Terry Fox

Terrance Stanley (Terry) Fox, C.C., Ordre du cornouiller, athlète, humanitaire et activiste pour la recherche sur le cancer (né le 28 juillet 1958 à Winnipeg, au Manitoba; décédé le 28 juin 1981 à New Westminster, en Colombie-Britannique). Le combat courageux de Terry Fox contre le cancer et sa détermination à amasser des fonds pour la recherche de traitement ont inspiré toute la nation canadienne et le monde entier. Peu de temps après avoir perdu sa jambe droite en raison du cancer, Fox décide de traverser le Canada à la course afin de sensibiliser la population au cancer et d’amasser des fonds pour la recherche. Il part de St. John’s, à Terre-Neuve, et parcourt 5 373 km en 143 jours (soit une moyenne de 42 km par jour) avant d’arriver à Thunder Bay, en Ontario, où il est forcé d’abandonner son Marathon de l’espoir, car le cancer s’est étendu à ses poumons. Il s’éteint quelques jours avant son 23e anniversaire. Fox, plus jeune personne à être nommée Compagnon de l’Ordre du Canada, reçoit aussi, en 1980, le trophée Lou-Marsh de l’athlète canadien de l’année, en plus d’être déclaré personne d’importance historique nationale par le gouvernement canadien et intronisé au Temple de la Renommée des sports du Canada. La course annuelle Terry Fox a permis de récolter plus de 800 millions de dollars pour la recherche sur le cancer. En février 1981, le Marathon de l’espoir avait récolté quelque 24 millions de dollars.



Terry Fox

Avec la permission de la Fondation Terry Fox.
La fondation Terry Fox | La fondation Terry Fox

Jeunesse

Terry Fox est le deuxième des quatre enfants de Betty et Rolly Fox, ce dernier travaillant comme aiguilleur des Chemins de fer nationaux du Canada. Betty et Rolly se sont rencontrés à Winnipeg, et c’est aussi là que naissent leurs quatre enfants, Fred (1957), Terry (1958), Darrell (1962) et Judith (1965). Las des hivers rigoureux de Winnipeg, Rolly demande un transfert à Vancouver, en  Colombie-Britannique, en 1966. La famille déménage donc dans l’Ouest canadien, s’installant à Port Coquitlam, petite communauté située à l’est de Vancouver.

Débuts en athlétisme

Depuis son enfance, Terry Fox démontre une grande détermination, particulièrement quand il est question de sports. Dans sa biographie Terry Fox, sa vie, Leslie Scrivener décrit l’engagement constant du jeune Terry, alors à l’école primaire, à se rendre à ses séances d’entraînement de baseball; au coin de la rue, il attend toujours au moins une heure à l’avance la voiture qui le reconduira.

À l’école secondaire, le sport préféré de Fox est le basketball. En huitième année, de petite stature (un mètre et demi) et dépourvu de grand talent, il est quand même décidé à faire partie de l’équipe de basketball de son école. Son meilleur ami, Doug Alward, adore lui aussi le basketball; joueur de talent, il compte parmi les premières recrues des Cobras de l’école secondaire de premier cycle Mary Hill. Bob McGill, leur entraîneur, suggère à Fox d’essayer la course de fond et la lutte. Fox se met à la course, n’abandonnant toutefois pas son rêve de jouer au basketball. Il s’entraîne tous les matins avant l’école et même pendant les vacances estivales. En huitième année, il est choisi dernier dans l’équipe et ne joue qu’une seule minute pendant la saison. Deux ans plus tard, son camarade Alward et lui débutent comme marqueurs dans l’équipe de basketball de Mary Hill. Ils partageront également le titre d’athlète de l’année de leur école.

L’année suivante, Terry Fox est encore une fois choisi comme marqueur, cette fois-ci avec les Ravens de l’école secondaire de Port Coquitlam. Il fait également de la course de fond et joue au soccer et au  rugby. C’est en 12e année qu’il partage le titre d’athlète de l’année avec Alward. Fox est alors le meilleur au basketball, tandis qu’Alward excelle en course de fond. Sa détermination et son dévouement lui rapportent de nouveau pendant ses études à l’Université Simon Fraser (SFU) , où il est accepté dans l’équipe de réserve de basketball.

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Terry Fox dans sa première année en tant qu'étudiant en kinésiologie à l'Université Simon Fraser.

(avec la permission de l'Université Simon Fraser)


Diagnostic et chirurgie

Les premières douleurs apparaissent en 1976. En novembre cette année-là, Terry Fox emboutit un camion sur l’autoroute. Sa voiture est démolie, mais Fox s’en sort sans blessures visibles. Il a seulement mal au genou droit, ce qu’il attribue à la collision. La douleur se fait toutefois à nouveau ressentir en décembre. Cette fois-ci, Fox croit que son cartilage a été mis à rude épreuve par tant d’années de basketball. En février 1977, peu après la fin de la saison de basketball, Fox se rend enfin au centre de santé de la SFU, où on lui prescrit des analgésiques.

Au début du mois suivant, Fox revient d’un entraînement de course pétrifié par une douleur aiguë. Le lendemain, il consulte son médecin de famille, qui soupçonne immédiatement un problème grave. Rolly Fox reconduit alors son fils à l’hôpital Royal Columbian de New Westminster, où il est aussitôt reçu par le DMichael Piper, chirurgien orthopédiste. Un examen des radiographies de Fox indique au Dr Piper qu’il pourrait s’agir d’un ostéosarcome, un type de cancer des os qui se propage souvent à partir du genou. Le 4 mars, les soupçons du médecin sont confirmés par les résultats d’une scintigraphie osseuse. En raison du caractère foudroyant de ce type de cancer, les spécialistes sont d’avis que pour améliorer les chances de survie de Fox, celui-ci devra subir une amputation de la jambe droite suivie de traitements de chimiothérapie.

Terry Fox passe les jours qui suivent entouré de sa famille et de ses amis, dont Doug Alward. Ses camarades du programme de kinésiologie de SFU lui apportent ses travaux scolaires à l’hôpital. Ses coéquipiers passent également lui rendre visite, de même que Terri Fleming, son entraîneur de basketball de l’école secondaire de Port Coquitlam. La veille de l’opération, Fleming fait lire à Fox un article du magazine Runner’s World sur Dick Traum, un amputé qui a couru le marathon de New York. Le matin de l’opération, Fox montre l’article à son infirmière, Judith Ray, lui confiant qu’il va lui aussi « réaliser quelque chose d’aussi grandiose un jour ».

Le 9 mars 1977, âgé de seulement 18 ans, Fox se fait amputer la jambe droite à 15 cm au-dessus du genou.

Réhabilitation et chimiothérapie

Après quelques semaines à peine, Terry Fox marche à nouveau à l’aide d’une jambe artificielle. Moins d’un mois plus tard, il joue déjà au golf avec son père. En plus de la physiothérapie, Fox entame un traitement de chimiothérapie d’une durée de 16 mois à la British Columbia Cancer Control Agency de Vancouver. Toutes les trois semaines, il doit se rendre à la clinique pour y recevoir une combinaison de méthotrexate et d’adriamycine. Pendant la chimiothérapie, il perd ses cheveux et souffre de nausées. Malgré sa grande souffrance, il se considère chanceux d’être en vie, côtoyant jour après jour des mourants. Il ressent pour ces gens une grande compassion, en plus d’un certain sens de la responsabilité du fait de son statut de survivant.

Basketball en fauteuil roulant

À l’été 1977, Terry Fox reçoit un coup de fil de Rick Hansen, qui l’invite à se joindre aux Cable Cars de Vancouver (une équipe de basketball en fauteuil roulant). Comme c’est le cas pour tout ce qu’il entreprend, Fox se donne corps et âme à son entraînement, ne s’arrêtant qu’une fois les mains endolories et couvertes d’ampoules. C’est ainsi qu’il découvre une nouvelle manière de jouer au basketball, tout en progressant dans ses traitements de chimiothérapie. Vers la fin de l’été, il est sélectionné pour faire partie de l’équipe qui participera aux championnats nationaux de basketball en fauteuil roulant de 1977 à Edmonton. Terry Fox joue avec les Cable Cars de 1977 à 1980, remportant le championnat national en 1978 et 1979.

À la saison 1979-1980, Fox est recruté au sein de l’équipe d’étoiles de la North American Wheelchair Basketball Association. À l’époque, il joue trois soirs par semaine dans un fauteuil qu’il a reçu en cadeau de la part des collègues de son père aux Chemins de fer nationaux du Canada. Il s’entraîne également en fauteuil roulant le long de différents sentiers et routes. Comme les surfaces planes l’ennuient, il ne tarde pas à prendre d’assaut les monts Westwood et Burnaby.

Terry Fox

Ed Linkewich | Ed Linkewich, avec l'aimable autorisation de la Fondation Terry Fox


Le rêve

Terry Fox vise toutefois un autre objectif. Pendant les mois passés en chimiothérapie, il est témoin de la souffrance de nombreux autres patients du cancer et est déterminé à offrir son aide. La veille de son opération, il lit un article sur Dick Traum, un amputé qui a couru le marathon de New York. Inspiré par cet exemple, Fox décide de parcourir le Canada afin de sensibiliser les gens au cancer et d’amasser des fonds pour la recherche de traitements.

Fox commence à s’entraîner de soir sur la piste cendrée de l’école secondaire locale. Vers la mi-février 1979, il parcourt déjà régulièrement près d’un kilomètre sur la piste; à la fin du mois, cette distance passe à plus d’un kilomètre et demi. Ben Speicher, concepteur de la prothèse de Fox, modifie celle-ci afin de l’adapter à l’impact de la course à pied. (Voir Terry Fox et le développement des prothèses pour la course à pied.)Cependant, en dépit des améliorations apportées, la prothèse demeure lourde et inconfortable. Fidèle à lui-même, Fox persévère malgré les difficultés.

Vers la mi-août, Fox se prépare en vue d’une course à Prince George, en  Colombie-Britannique. Bien qu’il se soit entraîné, à l’origine, pour parcourir une distance de 13,7 km, il finit par courir la pleine distance (27 km) aux côtés de son ami Doug Alward et de son frère Darrell. Terry Fox termine dernier, en arrivant dix minutes seulement derrière le dernier coureur sans handicap.

Darrell Fox

Darrell Fox tient la jambe artificielle de son frère, Terry, dans les locaux d’Archives Canada à Burnaby, le 5 décembre 2013. (John Lehmann/The Globe and Mail)
La Presse canadienne / John Lehmann | La Presse canadienne / John Lehmann


Le plan

Au lendemain de la course de Prince George, Terry Fox est convaincu qu’il pourra entreprendre sa traversée du Canada au printemps suivant. Ayant déjà arrêté une date précise, il décide que le moment est venu de dévoiler à ses parents son projet, dont seuls ses amis Doug Alward et Rika Noda sont jusque-là au courant. Betty croit que son fils est devenu fou. Pour sa part, son père ne souhaite savoir qu’une chose : quand commencera l’aventure.

Quand il amorce son Marathon de l’espoir, en avril 1980, Terry Fox a déjà parcouru plus de 5 000 km en entraînement. Il gagne aussil’appui de la Société canadienne du cancer et des Amputés de guerre du Canada, ainsi que d’entreprises comme la Ford Motor Company Pétrolière Impériale et Adidas.

Terry Fox et son équipe

Terry Fox, Doug Alward et Darrell Fox près de White River, en Ontario, pendant le Marathon de l’espoir. (Avec la permission de la Fondation Terry Fox.)
La fondation Terry Fox | La fondation Terry Fox


La lettre qu’il écrit à la Société canadienne du cancer illustre la raison d’être de son Marathon de l’espoir :

La nuit précédant mon amputation, mon ancien entraîneur de basket-ball m’apporta un magazine comportant un article au sujet d’un amputé qui avait couru le Marathon de New York. C’est à ce moment que j’ai décidé de relever le nouveau défi qui se présentait à moi et non seulement en acceptant mon handicap, mais également en le conquérant de telle sorte que je ne regarde jamais en arrière et dise que cela m’a handicapé.
Mais je réalisais bientôt que cela ne serait que la moitié de mon défi, car tandis que je traversais 16 mois d’épuisement physique et émotionnel, je prenais brutalement conscience de toutes les émotions qui règnent dans le service de cancérologie de l’hôpital. Il y avait des visages qui arboraient de courageux sourires et d’autres qui les avaient déjà abandonnés. Il y avait ceux que le déni remplissait d’espoir et d’autres, désespérés. Ma quête ne serait pas une quête égoïste. Je ne pouvais quitter cet endroit en sachant que ces visages et ces émotions continuaient d’exister même si j’étais, moi, guéri.
Un moment donné, la souffrance doit cesser… et j’étais déterminé à aller jusqu’au bout de moi-même pour défendre cette cause.
… D’ici avril prochain je serai prêt à accomplir une chose qui jusqu’à présent n’était pour moi qu’un rêve lointain réservé au monde des miracles – courir à travers le Canada pour amasser des fonds afin de vaincre le cancer.
Je courrai, même si je dois effectuer les derniers kilomètres en rampant.
Nous avons besoin de votre aide. Les personnes atteintes de cancer dans les hôpitaux partout dans le monde ont besoin de gens qui croient aux miracles.
Je ne suis pas un rêveur, et je ne prétends pas que cela entraînera une réponse ou un remède définitif pour guérir du cancer. Mais je crois aux miracles. Il le faut.
Terry Fox, octobre 1979

Terry Fox

Terry Fox courant au cours de son Marathon de l'espoir.
(avec la permission de la Presse canadienne)


Marathon de l’espoir

Terry Fox amorce son Marathon de l’espoir le 12 avril 1980 en trempant sa jambe artificielle dans l’océan Atlantique près de St. John’s, à  Terre-Neuve. Son aventure pancanadienne commence dans le froid et l’humidité.

Il parcourt quelque 42 km (environ un marathon) par jour en traversant les  provinces atlantiques, le Québec  et l’ Ontario. Il reçoit l’aide de son ami de toujours, Doug Alward, qui l’accompagne en camionnette tout au long de son trajet, et de son frère Darrell, qui les rejoint au Nouveau-Brunswick. Par moments, la tension monte entre Fox et Alward; Darrell réussit toutefois la plupart du temps à ramener la bonne humeur au sein du groupe.

Au début, l’exploit de Terry Fox bénéficie seulement d’une faible couverture médiatique, mais certaines collectivités terre-neuviennes comme Grand Falls et  Bishop’s Falls lui viennent en appui. Terry Fox a d’abord droit à un accueil plutôt froid en Nouvelle-Écosse, où peu de gens semblent avoir entendu parler de son Marathon de l’espoir. À en croire le journal de Fox, l’Île-du-Prince-Édouard fait preuve de beaucoup plus d’enthousiasme. Une autre déception attend cependant l’athlète : rien n’a été prévu pour son Marathon à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Alward et lui décident néanmoins de traverser la ville. Une fois au Québec, Fox et son équipe font face à une population mal informée au sujet de la course; ils n’amasseront là-bas que très peu de fonds.

Terry Fox et le premier ministre Pierre Trudeau

Terry Fox rencontre le premier ministre Pierre Trudeau le 2 juillet 1980. Terry montre comment sa jambe artificielle fonctionne.
La Presse canadienne / 789789 | La Presse canadienne / 789789


La situation change du tout au tout grâce aux efforts déployés par l’homme d’affaires Isadore Sharp, Bill Vigars de la division ontarienne de la Société canadienne du cancer et la journaliste Leslie Scrivener du Toronto Star. Leslie Scrivener rédige une chronique hebdomadaire sur la progression de Fox dans son Marathon de l’espoir. Plus tard, elle écrira également la biographie de l’athlète.

À son arrivée en Ontario, Terry Fox est une vedette nationale célébrée par des milliers de personnes lors d’événements organisés par la Société canadienne du cancer. Il rencontre le premier ministre Pierre Trudeau, l’actrice britannique Maggie Smith et les vedettes de la LNHBobby Orr  et Darryl Sittler. Ce dernier lui offre son chandail de l’équipe d’étoiles de la LNH de 1980. Malgré la foule toujours présente sur son passage, il est plus sécuritaire pour Terry Fox de courir en Ontario que dans les provinces atlantiques ou au Québec, où des voitures et des camions l’ont évité de justesse à plusieurs reprises sur la route. En Ontario, il est escorté par la Police provinciale.

Le 1er septembre 1980, arrivé près de Thunder Bay, en Ontario, Terry Fox doit arrêter sa course, car le cancer a atteint ses poumons. Jusque-là, il a couru pendant 143 jours sur une distance de 5 373 km, soit l’équivalent de plus de 128 marathons. Bien qu’il promette de terminer sa course à travers le Canada, Fox n’est pas en mesure de retourner sur la route. Il meurt moins d’un an plus tard à l’hôpital Royal Columbian de New Westminster, en  Colombie-Britannique, un mois avant son 23e anniversaire.

Terry Fox transporté par avion de Thunder Bay

La mère et le père de Terry Fox échangent une accolade avec l’ami de Terry, Bill Vigars, de la Société canadienne du cancer, tandis que des ambulanciers emmènent Terry vers l’avion qui va le transporter jusqu’en Colombie-Britannique. Photographie prise le 2 septembre 1980 par David Cooper.
La Presse canadienne / David Cooper | La Presse canadienne / David Cooper


Après le Marathon de l’espoir

Au moment où il arrête sa course, Terry Fox a galvanisé tout le pays par ses efforts. Le 7 septembre 1980, La CTV diffuse un téléthon qui permet de récolter 6,5 millions de dollars en cinq heures, portant à 10 millions de dollars le montant total recueilli par le Marathon de l’espoir. Moins de deux semaines plus tard, Terry Fox devient la plus jeune personne à être nommée compagnon de l’Ordre du Canada, plus haute distinction civile du pays. Il est également intégré à l’Ordre du cornouiller (précurseur de l’Ordre de la Colombie-Britannique), plus haute distinction civile de la province. En décembre, il est nommé « Personnalité de l’année » par la presse canadienne et remporte le trophée Lou-Marsh de l’athlète canadien de l’année.

Le 1er février 1981, Terry Fox atteint son objectif de récolter un dollar par personne au Canada lorsque les dons atteignent 24,17 millions de dollars (la population du Canada est alors d’environ 24,1 millions d’habitants). En début juin, l’Université Simon Fraser décerne à Terry Fox la première médaille d’or Terry Fox. Cette médaille est décernée chaque année à « un étudiant de la SFU qui a fait preuve de courage face à l’adversité et qui possède les qualités d’un modèle ».

Après des mois de traitements contre le cancer, Terry Fox contracte une pneumonie en juin 1981 et tombe dans le coma le 27 juin. Il décède à l’hôpital Royal Columbian de New Westminster à 4 h 35 du matin le 18 juin, un mois avant son 23e anniversaire. Les drapeaux de tout le pays sont mis en berne. S’adressant à la Chambre des communes ce jour-là, le premier ministre Pierre Trudeau déclare : « Il est très rare dans la vie d’une nation que l’esprit courageux d’une personne unisse tous les peuples dans la célébration de sa vie et dans le deuil de sa mort ». Trudeau exprime aussi, au nom de tous les Canadiens, « notre profonde gratitude pour le cadeau que Terry nous a fait à tous, le cadeau de son propre courage et de son espoir sans limites ».

Honneurs

Terry Fox a reçu de nombreux autres honneurs après sa mort. Au cours de l’été 1981, le gouvernement fédéral crée une dotation de 5 millions de dollars au nom de Terry Fox afin d’offrir des bourses d’études à de jeunes Canadiens, et le Panthéon des sports canadiens l’intronise à titre posthume dans la catégorie des membres honoraires. La presse canadienne nomme Terry Fox « personnalité de l’année » pour la deuxième année consécutive, et en avril 1982, Postes Canada lance un timbre son honneur, renonçant à sa règle qui veut qu’on attende au moins dix ans après le décès d’une personne avant de lui rendre cet hommage. En juin 1982, un monument comprenant une statue de bronze de 2,7 m de Terry Fox est inaugurée près de l’endroit où il a terminé son Marathon de l’espoir, en dehors de Thunder Bay.

Un grand nombre d’écoles, de bâtiments, de routes et de parcs dans tout le pays sont nommés en l’honneur de Terry Fox, y compris un parc provincial et une montagne en Colombie-Britannique. La Colombie-Britannique, le Manitoba et l’Ontario ont tous déclaré une journée annuelle Terry Fox en son honneur. Lors de la fête du Canada en 1999, Terry Fox est nommé le plus grand héros du Canada dans le cadre d’un sondage national et en 2004, il est classé deuxième après Tommy Douglas dans l’émission The Greatest Canadian diffusée à la CBC. En avril 2005, la Monnaie royale canadienne émet une pièce commémorative d’un dollar pour marquer le 25e anniversaire du début du Marathon de l’espoir.

Lors des Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver, la mère de Terry, Betty Fox, est l’un des huit porteurs du drapeau olympique lors des cérémonies d’ouverture. Le Comité organisateur des Jeux olympiques de Vancouver remet également à la patineuse artistique Joannie Rochette et à la skieuse de fond Petra Majdic le prix Terry Fox, pour « avoir fait preuve de détermination et d’humilité face aux obstacles ».

En 2012, Terry Fox est intronisé au Temple de la renommée médicale canadienne dans la catégorie Bâtisseur pour ses efforts de collecte de fonds pour la recherche sur le cancer. Une statue de bronze commémorant le moment où Terry Fox a trempé sa jambe dans l’océan à St. John’s, Terre-Neuve, est également dévoilée près de l’endroit exact où cela s’est produit. En 2013, Terre Fox est intronisé à titre posthume sur l’Allée des célébrités canadiennes à Toronto. En 2015, le Musée canadien d’histoire lance une exposition sur le Marathon de l’espoir, intitulé « Courir au cœur du Canada ». L’exposition part en tournée partout au pays jusqu’en 2019.

Terry Fox

Avec la permission de la Fondation Terry Fox.
La fondation Terry Fox | La fondation Terry Fox


Ascendance métisse

Terry Fox a de l’ascendance métisse du côté maternel. Betty Fox (née Wark) est la fille de John Wark et Marian Gladue dont l’arrière-grand-mère, Madeleine Poitras, est métisse. Marian Gladue hésite cependant à parler de cet aspect de ses origines; la famille ne découvre son héritage métis qu’après sa mort en 2001. Depuis, plusieurs membres de la famille affichent fièrement leurs origines, notamment Darrell, le frère de Terry. La Nation des Métis de la Colombie-Britannique (NMCB) confirme son statut ainsi que celui de sa fille Alexandra. En 2014, la NMCB décerne, à titre posthume, l’Ordre de la ceinture fléchée à Terry Fox, « en reconnaissance de sa contribution et du sacrifice qu’il a fait pour notre nation, et du don de soi dont il a fait preuve au nom de la bonté humaine.

Héritage

L’histoire de Terry Fox fait l’objet de nombreux livres, des téléfilms The Terry Fox Story (1983, récompensé d’un prix Génie) et Terry (2005), et du Minute du patrimoine. Le documentaire Into the Wind (2010), diffusé sur les ondes d’ESPN, est coréalisé par la vedette de la NBA Steve Nash, qui a appelé Terry Fox son héros personnel.

L’objectif de Terry Fox d’amasser un dollar par Canadien, soit environ 24 millions de dollars, est atteint le 1er février 1981. Depuis, la collecte de fonds en son nom continue. Son courage et sa détermination en ont inspiré plus d’un, dont Steve FonyoRick Hansen  et Isadore Sharp, qui met sur pied la première Journée Terry Fox en 1981. Des millions de personnes au Canada et autour du monde participent chaque année à la Journée Terry Fox. La Fondation Terry Fox, qui est gérée par la famille de Terry Fox et organise la course annuelle, a recueilli à ce jour plus de 800 millions de dollars pour la recherche sur le cancer. En 2007, l’Institut de recherche Terry Fox, qui « investit dans des équipes et des partenariats de recherche de classe mondiale sur le cancer », est inauguré à Vancouver.

Voir aussi Le courage de Terry Fox Terry Fox et le développement des prothèses pour la course à pied, et L’exposition Terry Fox.

Prix et distinctions

  • Compagnon de l’Ordre du Canada (1980) 
  • Membre de l’Ordre de cornouiller (1980)
  • Trophée Lou-Marsh (1980) 
  • Personnalité canadienne de l’année, Presse canadienne (1980 et 1981)
  • Intronisé, Panthéon des sports canadiens (1981) 
  • Déclaré « personne d’importance historique nationale » par le gouvernement du Canada (2009)
  • Intronisé, Temple de la renommée médicale canadienne (2012)
  • Intronisé, Allée des célébrités canadiennes (2013)
  • Ordre de la ceinture fléchée, Nation des Métis de la Colombie-Britannique (2014)



En savoir plus // Terry Fox

Lecture supplémentaire

  • Darrel Fox ed., Forever Terry: A Legacy in Letters (2020).
  • Maxine Trottier, Terry Fox: A Story of Hope (2005).
  • Leslie Scrivener, Terry Fox: His Story (1981).
  • Douglas Coupland, Terry: Terry Fox and His Marathon of Hope (2005).

Liens externes