Tsuut’ina (Sarsis)

Les Tsuut’ina (Sarsis) sont un peuple des Premières Nations athabascanes (ou déné) dont la réserve borde les limites sud-ouest de Calgary, en Alberta. On croit que le nom « Sarsi » vient d’un mot de la langue des Siksikáí’powahsin (Pieds-noirs) et qu’il signifie audace et robustesse. Le peuple Sarsi s’appelle Tsuut’ina (également Tsuu T’ina et Tsúùt'ínà) qui se traduit littéralement par « beaucoup de gens » ou « tous ceux (de la Nation) ».

Les Tsuut’ina (Sarsis) sont un peuple des Premières Nations athabascanes (ou déné) dont la réserve borde les limites sud-ouest de Calgary, en Alberta. On croit que le nom « Sarsi » vient d’un mot de la langue des Siksikáí’powahsin (Pieds-noirs) et qu’il signifie audace et robustesse. Le peuple Sarsi s’appelle Tsuut’ina (également Tsuu T’ina et Tsúùt'ínà) qui se traduit littéralement par « beaucoup de gens » ou « tous ceux (de la Nation) ».



Alex One Spot et sa sœur Linda de la Première Nation Tsuut’ina dans un tipi lors du Stampede de Calgary, Alberta (juillet 1945).

Territoire traditionnel

Selon la tradition orale, les Tsuut’ina se sont séparés d’une nation du nord, probablement les Dane-zaa, et se sont installés dans les plaines, où ils ont maintenu des contacts étroits avec les Siksikas, les  Cris et les Stoneys . Leur acculturation à la culture des Plaines les distingue des autres groupes dénés du Nord, mais ils ont conservé leur langue, souvent appelée sarsi. (Voir aussi Peuples autochtones des Plaines au Canada.)  

De nos jours, le territoire des Tsuu’tina se trouve dans le sud de l’Alberta, en bordure des limites sud-ouest de la ville de Calgary. En 1877, le dirigeant bien connu, le chef Bull Head signe à contrecœur le Traité n° 7, qui crée la réserve de 280 km2 où habitent maintenant les Tsuut’ina.

Territoire traditionel des Tsuut'ina.
(avec la permission de Victor Temprano/Native-Land.ca)

Vie traditionnelle

Avant d’habiter sur la réserve, les Tsuut’ina campent dans des tipis et chassent en bordure de la forêt durant l’hiver. Pendant l’été, toutes les bandes se réunissent dans la prairie pour chasser le bison, cueillir des baies et participer à des cérémonies, des danses et des festivals (voir aussi Chasse au bison et  Danse du soleil).

Lorsque l’anthropologue Diamond Jenness visite la réserve des Tsuu’tina en 1921, la nation est constituée de cinq bandes : Big Plumes, Crow Childs, Crow Chiefs, Old Sarcees et Many Horses. Avant leur confinement dans la réserve, chaque bande était dirigée par un chef. Aujourd’hui, la bande est dirigée par un chef élu et des conseillers. (Voir aussi Premières Nations.)

Langue

La langue tsuut’ina (souvent appelée sarsi) est la langue athabascane du nord du Canada. (Voir aussi Langues autochtones au Canada.) Elle est considérée comme étant en voie de disparition ; selon le recensement de 2016 de Statistique Canada, environ 150 personnes seulement ont déclaré avoir une connaissance du sarsi. Divers établissements et programmes communautaires travaillent à préserver et à protéger cette langue. En 2011, l’Université de Calgary développe un programme en collaboration avec le Tsuu T’ina Gunaha Institute afin d’aider à restaurer la langue.

Population

De 1857 à 1860, l’explorateur capitaine John Palliser estime la population des Tsuut’ina à 1 400 personnes lors de son expédition scientifique dans l’Ouest canadien. Les épidémies de variole (1837), de scarlatine (1864) et autres maladies, ainsi plus que les guerres, réduisent leur population à 450 au moment où ils s’installent sur la réserve en 1881. En 1924, la population des Tsuu’tina ne compte que 160 personnes.

Selon Statistique Canada, entre les années 1996 et 2006, la population autochtone du Canada augmente de 45 % approximativement. Ce taux de croissance plus élevé peut être causé par des taux de fécondité plus élevés et par le fait que de plus en plus de gens s’identifient comme Autochtones. En 2020, le gouvernement du Canada compte 2439 membres inscrits de la nation des Tsuu’tina.

Histoire

Avec la colonisation et l’augmentation de l’établissement des blancs, les modes de vie traditionnels des Tsuu’tina sont à jamais changés. Le 22 septembre 1877, les Tsuu’tina et quelques autres nations autochtones signent le Traité no 7, qui établit diverses réserves. À cette époque, les millions de bisons qui avaient jadis parcouru les plaines, et sur lesquels les différentes nations autochtones comptaient pour se nourrir, ont disparu. Pour un peuple autochtone comme les Tsuu’tina, les traités offrent une manière de survivre ; pour le gouvernement canadien, les traités sont une manière de favoriser l’établissement et l’expansion vers l’ouest. (Voir aussi Traités numérotés et Réserves en Alberta.)

Comme de nombreux autres peuples autochtones du Canada, les Tsuu’tina ont vu leur société et leur culture menacées par les politiques coloniales et les pratiques d’assimilation, comme la Loi sur les Indiens, les pensionnats indiens et le système de laissez-passer. Ces menaces ont eu des impacts historiques et continus sur des générations de peuples autochtones. Les rapports finaux de la Commission de vérité et réconciliation du Canada et de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles disparues et assassinées démontrent un travail persistant de réconciliation.

Le saviez-vous ?
Le chef David Crowchild a été un leader distingué des Tsuut’ina (né le 12 avril 1899; décédé le 10 avril 1982). Il est devenu chef en 1946 et a créé une école et une ferme appartenant à la bande, sur la réserve .

Culture et croyances

Historiquement, les Tsuut’ina croient en un pouvoir surnaturel qui peut être obtenu par une vision ou par un rêve, et ils l’enchâssent dans la peinture d’un tipi ou un objet médicinal comme un ballot en peau de castor ou un calumet du guérisseur. (Voir aussi Bourses sacrées. ) La quête du pouvoir surnaturel et l’atteinte de certains traits de caractère, comme la bravoure pour les hommes et la chasteté pour les femmes, sont très valorisées. (Voir aussi Quêtes de vision.) Dans la culture traditionnelle des Tsuut’ina, les mariages sont en général arrangés par la famille et les cadeaux échangés dénotent le statut de la famille.

Ces dernières années, on trouve beaucoup de Tsuut’ina catholiques ou anglicans, mais ils observent les fêtes et les rituels traditionnels et culturels, comme la cérémonie du ballot en peau de castor, la cérémonie « Medecine Pipe », le « Rock Pile Feast » et le pow-wow de Noël pendant l’hiver. (Voir aussi Les pow-wow au Canada.) Leur événement annuel de monte sur taureau, qui se tient lors de la Journée nationale des peuples autochtones, attire des gens de tout le continent, et leur participation est devenue une partie intégrante du Stampede de Calgary.

Les Tsuut’ina organisent également des célébrations annuelles, notamment un rodéo, de jeux de mains (voir aussi Jeux dénés), et un tournoi de golf.

Vie contemporaine

Aujourd’hui, les Tsuut’ina sont actifs dans des secteurs économiques modernes, comme l’élevage de bétail et l’immobilier, mais ils s’efforcent de faire revivre la culture et le mode de vie traditionnels.

Il existe également des écoles gérées par des bandes sur la réserve que la plupart des enfants fréquentent, bien que d’autres enfants vont à l’école publique ou dans des écoles séparées de Calgary. (Voir aussi Éducation des Autochtones au Canada.) 

En 2020, Costco ouvre un nouveau magasin sur le territoire des Tsuut’ina. Il est le premier magasin Costco ouvert sur un territoire des Premières Nations en Amérique du Nord.


Guide pédagogique perspectives autochtones

Collection des peuples autochtones

Liens externes

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