Ostell, John




Ostell, John

 John Ostell, architecte et arpenteur (Londres, Angl., 7 août 1813 - Montréal, 6 avril 1892). Ostell, le plus important architecte de Montréal entre 1836 et 1859, a conçu la maison de la Douane, la place Royale, le McGill Arts Building, le palais épiscopal, le Grand Séminaire de Saint-Sulpice, le palais de justice et l'église Saint-Jacques.

On ne sait pas très bien ce qu'il en est de sa formation en architecture mais, peu après son arrivée à Montréal en 1834, Ostell reçoit son brevet de cléricature, ayant été apprenti auprès de l'arpenteur André Trudeau, afin d'apprendre l'arpentage dont la pratique au Québec est différente de celle de l'Angleterre. Il s'établit professionnellement et devient un membre actif de la communauté.

Le 8 janvier 1837, il épouse Éléonore Gauvin dont le frère, le docteur Alphonse Gauvin, est un chef de la rébellion de 1837 (voirRÉBELLIONS EN 1837). Bien qu'il soit anglican, la cérémonie du mariage a lieu dans une église catholique. Son mariage avec une femme d'une famille canadienne-française bien placée lui assure un point d'ancrage dans un monde essentiel à sa profession.

Contrairement à la plupart des autres architectes anglophones protestants, Ostell est à l'aise dans les cercles francophones catholiques. Il devient l'architecte du diocèse de Montréal qui est alors sous la juridiction du redoutable Mgr Ignace BOURGET. Entre 1836 et 1859, l'année où il abandonne la pratique de l'architecture pour se consacrer aux affaires, il conçoit plus d'une vingtaine de bâtiments municipaux et religieux, ce qui fait de lui le principal architecte anglophone de la ville.

Selon le critique Arthur Sandham, le palais de justice, sa dernière commande municipale importante, « se rattache au style d'architecture grec », et ses caractéristiques les plus remarquables sont « le grand portique ionique et l'audacieux fronton en saillie qui donne une noble allure à la portion centrale de la façade principale ». Sandham loue aussi le fait que le palais de justice n'a pas la « monotonie » qui marquait, selon lui, les édifices publics antérieurs de Montréal.

Ostell participe aussi à la vie politique et culturelle de Montréal. En 1840, il est nommé inspecteur de la voirie, responsable de la construction et de l'entretien des rues de la ville. Il est nommé arpenteur municipal en 1842 et il est arpenteur provincial entre 1848 et 1851. En tant qu'arpenteur municipal, il est membre de la Cité de Montréal, le principal organe administratif de la ville. En septembre 1843, il devient l'un des 40 juges de paix, une fonction qui lui fait rencontrer des hommes qui ont été ses clients à diverses époques de sa carrière d'architecte. Il devient membre de l'Institut des mécaniciens en 1845, l'année où il est nommé au conseil de la Natural History Society of Montréal. Son adhésion au St. James Club of Montreal dès 1857, l'année de sa création, le confirme en tant qu'associé respecté de l'élite du milieu des affaires de la ville.

En 1859, Ostell a déjà complètement abandonné la pratique de l'architecture pour se consacrer à l'entreprise de bois de sciage qu'il a lancée en 1853. La fabrique et le moulin à scie de l'écluse Saint-Gabriel du canal Lachine produisent des portes, des châssis et de la menuiserie pour exportation au Haut-Canada, aux États-Unis, en Australie et en Angleterre. Ostell travaille à l'expansion des chemins de fer dans les années 1860. Il est président du Montreal and Champlain Railroad (1859-1865). En 1861, il contribue, avec William Molson et d'autres, à la fondation du Montreal City Passenger Railway, un système de transport en commun hippomobile. À sa mort en 1892, un article nécrologique de La Patrie résume ainsi son importance : « Son décès est la disparition d'une grande figure de notre monde social et politique. »


Lecture supplémentaire

  • Ellen James, John Ostell (1985).