Stephen McNeil

Stephen McNeil, entrepreneur, homme politique, 28e premier ministre de la Nouvelle-Écosse de 2013 jusqu’à aujourd’hui (né le 10novembre 1964 à Halifax, en Nouvelle-Écosse). Les observateurs sont peu nombreux à avoir des attentes élevées vis-à-vis de Stephen McNeil, un modeste réparateur de réfrigérateurs, quand il est élu au Parlement de la Nouvelle-Écosse pour la première fois en 2003. Toutefois, il surprend les analystes politiques en devenant chef du Parti libéral et est élu premier ministre deux fois, obtenant un gouvernement majoritaire en 2013 et en 2017.



Stephen McNeil
Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, photographié en 2014.

Jeunesse et formation

Stephen McNeil naît dans une famille catholique pieuse et grandit dans le comté d’Annapolis en Nouvelle‑Écosse. Alors qu’il est âgé de huit ans, son père Burt décède soudainement. Sa mère Theresa se retrouve seule avec 17 enfants, dont 7 ont moins de 10 ans. Elle est obligée de travailler dans une usine d’élastiques et devient, quatre ans plus tard, la première femme shérif principal au Canada avec pour mission la sécurité des tribunaux et le transport des prisonniers en provenance et à destination des prisons.

Après avoir terminé l’école à Bridgetown, dans la vallée de l’Annapolis, Stephen McNeil suit des cours pour devenir réparateur de réfrigérateurs sur le campus Akerley du Nova Scotia Community College à Dartmouth. Il devient technicien en électroménager et, en 1988, ouvre une petite entreprise, McNeil Appliance Service, à Bridgetown.

La vallée de l'Annapolis
Une vue de la vallée de l'Annapolis en Nouvelle-Écosse.

Chef du Parti libéral

Lors de sa première tentative pour décrocher un mandat politique, Stephen McNeil est battu lors des élections provinciales de 1999, alors qu’il est le candidat libéral à Annapolis. Quatre ans plus tard, en 2003, il remporte cette circonscription et est réélu en 2006 ; toutefois, lors de ces deux élections, son parti termine à la troisième place. En 2006, le parti libéral ne remporte que 23 % des voix, son pire résultat jamais enregistré.

En avril 2007, Stephen McNeil est élu chef du Parti libéral, le cinquième des dix dernières années. Il nomme sa rivale dans la course à la chefferie, Diana Whalen, au poste de chef adjointe et s’attelle à la tâche de moderniser l’organisation du parti et l’appareil de collecte de fonds.

Stephen McNeil

En 2009, les libéraux de Stephen McNeil s’allient au NPD pour faire tomber le gouvernement progressiste‑conservateur minoritaire et forcer la tenue d’élections. Dans une campagne axée sur la gestion de l’économie par le gouvernement, le chef libéral promet des réductions de la fiscalité sur les carburants et des aides aux petites entreprises. Il conduit son parti à la deuxième place et devient le chef de l’opposition, bien que les libéraux n’aient que marginalement accru leur pourcentage de voix et leur nombre de sièges.

Chef de l’opposition

Stephen McNeil doit faire face à des difficultés au sein de son propre caucus. Avant que le parti ne vote, en 2010, sur son leadership, trois membres du caucus libéral qui compte dix députés, notamment la chef adjointe Diana Whalen, refusent de le soutenir. Une personne ayant accès à la liste des adhérents du parti fait circuler un courriel attaquant le chef. Diana Whalen se montre critique vis‑à‑vis des tentatives du parti pour déterminer la source de ce message. Toutefois, après avoir obtenu le soutien de 83 % des adhérents, le chef libéral consolide son leadership sur le parti et supprime le poste de chef adjoint.

De 2009 à 2013, le gouvernement NPD du premier ministre Darrell Dexter est confronté à deux défis, la flambée des prix de l’énergie et la morosité de l’économie. Dans un contexte de faible croissance économique et de chômage élevé, Darrell Dexter se montre incapable de tenir ses promesses de ne pas augmenter les impôts et d’équilibrer les budgets à partir de l’exercice 2010‑2011.

Élections de 2013

Lors de la campagne électorale de 2013, Stephen McNeil exploite la méfiance croissante de la population vis‑à‑vis du gouvernement. Il s’engage à réduire le niveau général des dépenses publiques, à augmenter les dépenses en matière d’éducation et à geler les impôts. Il promet de retrouver la maîtrise des tarifs de l’électricité en permettant aux entreprises privées de vendre directement de l’énergie aux consommateurs. De son côté, Darrell Dexter affirme qu’il réduira la taxe de vente harmonisée (TVH) à 13 %, revenant sur les 2 points de pourcentage d’augmentation décidés par son propre gouvernement néo-démocrate en 2010. Le chef libéral lui répond que son parti, de son côté, ne baisserait cette taxe qu’après avoir dégagé un excédent budgétaire.

Le 8 octobre, son chef conduit le Parti libéral à la victoire, décrochant la majorité au Parlement et formant le premier gouvernement libéral en Nouvelle‑Écosse depuis 14 ans. Les libéraux remportent 33 sièges, contre 11 pour les progressistes‑conservateurs et 7 pour le NPD.

Premier ministre

En tant que premier ministre, Stephen McNeil doit relever les mêmes défis de taille que ceux auxquels ont dû faire face ses prédécesseurs, à savoir trouver des solutions pour relancer l’économie de la Nouvelle‑Écosse et renverser la tendance à la baisse de la population de la province. Michelin, un employeur majeur localement, annonce son intention de licencier du personnel dans ses usines de pneus de Nouvelle‑Écosse. Parallèlement, le projet de gaz naturel en mer au large de l’île Sable, qui constitue une importante source de recettes pour le gouvernement, vit ses dernières années de production. Ces difficultés et d’autres défis économiques similaires constituent les premières mises à l’épreuve que subit le gouvernement de Stephen McNeil.

En 2014, Stephen McNeil présente des excuses officielles aux anciens résidents du Nova Scotia Home for Colored Children (« foyer pour enfants de couleur de la Nouvelle-Écosse ») pour les abus dont ils ont été victimes pendant 50 ans. L’année suivante, le gouvernement nomme une commission d’enquête sur le traitement des enfants à l’orphelinat et sur la question plus large du racisme systémique en Nouvelle-Écosse.

Au cours de son premier mandat, Stephen McNeil fait sa place en tant que conservateur inébranlable sur le plan fiscal, déterminé à présenter des budgets équilibrés face aux nombreux appels à une hausse des dépenses, particulièrement pour les travailleurs du secteur public. À deux reprises, son gouvernement impose des lois pour mettre fin aux interruptions de travail, forçant ainsi le personnel infirmier à retourner au travail en 2014 et mettant fin à une grève du zèle du personnel enseignant des écoles publiques en 2017. Ceci l’a aidé à balancer le budget avant 2017, mais la controverse sur la lutte du gouvernement contre les syndicats soulève des doutes quant à la capacité de Stephen McNeil à remporter une autre élection.

Élections de 2017

Lors des élections de mai 2017, Stepehn McNeil prouve le contraire, remportant une autre majorité (le premier gouvernement majoritaire consécutif en Nouvelle-Écosse en trente ans), malgré un caucus législatif réduit. Cette fois, les libéraux de Stephen McNeil remportent 27 des 51 sièges, contre 17 pour les progressistes-conservateurs et 7 pour les néo-démocrates (NPD).  

Le gouvernement est très actif au cours de son deuxième mandat. En réponse à la crise démographique imminente, le gouvernement recrute activement des immigrants, en accueillant un nombre record en 2019. Conséquemment, l’âge moyen en Nouvelle-Écosse commence à baisser. Pour faire face à la pénurie de professionnels de la santé, le gouvernement encourage particulièrement les médecins à immigrer dans la province. Pour faciliter leur recrutement et leur rétention, il négocie un accord lucratif avec les médecins, faisant d’eux les mieux payés des provinces de l’Atlantique. Des millions de dollars sont investis dans les hôpitaux et autres infrastructures de soins de santé.

Le gouvernement empêche également la société Northern Pulp de déverser ses effluents dans le Boat Harbour, près de la Première nation de Pictou Landing, ce qui force la société à fermer ses portes. Les commissions scolaires élues sont éliminées, remplacées par un conseil consultatif provincial nommé par le ministre de l’Éducation. Les tensions avec les syndicats du secteur public, toutefois, se poursuivent, et en 2019, les procureurs de la Couronne quittent leur poste. Les deux parties parviennent à un accord, mais seulement après que le gouvernement menace de les forcer à reprendre le travail. Ces mesures ont un effet transformateur, mais beaucoup d’entre elles sont également très controversées. À la fin 2019, les sondages montrent que Stephen McNeil est le premier ministre le moins populaire au Canada.