Stan Rogers

Stanley Allison Rogers, auteur-compositeur-interprète (né le 29 novembre 1949 à Hamilton, en Ontario; mort le 2 juin 1983 à Hebron, au Kentucky). L’un des meilleurs auteurs-compositeurs-interprètes du Canada, Stan Rogers était reconnu pour sa riche voix de baryton et ses chansons folks finement conçues, souvent écrites et interprétées dans un style traditionnel celtique. Il est possiblement plus connu pour son hymne a capella entraînant Northwest Passage. Soucieux des thèmes de l’honneur, de la loyauté et de l’espoir, Stan Rogers s’est inspiré des aspects historiques et poétiques de la réalité canadienne. De son vivant, sa musique n’a jamais été diffusée à grande échelle à la radio et elle est restée largement inconnue du grand public en dehors des cercles de musique folk. Sa légende a grandi après sa mort tragique dans un incendie d’avion en 1983. Il a été intronisé au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens en 2019.

Stanley Allison Rogers, auteur-compositeur-interprète (né le 29 novembre 1949 à Hamilton, en Ontario; mort le 2 juin 1983 à Hebron, au Kentucky). L’un des meilleurs auteurs-compositeurs-interprètes du Canada, Stan Rogers était reconnu pour sa riche voix de baryton et ses chansons folks finement conçues, souvent écrites et interprétées dans un style traditionnel celtique. Il est possiblement plus connu pour son hymne a capella entraînant Northwest Passage. Soucieux des thèmes de l’honneur, de la loyauté et de l’espoir, Stan Rogers s’est inspiré des aspects historiques et poétiques de la réalité canadienne. De son vivant, sa musique n’a jamais été diffusée à grande échelle à la radio et elle est restée largement inconnue du grand public en dehors des cercles de musique folk. Sa légende a grandi après sa mort tragique dans un incendie d’avion en 1983. Il a été intronisé au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens en 2019.


Rogers, Stan

Jeunesse

Né et élevé à Hamilton, Stan Rogers passe les étés de son enfance en Nouvelle-Écosse, principalement dans la ville natale de sa mère, à Canso. La culture musicale de cette région, des artistes country comme Hank Snow et Wilf Carter jusqu’à la musique traditionnelle pour violon, lui laisse une impression durable. Il démontre, dès son plus jeune âge, une oreille musicale et il apprend tout seul à jouer la guitare sur un instrument fait maison par son oncle, Lee Bushell. En 1963, alors âgé de 14 ans, Stan Rogers fait ses débuts professionnels au café Ebony Knight à Hamilton, en interprétant pour cinq dollars des chansons de la vedette américaine de country Jimmie Rodgers.

Début de carrière

Stan Rogers commence sa carrière professionnelle en 1969, en jouant dans les clubs et festivals folks de l’Ontario et des Maritimes. En 1970, alors qu’il est toujours à l’école des maîtres, il signe un contrat avec la maison RCA Canada et lance le simple Here’s to You, Santa Claus. Peu intéressé par la vision de RCA qui veut faire de lui la nouvelle attraction, une sorte de Burl Ives pour le Canada, Stan Rogers passe à autre chose. Il passe les années suivantes à se perfectionner et il fait partie, durant une courte période, du groupe de musique folk Cedar Lake, composé des musiciens Gord Lowe, Brent Titcomb, David Essig et de son ami et futur producteur, Paul Mills. Il joue également brièvement de la basse dans le groupe pop Tranquillity Bass, qui a lancé la carrière d’Ian Thomas.

Carrière discographique

Après un autre échec de contrat d’enregistrement, cette fois avec la maison de disque américaine Vanguard qui se spécialise dans la musique folk, Stan Rogers abandonne pratiquement l’idée de faire affaire avec les grandes maisons de disques. Il fait quelques enregistrements avec la radio CBC à Halifax et pour l’émission de radio de Sylvia Tyson « Touch the Earth ». Il apparaît également, au milieu des années 1970, dans les émissions télévisées de John Allan Cameron, Noel Harrison et Bob Ruzicka. En 1973, son frère Garnet (guitariste, violoniste et flûtiste) devient son principal accompagnateur, et en 1975, ils se produisent ensemble au Winnipeg Folk Festival. À cet endroit, Stan Rogers impressionne le directeur artistique du festival, Mitch Podolak. Stan Rogers enregistre ensuite des maquettes dans le studio du sous-sol du jeune Daniel Lanois. Ces chansons forment la base du premier album de Stan Rogers, Fogarty’s Cove (1976), publié sous l’étiquette indépendante de Mitch Podolak, Barn Swallow Records. L’album reflète les premières influences qu’ont eues les Maritimes sur le jeune Stan Rogers et comporte des chansons-signatures comme la chanson de bar Barrette’s Privateers, et la chanson d’amour Forty-Five Years.

L’album Fogarty’s Cove se vend bien, en grande partie lors des concerts de Stan Rogers, ainsi que par l’intermédiaire d’un service de vente par correspondance géré par ses parents. En 1978, les frères Rogers fondent la maison de disque indépendante Fogarty’s Cove Music. Celle-ci est dirigée par leur mère Valerie et lance également les albums de Grit Laskin, de Éritage et de The Friends of Fiddler’s Green.

Au cours de sa vie, Stan Rogers sort trois autres albums. L’album Turnaround (1977) reflète plutôt des influences contemporaines, en particulier les chansons de Joni Mitchell, et il comprend une ballade populaire intitulée The Jeannie C. L’album Between the Breaks... Live (1979) est enregistré au restaurant Groaning Board à Toronto. Cette captation en public capture l’énergie des performances de Stan Rogers et présente un nouveau classique à son répertoire, la chanson The Mary Ellen Carter. Son dernier album, Northwest Passage (1981), témoigne de la maturité de son écriture de chansons et voit son intérêt s’étendre au-delà de la culture des Maritimes. De nombreuses chansons, incluant The Idiot et Free in the Harbour, deviendront des incontournables des festivals folks, mais c’est la chanson-titre de l’album qui captive éventuellement l’imagination du public. Largement considérée comme l’une des meilleures chansons jamais produites au Canada, Northwest Passage est en quatrième place au classement des plus grandes chansons canadiennes de tous les temps de la série 50 Tracks : The Canadian Version de CBC Radio One en 2005. Cette chanson est d’ailleurs souvent reconnue comme étant l’hymne national non officiel du Canada.

Lors de tournées avec son frère Garnet et le bassiste Jim Morison, Stan Rogers remplit de grandes salles de la côte est canadienne, et il est en vedette dans les salles de concert folk à travers le Canada et les États-Unis. Après avoir gagné en popularité en Nouvelle-Angleterre, à Chicago et à Los Angeles, il semble être sur le point d’atteindre la célébrité, destiné à un grand succès que peu d’artistes folks connaissent.

Décès

Le 2 juin 1983, Stan Rogers rentre chez lui à bord du vol 797 d’Air Canada, suite à un spectacle qu’il a donné au Kerrville Folk Festival, près de San Antonio au Texas. Sur le trajet entre Dallas et Toronto, un incendie d’origine électrique se déclare à bord de l’avion, remplissant la cabine de fumée et faisant sauter les câbles électriques de l’appareil ainsi que les instruments du poste de pilotage. L’équipage effectue un atterrissage d’urgence à l’aéroport international de Cincinnati-Northern Kentucky à Hebron, au Kentucky. Quatre-vingt-dix secondes après le début de l’évacuation sur le tarmac, l’oxygène frais qui pénètre dans l’avion par les portes de sortie ouvertes provoque un incendie instantané qui se propage rapidement dans l’avion, tuant 23 des 41 passagers, dont Stan Rogers. Il était âgé de 33 ans.

Louanges et témoignages

Le monde de la musique folk est abasourdi par la nouvelle de la mort de Stan Rogers. Les hommages affluent rapidement. Peter Yarrow, musicien du groupe folk Peter, Paul and Mary, qualifie Stan Rogers de « talent extraordinaire comme nous n’en avons pas vu depuis Bob Dylan », tandis que Tom Paxton déclare que Stan Rogers « était au Canada ce que Woody Guthrie était aux États-Unis ». Pete Seeger, le père du renouveau de la musique folk américaine qualifie Stan Rogers comme étant l’un des « chanteurs-compositeurs les plus talentueux d’Amérique du Nord ».

Au pays, Stan Rogers obtient enfin l’importante reconnaissance qui lui avait fait échappé. En 1984, il reçoit sa première nomination pour le prix Juno du meilleur interprète de l’année, prix qui est finalement remporté par Bryan Adams. Cette même année, Stan Rogers reçoit également le Diplôme d’honneur de la Conférence canadienne des arts, la plus haute distinction accordée à un artiste au Canada.

Lancements d’albums posthumes

Au cours des mois qui suivent la mort de Stan Rogers, deux albums précédemment enregistrés sont lancés. Le premier est For the Family (1983), un album contenant des chansons folks traditionnelles et deux morceaux écrits par l’oncle de Stan, Lee Bushell. Enregistré au Grant Avenue Studio de Daniel Lanois à Hamilton, l’album est une commande de la maison de disque Folk Tradition. Le second, le dernier enregistrement en studio de Stan Rogers, From Fresh Water (1984), est souvent considéré comme son chef-d’œuvre. Ce recueil de chansons sur l’Ontario et ses lacs intérieurs représente le travail le plus ambitieux et le plus personnel de Stan Rogers, et il offre un parfait mélange des styles traditionnels et personnels du chanteur-compositeur. Les chansons Tiny Fish for Japan, Lock-Keeper et White Squall ont été largement reprises par d’autres artistes.

Durant les années suivantes, la maison de disque Fogarty’s Cove Music, dirigée par la veuve de Stan Rogers, Ariel, sort trois autres albums. Coproduit par la CBC, l’album Home in Halifax (1993) présente un enregistrement en direct d’un concert de 1982 au Rebecca Cohn Auditorium à Halifax. L’album, qui contient une sélection des meilleures œuvres de Stan Rogers ainsi que le bijou inédit enregistré antérieurement, Sailor’s Rest, vaut à Stan Rogers une deuxième nomination à titre posthume pour un prix Juno, cette fois pour le « Best Roots and Traditionnal Album (meilleur album de musique traditionnelle).

L’album Poetic Justice (1996) comprend deux pièces radiophoniques de la CBC, l’une s’inspirant d’une chanson de Stan Rogers, Harris and the Mare, l’autre étant une fantaisie des Maritimes écrite par Silver Donald Cameron, intitulée The Sisters. Les deux pièces sont produites par Bill Howell, collaborateur de longue date de Stan Rogers, et contiennent des chansons et partitions écrites et composées par ce dernier. L’album From Coffee House to Concert Hall (1999) est une collection de chansons rares et inédites. Quinze des chansons sont des chansons originales de Stan Rogers, et un certain nombre d’entre elles, Take it from Day to Day, Your “Laker’s” Back in Town, et plus particulièrement The Puddler’s Tale, font partie de ses meilleures œuvres. La dernière chanson de l’album, Down the Road, a été enregistrée cinq jours avant la mort de Stan Rogers.

Influence

Stan Rogers a profondément marqué la musique et la culture canadiennes. Il est l’un des premiers artistes à populariser la musique celtique traditionnelle, et il a contribué à ouvrir la voie à des groupes tels que Spirit of the West, The Rankins et Great Big SeaIl est également un pionnier de l’industrie de la musique, et son succès en tant qu’artiste indépendant a inspiré d’autres musiciens et a contribué au développement de la florissante scène musicale indépendante canadienne.

Legs

Toutefois, le plus grand impact que laisse Stan Rogers est en tant qu’auteur-compositeur. Des douzaines d’artistes du monde entier ont interprété sa musique, tandis que des chansons comme Barrett’s Privateers, The Mary Ellen Carter et Northwest Passage sont devenues des classiques du folk moderne. Bien que Stan Rogers ne soit encore que très peu diffusé à la radio en dehors des Maritimes et des ondes de la CBC, son œuvre s’est progressivement infiltrée dans la culture vernaculaire.

En 1989, la CBC diffuse un documentaire intitulé One Warm Line : The Legacy of Stan Rogers. Une biographie parue en 1993, An Unfinished Conversation, devient un best-seller national, et dix ans plus tard, une pétition en ligne réclamant que Stan Rogers soit intronisé au Panthéon de la musique, parrainée par le magazine culturel de Vancouver Geist, recueille 10 000 signatures en moins de quatre semaines. Stan Rogers fait l’objet d’un poème de Al Purdy, qui intitule, en 1993, son autobiographie Reaching for the Beaufort Sea, d’après une phrase de la chanson Northwest Passage, et il est également le sujet de deux albums-hommages parus sur la côte est au milieu des années 1990, mettant en vedette des artistes populaires tels The Rankins, The Irish Descendants et Matt Minglewood. Le Stan Rogers Folk Festival de Canso, la ville natale de sa mère en Nouvelle-Écosse, est fondé en son honneur en 1997.

Des phrases de sa chanson Northwest Passage sont fréquemment citées. En 1999, la gouverneure générale Adrienne Clarkson conclut son premier discours public par une citation de Stan Rogers sur le fait de tracer une “ligne chaleureuse à travers une terre si libre et si sauvage”. En 2013, un groupe de députés fédéraux néodémocrates se rassemble devant les édifices du Parlement et chante The Mary Ellen Carter pour célébrer le 30e anniversaire de la mort de Stan Rogers. Postes Canada émet un timbre commémoratif en l’honneur de Stan Rogers en juillet 2021.

Les analogies avec Bob Dylan et Woody Guthrie persistent, mais Stan Rogers défie toute comparaison. Il est un artiste unique en son genre, et son art ainsi que sa présence ont personnifié tout un pays, et ont élevé la notion abstraite de “culture canadienne” aux plus hauts niveaux de l’art.

Une version de cet article est parue initialement dans l’Encyclopédie de la musique au Canada.

Récompenses


Lecture supplémentaire

  • “Concert Pays Tribute to Stan Rogers,” The Record, 10 June 2013.

    Paul MacNeil’s Blog, peicanada.com, 3 March 2011.

Liens externes