Le SRAS au Canada

En 2003, le Canada a connu une épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). La plupart des infections se sont produites dans les hôpitaux de Toronto. Cette épidémie a mené à la mise en quarantaine de milliers de personnes, a entraîné 44 décès, et a eu un impact économique négatif sur la ville de Toronto. Elle a également révélé que le système de soins de santé canadien était mal préparé pour des crises de la sorte. La confusion entourant le SRAS a alimenté une montée du racisme anti-asiatique et du sentiment anti-immigration.

Cliquez ici pour consulter la définition des termes clés utilisés dans cet article.

En 2003, le Canada a connu une épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). La plupart des infections se sont produites dans les hôpitaux de Toronto. Cette épidémie a mené à la mise en quarantaine de milliers de personnes, a entraîné 44 décès, et a eu un impact économique négatif sur la ville de Toronto. Elle a également révélé que le système de soins de santé canadien était mal préparé pour des crises de la sorte. La confusion entourant le SRAS a alimenté une montée du racisme anti-asiatique et du sentiment anti-immigration. Cliquez ici pour consulter la définition des termes clés utilisés dans cet article.
Virus du SRAS

Qu’est-ce que le SRAS?

Le SRAS est une maladie infectieuse causée par un coronavirus (SARS-CoV). Les coronavirus, ainsi nommés en raison de la couronne ou du halo qui les entoure, provoquent généralement des maladies bénignes telles que le rhume. Le coronavirus qui cause le SRAS est cependant plus virulent, ce qui signifie qu’il est meilleur pour vaincre les défenses de l’organisme. Il était inconnu jusqu’à l’épidémie mondiale de la maladie en 2002-2003.

Le premier symptôme du SRAS consiste en une forte fièvre (température corporelle supérieure à 38 °C). Les personnes infectées peuvent également souffrir de maux de tête, de douleurs musculaires, d’essoufflement, d’une toux sèche et de diarrhée. Étant donné que ses symptômes sont identiques à d’autres infections respiratoires telles que la grippe, le SRAS est difficile à diagnostiquer. Un test de diagnostic rapide n’est pas disponible de sorte que les médecins doivent évaluer les cas possibles par la combinaison d’une forte fièvre et d’autres symptômes. Les radiographies pulmonaires peuvent montrer une détresse respiratoire, qui est un symptôme compatible avec une infection par le SRAS.

Comment le SRAS est-il traité?

Il n’existe aucun traitement spécifique pour le virus du SRAS. Les personnes infectées sont traitées de la même manière que les patients atteints de pneumonie virale. Dans certains cas, le SRAS peut être mortel. Il n’existe actuellement aucun remède ni vaccin sûr et efficace contre le SRAS, mais les scientifiques testent des médicaments antiviraux comme traitement possible, et travaillent à développer un vaccin.

Comment le SRAS se propage-t-il?

Le virus du SRAS se propage dans les gouttelettes des éternuements et de la toux des personnes infectées qui sont en contact étroit avec une autre personne. Un contact étroit signifie le fait de vivre avec une personne infectée, de s’en occuper, ou d’être en contact physique avec elle. Le virus pourrait également se propager par d’autres moyens qui ne sont actuellement pas connus. La période d’incubation, c’est-à-dire la durée entre l’exposition au virus et l’apparition des premiers symptômes, est généralement de deux à sept jours, mais peut aller jusqu’à 14 jours dans certains cas. On pense que le SRAS n’est contagieux qu’à partir de l’apparition des symptômes.

L’origine du virus du SRAS n’est pas claire. Les scientifiques de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont toutefois suggéré que la civette (animal de la famille des mangoustes dont la viande est prisée dans certaines régions de Chine) pourrait être porteuse du virus.

L’épidémie mondiale de SRAS de 2002-2003

Le premier cas de SRAS est signalé en Chine en novembre 2002. Le virus se propage ensuite dans plus de 20 pays, dont le Canada. La facilité des voyages internationaux contribue à la propagation de cette maladie infectieuse alors inconnue. On déclare la transmission du SRAS entre humains terminée en juillet 2003. Selon l’OMS, au cours de la durée de l’épidémie, du 1er novembre 2002 au 31 juillet 2003, 8 096 personnes sont infectées, dont 774 en meurent.

L’épidémie au Canada

Bien que des cas suspectés soient signalés partout au Canada, l’épidémie se concentre surtout à Toronto. En février 2003, une femme âgée voyage de Hong Kong à Toronto, étant infectée sans le savoir. Elle meurt chez elle. Son fils contracte la maladie et infecte à son tour d’autres patients à l’hôpital où il est traité avant de mourir. Ceci marque la première vague de cas de SRAS à Toronto, qui est suivie d’une seconde à la fin mai.

L’épidémie est principalement contenue dans les hôpitaux, où les travailleurs de la santé, les personnes âgées, et les personnes déjà malades sont les plus à risque. L’épidémie de SRAS met à nu un système de soins de santé mal préparé aux épidémies et aux crises de santé publique.

Fin avril 2003, l’OMS émet un avis déconseillant tout voyage non essentiel à Toronto. Les responsables gouvernementaux et les experts critiquent cette décision, la jugeant inutile à un moment où l’épidémie diminue. L’OMS lève l’avis après un peu plus d’une semaine.

Durant l’épidémie, des milliers de Canadiens sont mis en quarantaine. Un bon nombre se mettent volontairement en quarantaine à domicile. Les aéroports de Toronto et de Vancouver contrôlent les voyageurs en cas de forte fièvre. Au total, on dénombre 438 cas probables de SRAS au Canada, dont 44 décès.

Le SRAS dans les médias

Tout au long de l’épidémie du SRAS, les services de santé à tous les niveaux du gouvernement publient régulièrement des mises à jour en ligne. Les responsables de la santé publique deviennent la voix dominante dans les conférences de presse quotidiennes et la couverture médiatique. Étant donné que l’épidémie a précédé l’utilisation générale des médias sociaux, les responsables se servent des médias traditionnels pour informer le public.

La couverture médiatique augmente à chaque vague de l’épidémie à Toronto, ainsi que tout juste après les recommandations de l’OMS aux voyageurs. Les principaux journaux canadiens publient chacun jusqu’à 25 articles par jour sur le SRAS, soit trois à quatre fois leur couverture quotidienne moyenne de la maladie en dehors de ces périodes.


Au fur et à mesure que l’épidémie se poursuit, la voix des travailleurs de la santé de première ligne devient plus dominante dans les médias. Les politiciens et les gens d’affaires attirent également l’attention des médias après les recommandations de l’OMS pour les voyageurs.

Des études universitaires portant sur la couverture médiatique pendant l’épidémie de SRAS au Canada concluent que celle-ci était excessive, sensationnaliste, et parfois inexacte. De plus, les agences de santé du gouvernement sont critiquées pour leur manque de messages unifiés et de stratégies de communication, ce qui a semé la confusion et la panique au sujet de la maladie.

Le saviez-vous?
Le groupe britannique The Rolling Stones a été la tête d’affiche d’un concert-bénéfice organisé à Toronto en réponse au bilan économique de l’épidémie sur la ville. Surnommé « SARSStock » ou encore « SARS-a-palooza », le concert a eu lieu le 30 juillet 2003. Il a attiré une foule estimée entre 450 000 et 500 000 personnes. Les groupes et artistes Rush, The Guess Who, AC/DC, ainsi que Justin Timberlake s’y sont produit.


Racisme anti-asiatique

L’augmentation du sentiment anti-asiatique est une autre conséquence de la couverture médiatique entourant le SRAS (voir Racisme anti-asiatique au Canada). Les reportages présentent souvent des Asiatiques portant des masques chirurgicaux. Ces images deviennent des synonymes de la maladie. Bien que ces photos soient prises à l’étranger, elles sont parfois associées à la couverture locale. Certains reportages relient également la maladie à ses origines asiatiques, et ils dénotent l’origine ethnique de certains des patients canadiens atteints du SRAS. Le SRAS lui-même est décrit comme étant « effrayant », « mystérieux » et « exotique ».

En conséquence, les personnes d’origine asiatique vivant au Canada sont implicitement présentées comme étant un groupe à risque pour le SRAS. Au cours de l’épidémie, des cas de discrimination et d’ostracisme visant des écoliers, des locataires, des aidants familiaux, et des usagers de transports en commun d’origine asiatique sont signalés. Certaines entreprises appartenant à des Asiatiques sont également ostracisées.

Une clinique d’aide juridique de Toronto dépose une plainte officielle contre la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) à propos de représentants des demandeurs d’asile asiatiques qui portent des masques chirurgicaux lors des audiences de ces derniers. Ces demandeurs d’asile ne sont pas arrivés au Canada récemment. Ces mêmes demandeurs auraient également été soumis à un dépistage du SRAS avant leur audience. La CISR met fin à ces pratiques à la suite de cette plainte. (Voir aussi Racisme.)

Importance et héritage

La crise du SRAS incite les gouvernements du Canada à examiner leur réponse en matière de santé publique et à prendre de nouvelles mesures pour contrôler les pandémies (voir Santé publique). En mai 2003, Santé Canada met sur pied le Comité consultatif national sur le SRAS et la Santé publique. En octobre de la même année, le comité publie le rapport « Leçons de la crise du SRAS ». En se basant en partie sur les recommandations du rapport, le gouvernement fédéral crée l’Agence de la santé publique du Canada en 2004. L’Ontario lance sa propre commission en 2003 pour enquêter sur la crise du SRAS. Cette enquête mène également à la création d’une nouvelle agence de santé publique, Santé publique Ontario, qui ouvre ses portes en 2008.

Au début de l’année 2004, la Chine signale une autre épidémie de SRAS qui est contenue dans le pays. Depuis 2004, il n’y a eu aucun cas connu de SRAS au Canada ou dans le monde.

En décembre 2019, un nouveau coronavirus, SARS-CoV-2, est identifié à Wuhan, en Chine. L’OMS annonce « COVID-19 » comme étant le nom de la maladie le 11 février 2020. Le 11 mars 2020, l’OMS déclare COVID-19 comme étant une pandémie mondiale avec 118 000 cas du virus signalés dans 114 pays. Au 15 mars 2020, le Canada a déjà signalé 317 cas de COVID-19, dont un décès (voir Pandémie de COVID-19 au Canada). En date du mois de septembre 2022, la pandémie de COVID-19 a causé plus de 612 millions de cas confirmés, et 6,5 millions de décès dans le monde, dont plus de 4,2 millions de cas au Canada et 44 992 décès.

Termes clés

Épidémie

Propagation généralisée d’une maladie infectieuse au sein d’une population à un moment donné.

Pandémie

Propagation d’une maladie infectieuse, généralement causée par un nouveau virus ou une nouvelle bactérie, affectant une large proportion de la population dans plusieurs pays ou dans le monde entier.

Santé publique

Services de santé, généralement de type préventif, fournis par un gouvernement afin d’améliorer la santé de ses citoyens au niveau de la population.

Quarantaine

Séparation d’une personne ou d’un groupe de personnes d’une population environnante, et restriction de leurs mouvements, afin d’empêcher l’introduction et la propagation d’une maladie.

Vaccin

Préparation composée de bactéries ou de virus tués ou affaiblis, ou de leurs antigènes spécifiques, qui stimulent l’organisme qui y est exposé afin de développer une immunité contre ces mêmes bactéries ou virus.

Virus

Organisme trop petit pour être vu par les microscopes typiques, qui peut se multiplier à l’intérieur des cellules de son hôte, causant habituellement une maladie.