Łingít (Tlingit)

Les Tlingits (parfois appelés Łingíts) sont des peuples autochtones de la côte du nord-ouest du Pacifique qui partagent un héritage culturel commun. Tlingits signifie « peuple des marées ». Le recensement de 2016 dénombre 2 110 personnes se disant d’ascendance tlingit.



Tlingits
Cette nation, la plus nordique de la côte du Nord-Ouest, fait le troc de cuivre, de couvertures, de coquillages, de fourrures et d’esclaves. Les maisons, les totems et les tuniques tlingits témoignent des formes d’art très développées de cette culture.
Coiffure de danse
Coiffure de danse en bois d’érable tlingit, vers le milieu du 19e siècle, île Admiralty, Alaska.
Panier tlingit
Ce panier tlingit est fait de racines d’épinette.

Population et territoire

Les territoires tlingits se trouvent dans le nord-ouest du Pacifique et recouvrent certaines parties de ce qui est aujourd’hui la Colombie-Britannique, le Yukon et l’Alaska. Bien que certains Tlingits occupent traditionnellement les régions situées le long de la côte, d’autres s’installent plus loin dans les terres. (Voir aussi Territoire autochtone.) Le recensement de 2016 dénombre 2 110 personnes se disant d’ascendance tlingit.

Territoires tlingits.
(avec la permission de Victor Temprano/Native-Land.ca)

Vie avant le contact avec les Européens

Les ressources des régions côtières et de la forêt boréale autour des Grands Lacs qui alimentent le fleuve Yukon jouent depuis toujours un rôle important dans le mode de vie des Tlingits. Au 19e siècle, la plupart de leurs ancêtres, dont certains viennent de la côte, habitent en amont de la rivière Taku qui se jette dans l’océan Pacifique près de Juneau, en Alaska. Les Tlingits de l’intérieur dépendent en grande partie des montaisons annuelles de saumon dans le bassin de la Taku. Ils chassent aussi le caribou, l’orignal, le mouton et la chèvre de montagne, de même que le petit gibier, surtout la marmotte et les oiseaux.

Organisation sociale

Les Tlingits sont une nation matrilinéaire divisée en deux moitiés (groupes apparentés). Chacune se compose de différents clans. Les clans des Tlingits de Teslin, par exemple, comprennent les Kùkhhittàn (Corbeau), les Ishkìtàn (Grenouille), les Yanyèdi (Loup), les Dèshitàn (Castor) et les Dakhl’awèdi (Aigle). Les Tlingits d’autres régions peuvent se composer d’autres clans différents. Ces groupes prennent les décisions sur la hiérarchie, les mariages et les pratiques de dénomination.

Les relations sociales reposent sur des obligations réciproques entre les membres des clans de groupes apparentés opposés. L’obligation la plus importante est associée à la mort et aux fêtes commémoratives, ou potlatchs, qui ont lieu à peu près un an après la mort et qui sont marquées d’éloquents discours, de danses, de chants et de représentations théâtrales symboliques. Les Tlingits qui habitent dans les terres intérieures ou sur la côte se marient souvent entre eux. Ils épousent aussi parfois d’autres membres des peuples autochtones voisins, comme les Dénés (Athapaskans) et les Tahltans.

Chaque clan a une autorité limitée à ses propres affaires intérieures et ce n’est qu’après la Deuxième Guerre mondiale qu’on commence à établir des chefs et des conseils de bande, par l’intermédiaire du ministère des Affaires indiennes et du Développement du Nord. (Voir aussi Ministères fédéraux des affaires autochtones et du Nord). Aujourd’hui, les Tlingits de Teslin ont leur propre système judiciaire.

Culture

Les Tlingits s’habituent de plus en plus à la société et la culture européenne suite à la ruée vers l’or au début du 20e siècle, l’exploitation minière près d’Atlin en Colombie-Britannique, et la construction de la route de l’Alaska en 1942. Ils reprennent malgré tout leurs arts traditionnels et mettent sur pied des commerces de fabrication de canots et de raquettes.

Les Tlingits ont aussi une riche littérature orale. Nora Marks Dauenhauer et Richard Dauenhauer, poètes et écrivains, éditent les collections classiques de la littérature tlingit, dont : Haa Shuká, Our Ancestors: Tlingit Oral Narratives (1987) ; Haa Tuwunáagu Yís, for Healing Our Spirit: Tlingit Oratory (1990) ; Haa Kusteeyí, Our Culture: Tlingit Life Stories (1994); et Anóoshi Lingít Aaní Ká/Russians in Tlingit America: The Battles of Sitka, 1802 and 1804 (2015, édité avec Lydia T. Black).

Langue

Le tlingit (ou łingít) est le nom de la langue parlée par les peuples Tlingits. On le parle surtout à Teslin et à Carcross, au Yukon. Le tlingit provient de la langue na-déné (ou déné), qui fait partie de la famille linguistique athapascane. On parle surtout ce dialecte dans la région d’Atlin, dans la partie la plus septentrionale de la Colombie-Britannique et à Teslin, avoisinant le Yukon. Selon le recensement de 2016, 255 personnes s’identifient comme locuteurs du tlingit, 76,5 % vivant au Yukon et 21,6 % en Colombie-Britannique.

Contact avec les Européens

Vers la fin du 19e siècle, les Tlingits se réinstallent au Yukon, afin d’avoir accès à l’abondance d’animaux à fourrure, mais aussi à cause de la ruée vers l’or du Klondike de 1897-1899. Leur mode de vie de subsistance semi-nomade leur permet de s’adapter aisément au Yukon. Les fourrures sont abondantes, mais l’approvisionnement en saumon est moins fiable. Les outils des Tlingits, comme ceux de leurs voisins athapascans (dont les Tutchonis), sont bien adaptés aux conditions rigoureuses de la cordillère subarctique.

Les Tlingits se bagarrent parfois avec les Tahltans au sujet des droits de pêche au saumon et du contrôle des fourrures de qualité provenant de l’intérieur de la côte. Les deux groupes recherchent les fourrures des Kaskas de la rivière Liard, mais ils sont eux-mêmes dominés par les Tlingits de la côte qui contrôlent l’accès aux commerçants de fourrures européens.

Revendications territoriales et autonomie gouvernementale

Les Tlingits de l’intérieur ne sont signataires d’aucun traité avec le gouvernement fédéral. En 1993, le Conseil des Indiens du Yukon (maintenant, le Conseil des Premières nations du Yukon) négocie avec succès le règlement de revendications territoriales. Il se joint ensuite au Conseil des Premières nations du Yukon, qui succède au Conseil des Indiens du Yukon en 1995) afin de créer un gouvernement des Premières nations au Yukon, qui coexisterait avec les gouvernements fédéral et territorial.

Après plus de deux décennies de négociations, l’entente définitive du Conseil des Tlingits de Teslin et du gouvernement du Yukon et l’entente d’autonomie gouvernementale entrent en vigueur en 1995. Ces ententes régissent plus de 10 000 km² de territoire des Tlingits à Teslin et tiennent compte de la culture traditionnelle des clans.


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