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Musique à Joliette

Ville située à 75 km au nord-est de Montréal, incorporée le 18 octobre 1863. En 1991, Joliette comptait environ 31 000 habitants. Dès 1850, les archives mentionnent la participation de la « Bande » du collège à l'arrivée du premier train du fondateur Barthélemy Joliette.

Joliette

Ville située à 75 km au nord-est de Montréal, incorporée le 18 octobre 1863. En 1991, Joliette comptait environ 31 000 habitants. Dès 1850, les archives mentionnent la participation de la « Bande » du collège à l'arrivée du premier train du fondateur Barthélemy Joliette. Ouvert en septembre 1846, le collège de Joliette dispensa dès lors l'enseignement du chant choral et une initiation à la musique instrumentale. En 1871, le frère Louis Vadboncoeur y fonda l'Harmonie tandis que le frère Étienne Desserres y établit un orchestre en 1896. On retrouve parmi les élèves des débuts de cette institution Ernest et Gustave Gagnon et Charles-Marie Panneton. La Congrégation de Notre-Dame ouvrit un couvent en 1875 où la musique fut aussitôt enseignée. Deux religieuses de cette communauté iront fonder en 1926 l'École normale de musique à Montréal. Joliette accueillit aussi des artistes tels que la toute jeune Emma Albani (1857), Calixa Lavallée et Frantz Jehin-Prume (1876). En 1892, on réunit des chanteurs pour former une « société philharmonique » qui, sous diverses appellations, relevait la solennité des fêtes. Certaines familles de musiciens ont marqué le XIXe siècle, dont la famille Beaudoin, Gaspard (père), Antonio et Hector. Soulignons également le rôle éducatif important joué par la famille Paul, Damis, Louis-Camille et Georges. Ce dernier (1845 - 1876), clerc de Saint-Viateur, est l'auteur de nombreuses oeuvres chorales et instrumentales, dont une Cantate à Barthélemy Joliette.

L'Harmonie de Joliette fut active de 1893 à 1901 sous la direction de Jean-Baptiste Lafrenière puis d'Adélard Ringuet. En 1901, ce dernier prit la direction de l'Union musicale fondée la même année. Émile Prévost la dirigea de 1907 à 1955, suivi de Paul Dionne, du père Rolland Brunelle et de Léo Ricard jusqu'à la cessation des activités vers 1975. Entre-temps s'étaient ajouté la Symphonie de Joliette (1910), fondée et dirigée par Prévost, et la Musique des Zouaves (1918), dirigée par Joseph-Albert Contant, frère d'Alexis Contant. L'Association des chanteurs (1925-38) permit de présenter un bon nombre d'opérettes et d'opéras-comiques qui ont mis en valeur les musiciens et chanteurs du temps, en particulier l'Orchestre Asselin, les solistes Eugénie Chevalier, Paul Courteau, Anita et Laurette Gravel, Aline Wodon, Estelle Masse, Mmes Jos. Désormeaux et Jos. Lafortune. Parmi les musiciens et professeurs de cette époque, mentionnons Mme D.C. Roberge, Alma Lavallée, Stéphanie Garceau, Thérèse Alarie, Élodie Paquette, J.-A. Contant, Maurice Ducharme et Thérèse Gadoury.

La construction d'une vaste salle académique en 1926 (auj. salle Rolland-Brunelle) favorisa encore plus le développement du théâtre et de la musique au collège de Joliette devenu séminaire. La pratique de ces arts atteignit une sorte d'apogée avec le spectacle commémorant le centenaire de l'arrivée des clercs de Saint-Viateur en 1947 : un théâtre en plein air, réalisation de l'architecte et peintre Willfrid Corbeil, des célébrations qui s'étendirent sur trois jours et la mobilisation de plus de 800 figurants et chanteurs en firent un événement artistique sans précédent à Joliette. Le drame biblique Jonathas, musique de Gabriel Cusson, fut présenté à cette occasion. L'OS du séminaire, formé de musiciens du collège et de la ville ainsi que de membres de la Symphonie de Montréal, avait déjà pris un essor particulier avec le passage du père Lucien Bellemare qui en dirigea la destinée de 1936 à 1939; il devait être maintenu et amplifié grâce au père Brunelle qui en devint le dir. en 1940. La fondation des Amis du séminaire (1944-56) et plus tard des JMC (1951 -) ont facilité la venue d'artistes canadiens et étrangers de qualité. Depuis 1965, le père Fernand Lindsay dirige les Chanteurs de la place Bourget qu'avait fondé René Martin en 1953. Les professeurs Jean Riddez, Lucien Bellemare, Wilfrid Corbeil, Étienne Marion et le père Brunelle ont contribué à la formation d'un grand nombre de chanteurs et de musiciens dont les familles Asselin, Brunelle, Dionne, Guérard et Desroches.

Plusieurs entreprises musicales dues à l'initiative du père Lindsay, auxquelles s'ajoute l'action éducative multiforme du père Brunelle, ont valu à la ville de Joliette le nom de « sol de musique ». Citons, en particulier, la création du Festival-concours (1962), du Camp musical de Lanaudière (1967), de l'OS des jeunes de Joliette (1971), de l'École de musique du Centre culturel (1972), du Festival international de Lanaudière (1978) dont la majeure partie des activités estivales se déroulent dans un splendide amphithéâtre inauguré en 1989, et de l'OS de Joliette-Lanaudière (1984). Parmi les musiciens nés à Joliette ou dans la région figurent Angèle Dubeau, Yoland Guérard, Élaine et Chantal Marcil et Émiliano Renaud.