Taschereau, Elzéar-Alexandre

Conseiller auprès des archevêques Pierre-Flavien Turgeon et Charles-François Baillargeon, théologien de ce dernier au premier concile du Vatican et vicaire général à partir de 1862, Taschereau est nommé archevêque de Québec en décembre 1870 et consacré le 19 mars 1871.

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Cardinal Elzéar-Alexandre Taschereau (avec la permission des Biblioth\u00e8que et Archives Canada/C-23565).

Taschereau, Elzéar-Alexandre

Elzéar-Alexandre Taschereau, archevêque catholique de Québec et premier cardinal canadien (Sainte-Marie-de-Beauce, Bas-Canada, 17 févr. 1820 -- Québec, 12 avril 1898). Son père, Jean-Thomas, descendant d'une grande famille seigneuriale de la Beauce, s'est lui-même distingué comme homme politique et par ses écrits contre le gouverneur James CRAIG, dans le journal Le Canadien. Sa mère, Marie Panet est la nièce de l'évêque Bernard-Claude Panet de Québec. Après des études brillantes et précoces au SÉMINAIRE DE QUÉBEC (1826-1836, 1837-1842), qu'il complète avec un doctorat en droit canonique à Rome, en 1856, Taschereau poursuit une double carrière dans l'enseignement et dans l'épiscopat. Au Séminaire de Québec, il occupe les postes d'enseignant, de directeur, de préfet des études et de supérieur. Il participe à la fondation de l'U. Laval en 1852 et est nommé recteur, de 1860 à 1866 et de 1869 à 1871, et il effectue plusieurs voyages à Rome pour défendre cette institution.

Conseiller auprès des archevêques Pierre-Flavien Turgeon et Charles-François Baillargeon, théologien de ce dernier au premier concile du Vatican et vicaire général à partir de 1862, Taschereau est nommé archevêque de Québec en décembre 1870 et consacré le 19 mars 1871. Il exerce rapidement toutes les prérogatives rattachées à sa position et s'oppose fermement aux ultramontains (voir ULTRAMONTANISME). À titre de dirigeant de divers groupes d'évêques suffragants, il a une approche modérée relativement aux grands débats sur le libéralisme catholique, sur l'influence excessive du clergé en politique, sur la réforme du Code civil et sur les relations entre l'Église et l'État. Parallèlement, il défend sans relâche le monopole de l'U. Laval de Québec contre les prétentions de Montréal et la protège contre ses adversaires, les évêques Ignace BOURGET et Louis-François LAFLÈCHE, plus spécialement. Grâce à son énergie et au réseau d'amis qu'il entretient à Rome, par l'intermédiaire de Benjamin Pâquet, représentant de l'archevêché, le Saint-Siège le soutient inconditionnellement, malgré les opinions contraires défendues par deux délégués apostoliques, George Conroy (1877-1878), et dom Henri Smeulders (1883-1884). À la demande pressante du gouvernement canadien, notamment, le pape Léon XIII nomme Taschereau cardinal le 7 juin 1886, un honneur qui lui vaut un prestige inégalé dans tout le pays. Il n'a guère le loisir de jouir de ce prestige, car la maladie le force à réduire ses activités, puis à céder sa place à Louis-Nazaire Bégin, coadjuteur nommé en 1891. D'une grande érudition et très talentueux, quoique taciturne, le cardinal Taschereau exerce une grande influence au sein de l'Église catholique (voir CATHOLICISME) au Québec et il permet d'éviter la confrontation entre l'Église et l'État, tout en renforçant sa vitalité et son pouvoir politique.


Lecture supplémentaire

  • Brian Young, Patrician Families and the Making of Québec. The Taschereaus and McCords (Montréal & Kingston: McGill-Queen’s University Press, 2014).