durant les deux décennies précédentes, se produit annuellement depuis 1923 dans la Passion selon Saint Matthieu de Bach. Étonnamment, la fusion entre ces deux groupes, quoique difficile puisqu’elle concerne à la fois les choristes et les administrations, se passe en douceur. C’est avec le Messie de Georg Friedrich Haendel que le chœur se produit pour la première fois le 29 décembre 1942 sous la direction d’Ernest Macmillan, cette œuvre étant ultérieurement présentée au public chaque année pour Noël (voir aussi Musique de Noël). Ernest MacMillan ajoute au répertoire de l’ensemble la Passion selon Saint Matthieu qui sera également proposée annuellement pour Pâques. Ces deux œuvres sont enregistrées, respectivement en 1952 et en 1953, chez Beaver Records et sont jouées en 1954 au Carnegie Hall. Bien que Le Messie comme La Passion collent à la peau du TMC, son répertoire est considérablement plus large. Il interprète, par exemple, le Requiem de Giuseppe Verdi durant sa saison 1942-1943 et, à nouveau, à l’occasion d’un Festival Bach de trois jours, en 1950, pour commémorer le bicentenaire de la mort du compositeur.

Ernest MacMillan démissionne de son poste de chef en 1957; toutefois, il occupe les fonctions de président honoraire de l’ensemble de 1962 à 1973. En 1968, le TMC lui rend hommage à l’occasion de son 75e anniversaire en interprétant quelques-unes de ses pièces favorites. Ce concert est retransmis à la télévision de CBC.

Sous la direction de Frederick Silvester de 1957 à 1960

Frederick Silvester, chef adjoint du chœur depuis 1946, succède à Ernest MacMillan, assurant les fonctions de chef de chœur et de chef d’orchestre tout en travaillant avec différents chefs d’orchestre externes. En trois saisons, Frederick Silvester permet au chœur de se familiariser avec le nouveau langage choral représenté par Jeanne d’Arc d’Arthur Honegger, une œuvre que le TMC interprète sous la direction de Walter Susskind en 1958; en outre, il le prépare souvent à des concerts avec le TSO sous la direction de ce même Walter Susskind.

Sous la direction de Walter Susskind de 1960 à 1963

Lorsque Frederick Silvester prend sa retraite en 1960, c’est John Sidgwick, préalablement, de 1952 à 1956, chef d’un petit chœur de chambre issu du TMC, qui lui succède comme chef de chœur, tandis que Walter Susskind prend sa suite en tant que chef d’orchestre. Ce partenariat de quatre ans, au cours duquel sont donnés à Toronto les Carmina Burana de Carl Orff, la Damnation de Faust d’Hector Berlioz, le Service sacré d’Ernst Bloch et la 3e Symphonie de Gustav Mahler, prend fin avec le départ de Walter Susskind du TSO et la démission de John Sidgwick afin de créer son propre chœur, l’Orpheus Choir.

Sous la direction d’Elmer Iseler de 1964 à 1997

En 1964, Elmer Iseler, membre du TMC de 1947 à 1949 et assistant lors des répétitions de 1951 à 1952, devient le sixième chef du Toronto Mendelssohn Choir. Au début de son mandat, il prépare le chœur pour la première canadienne, le 10 novembre 1964, du War Requiem de Benjamin Britten sous la direction de Walter Susskind et pour l’interprétation du Messie sous la baguette d’Ernesto Barbini. Elmer Iseler dirige le TMC pour la première fois au printemps 1965 dans un programme Giovanni Gabrieli, Claudio Monteverdi, Gustav Holst et Claude Debussy; à cette occasion, le propre chœur d’Elmer Iseler, les Festival Singers, et deux autres ensembles choraux formés par Lloyd Bradshaw viennent s’ajouter aux effectifs d’origine du TMC.

C’est également en 1965, à l’occasion du 150e anniversaire de la Handel and Haydn Society of Boston, que le chœur propose un programme incluant The Dance de Godfrey Ridout, des arrangements de la chanson folklorique canadienne-française Blanche comme la neige par Ernest MacMillan et la Symphonie des psaumes d’Igor Stravinsky. Bien que chantant, à cette occasion, en compagnie des plus grands ensembles vocaux du monde, le Toronto Mendelssohn Choir produit néanmoins une forte impression. Le Boston Globe du 31 octobre 1965 commente ainsi la prestation du TMC : « Il y a quelque chose de frais, de stimulant et d’impérieux dans la combinaison entre Iseler et Mendelssohn; le résultat est vocalement et musicalement remarquable. La diction est superbe. L’équilibre entre les accords et les textures polyphoniques est toujours parfait. »

Le TMC se rend, le 1er juillet 1967, à la Place des Arts de Montréal, pour les célébrations du Centenaire et se produit lors d’un concert à l’Expo 67. C’est également en 1967 que le TMC commande au compositeur John Beckwith Place of Meeting qu’il interprète en première.

Comme l’avaient fait Augustus Vogt et Ernest MacMillan avant lui, Elmer Iseler adjoint au Toronto Mendelssohn Choir un autre chœur qu’il dirige. Les Festival Singers deviennent, en 1968, le noyau professionnel d’un ensemble choral plus important. La Chorale Bach-Elgar de Hamilton et l’Orpheus Choir de John Sidgwick se joignent au TMC pour le Requiem d’Hector Berlioz à l’occasion du centième anniversaire de la mort du compositeur en 1969. La saison du 75e anniversaire du Toronto Mendelssohn Choir, 1969-1970, est marquée par sa première interprétation d’Israël en Égypte de Georg Friedrich Haendel. En 1971, la phalange interprète, en première canadienne, la Passion selon Saint Luc de Krzysztof Penderecki, une œuvre qui remporte un tel succès que l’ensemble la mettra à nouveau à son programme en 1972.

Le TMC entreprend enfin, en août 1972, une tournée en Europe, planifiée pour la première fois en 1915 et remise lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale. Accompagné du quintette Canadian Brass, de la soprano Roxolana Roslak et de l’organiste Ruth Watson Henderson, il se produit en Angleterre, à Paris et à Lucerne. Les critiques sont élogieuses, Der Bund écrivant le 20 août 1972 : « ... des voix d’un niveau extrêmement professionnel sont unies pour former une solide unité organique au sein de laquelle une structuration intelligente ne nuit jamais à la vitalité et à la ferveur du chant », le Financial Times indiquant, quant à lui : « ... il s’agit d’un ensemble au son à la fois affirmé et net proposant des sections masculines remarquablement puissantes et une articulation souple et légère ». En 1972, l’une des interprétations du Messie offertes à Toronto est exclusivement chantée. Le public assiste en nombre, démontrant la popularité de cette formule a cappella qui sera répétée jusqu’en 1976, puis à l’occasion ultérieurement.

En 1973, le chœur Mendelssohn à 100 voix, intégrant les Festival Singers, est formé au sein de l’ensemble pour faciliter les diffusions par la CBC ainsi que les concerts dans des salles plus petites comme à Barrie et à Orillia ou à l’occasion du Festival Shaw à Niagara-on-the-Lake. Le chœur, avec son effectif intégral de 170 chanteurs, se produit durant la saison 1974–1975 en compagnie de l’Orchestre du Centre national des arts et aux côtés de l’Orchestre philharmonique de Hamilton; il donne également un concert, le 25 octobre 1975, avec le Canadian Brass au Kennedy Center de Washington.

À l’occasion des Jeux olympiques de Montréal de 1976, le Toronto Mendelssohn Choir participe, en compagnie de l’Orchestre symphonique de Montréal, sous la direction de Rafael Frühbeck de Burgos, à la cérémonie solennelle d’ouverture à la Place des Arts, le 13 juillet, et à un programme culturel et artistique, le 15 juillet, sous la direction d’Elmer Iseler (voir aussi Musique aux Jeux Olympiques). Le TMC donne la première canadienne du Magnificat de Krzysztof Penderecki en 1977. Il se produit au Kennedy Center en 1978 et fait ses débuts au Festival d’Édimbourg en 1980, à l’occasion d’une tournée en Grande-Bretagne et en Belgique.

Sun, une œuvre commandée par le TMC au compositeur Raymond Murray Schafer est interprétée par l’ensemble en première en 1982 pour l’inauguration du Roy Thomson Hall. En 1983, la phalange participe aux côtés du TSO à la première canadienne de la 8e Symphonie de Gustav Mahler. En 1984, le TMC offre également deux programmes en compagnie du TSO à Carnegie Hall où il interprète The Kingdom d’Edward Elgar, In the Beginning d’Aaron Copland, Sun de Raymond Schafer et la 9e Symphonie de Beethoven. En 1986, l’ensemble enregistre avec le TSO, sous la direction de Sir Andrew Davis, une version du Messie qui remporte un grand succès et qui vaudra au TMC sa première sélection aux prix Juno en 1989. Cette même année, la phalange vocale torontoise interprète la 8e Symphonie de Gustav Mahler pour célébrer le 25e anniversaire de la direction d’Elmer Iseler, et Michael Ridout devient le gestionnaire du chœur à la suite de Patricia Tompkins qui occupait ce poste depuis 1967.

Respectant la tradition établie par Augustus Vogt, le Toronto Mendelssohn Choir continue, durant les années 1990 et ultérieurement, à auditionner ses membres annuellement, à faire payer des frais d’adhésion de 55 $ identiques pour les hommes et pour les femmes et à tirer ses programmes de deux sources principales : d’une part, les œuvres majeures du répertoire avec orchestre et, d’autre part, les chants liturgiques chrétiens ou de courtes pièces a cappella aussi diversifiées que An Apostrophe to the Heavenly Hosts de Healey Willan ou Epitaph for Moonlight de Raymond Schafer.

En 1992, le TMC sort un recueil de Noël incluant son enregistrement du Messie de 1986. En 1993, dirigé par le compositeur américain John Williams, le chœur interprète les passages choraux de la bande-son du film de Steven Spielberg de 1993, gagnant d’un oscar, La Liste de Schindler. Cette même année, l’ensemble vocal de Toronto participe au Choral Festival in Toronto, donnant en première Jezebel de Robertson Davies et Derek Holman. Le chœur célèbre sa centième saison en 1994, en interprétant des œuvres comme le Gloria de Harry Somers et « The Abbot of Augers » de Derek Holman extrait de son cycle Tapestry, et en ressortant les meilleurs morceaux des enregistrements d’Ernest MacMillan de 1952.

En 1995, l’ensemble propose les Songs of Sion de Derek Holman et reçoit le Prix du lieutenant-gouverneur pour les arts de la Fondation des arts de l’Ontario. En 1997, le TMC donne, accompagné de la Hannaford Street Silver Band et du Mendelssohn Youth Choir, Canadian Tapestry, dans un arrangement de Howard Cable avec Pierre Berton comme narrateur. En 1996, le Toronto Mendelssohn Choir se voit honoré du prix du Roy Thomson Hall après l’exécution de la première d’A Prayer for the Earth de Raymond Luedeke. En 1998, l’ensemble obtient une deuxième nomination pour les prix Juno pour son enregistrement du Concerto pour piano no 4 de Sergueï Rachmaninov.

Sous la direction de Noel Edison de 1997 à 2018

Le contrat d’Elmer Iseler n’est pas renouvelé en 1997, ce qui suscite une certaine controverse, et Noel Edison est nommé chef par intérim du TMC avant d’occuper la fonction de façon permanente à partir de 1999. Son ensemble, les Elora Festival Singers, devient le noyau professionnel du chœur. En 2002, sous la direction de Noel Edison, une nouvelle phalange vocale à 70 voix, les Mendelssohn Singers, est formée au sein du TMC afin d’étendre son répertoire et de lui permettre de se produire dans des salles plus petites.

En 2001, le chœur interprète les Carmina Burana de Carl Orff dans le cadre d’une prestation conjointe, mobilisant 300 voix, avec le Kitchener-Waterloo Philharmonic Choir accompagné de l’Orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo. En 2002, le TMC chante en direct à la télévision sur CBC lors de la diffusion du spectacle de gala en l’honneur de la Reine donné au Roy Thomson Hall. En 2003, la phalange vocale torontoise effectue une tournée à Vienne, Salzbourg et Prague avant de revenir dans la Ville Reine, pour les célébrations de son 110e anniversaire, au Massey Hall. En 2010, le TMC se produit à l’occasion de l’Olympiade culturelle organisée en liaison avec les Jeux olympiques d’hiver de Vancouver, et en 2012, il offre une prestation en compagnie de Barbra Streisand au Centre Air Canada de Toronto. En 2017, l’enregistrement du Messie de Haendel, réalisé par le Choeur avec l’Orchestre symphonique de Toronto à Roy Thomson Hall, en décembre 2015, reçoit un prix Juno pour l’album classique de l’année et une nomination au Grammy Awards pour la meilleure prestation chorale.

En mars 2018, dans la foulée du mouvement #MeToo contre le harcèlement sexuel, Noel Edison est mis en « congé pour raisons personnelles » par le Toronto Mendelssohn Choir et le Elora Festival Singers à la suite d’allégations d’inconduite sexuelle portées à l’attention du conseil des deux organismes. Un groupe tiers est engagé pour enquêter sur les allégations à l’encontre du chef qui, selon le service de nouvelles de CBC, « ont été lancées par plusieurs plaignants masculins et s’étendraient sur plusieurs années ». Le Mendelssohn Choir doit annuler plusieurs concerts à la suite des allégations, tout en recherchant un nouveau chef d’orchestre.

Suite à l’enquête sur les allégations, le 21 avril 2018, Noel Edison est démis de ses fonctions avec le Elora Festival et les Elora Festival Singers. Le 25 avril, il démissionne de son poste au Mendelssohn Choir. Le Mendelssohn Choir annonce ensuite l’introduction d’une initiative appelée « Creating a Safe Creative Space » (« créer un environnement créatif sécuritaire »). Le Globe and Mail a rapporté que cette initiative implique « un examen des politiques anti-harcèlement [de la chorale] et des lignes directrices des choristes. »

Programmes de formation et de sensibilisation

Le Toronto Mendelssohn Youth Choir (un groupe mixte de 60 à 70 voix incluant des jeunes de 14 à 19 ans) est créé par l’ensemble principal en 1977. Sous la direction de Gerald Fagan, un schéma annuel est rapidement mis en place avec des concerts pour Noël et au printemps. En 1979, Robert Cooper remplace Gerald Fagan et le concert de Noël de cette année-là est donné conjointement avec le Toronto Symphony Youth Orchestra. John Rutter est chef invité pour les concerts de Noël de 1988 et de 1990. Le Toronto Mendelssohn Youth Choir réalise trois enregistrements : Christmas avec John Rutter, le Requiem de Berlioz avec le Toronto Mendelssohn Choir et un enregistrement avec la CBCdes Chants de Noël de Charles Dickens.

En 2008, le chœur des jeunes est remplacé par le TMC Apprentice Program. Ce programme prévoit l’encadrement par un choriste adulte du TMC de jeunes choristes, âgés de 17 à 22 ans, ayant déjà de l’expérience qui profitent de quatre séances de formation vocale et se joignent au Toronto Mendelssohn Choir pour des concerts, notamment lors de prestations en commun avec le TSO. C’est également la phalange principale qui paie les frais encourus par l’apprenti pour se joindre au chœur des adultes. En 2010, le TMC fonde un symposium annuel pour chefs de chœur dirigé par Noel Edison à l’intention des chefs émergents. L’année suivante, un poste de chef adjoint est créé. Le chœur propose également les Singsation Saturdays, un programme d’atelier choral pour chanteurs amateurs.

Une version de cet article est parue initialement dans l’Encyclopédie de la musique au Canada.

Prix

Prix du lieutenant-gouverneur pour les arts de la Fondation des arts de l’Ontario (1995)


Lecture supplémentaire

  • Maud McLean et Toronto Mendelssohn Choir, A Responsive Chord: The Story of The Toronto Mendelssohn Choir 1894–1969 (Toronto, 1969).