Molly Lamb Bobak

Molly Joan Bobak, née Lamb, C.M., O.N.-B., ARC, artiste et enseignante (née le 25 février 1920 à Vancouver, en C.-B.; décédée le 1er mars 2014 à Fredericton, au Nouveau- Brunswick). Molly Lamb Bobak s’est engagée dans le Service féminin de l’Armée canadienne en 1942. Elle est devenue en 1945 la première femme nommée artiste de guerre canadienne officielle. Elle a dirigé des ateliers dans tout le Canada, donné des cours d’art en direct à la télévision et siégé à de nombreux conseils d’administration et conseils des arts. Elle a été membre de l’Académie royale des arts du Canada et a reçu des diplômes honorifiques de l’Université du Nouveau-Brunswick, de l’Université Mount Allison et de l’Université St. Thomas. Elle a reçu l’Ordre du Canada en 1995 et l’Ordre du Nouveau-Brunswick en 2002.



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Sous-lieutenant Molly Lamb du Corps d'armée des femmes canadiennes, 12 juillet 1945.

(avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada PA-113772)

Jeunesse et éducation

Molly Lamb Bobak, fille de Harold Mortimer Lamb et Alice Mary Price, voit le jour sur l’île Lulu (aujourd’hui Richmond), juste au sud de Vancouver. Avec les activités de son père en tant que critique d’art et collectionneur (il côtoie Emily Carr et certains membres du Groupe des Sept) et l’amour de sa mère pour le jardinage et la beauté de la nature, la carrière de Molly Lamb dans les arts visuels semble tracée d’avance.

Molly Lamb fait la connaissance de son mentor, Jack L. Shadbolt, alors qu’elle étudie à la Vancouver School of Art (aujourd’hui l’Emily Carr University of Art and Design) de 1938 à 1941. L’influence de cet homme restera forte tout au long de sa carrière.

Réalisations professionnelles

Molly Lamb rejoint le Service féminin de l’Armée canadienne en 1942. Elle passe trois ans à « prier pour devenir artiste de guerre ». Grâce à l’intervention d’A.Y. Jackson, un ami de la famille, et de Harry McCurry (le directeur du Musée des beaux-arts du Canada), elle est nommée artiste de guerre canadienne officielle en 1945. Elle est alors la seule femme à recevoir une telle distinction. C’est grâce à son travail d’artiste qu’elle rencontre son futur époux, Bruno Bobak, qui, à 21 ans, est le plus jeune artiste de guerre du Canada pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Après la guerre, et désormais mariée, Molly Bobak retourne à Vancouver avec son mari. Elle enseigne à la Vancouver School of Art et commence à travailler à la radio et la télévision, domaine pour lequel elle démontre une aisance particulière.

Molly Bobak reçoit une bourse du Conseil des Arts du Canada pour aller étudier en Europe. Ses études à l’étranger sont cependant interrompues par la nomination de son mari comme artiste en résidence à l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB) à l’automne 1960. Le couple déménage à Fredericton, où Molly Bobak continue de donner des ateliers à l’UNB et dans tout le Canada. Elle donne des cours d’art et reprend son travail à la télévision, offrant des cours d’art en direct. Elle siège également à de nombreux conseils d’administration et conseils des arts, notamment à l’Office national du film, au Stamp Design Council, à la Commission de la capitale nationale et au comité consultatif du Musée des beaux-arts.


Carrière artistique

L’œuvre de Molly Lamb Bobak peut être divisée en deux catégories : ses aquarelles de fleurs élégamment limpides au caractère minimaliste typiquement oriental, et ses peintures à l’huile expressionnistes, qui offrent une affirmation pleine de joie quant aux événements ordinaires de la vie. L’artiste est soumise à de nombreuses influences différentes. Ancré dans l’organique, avec une application gestuelle du pigment, son travail est étroitement lié à l’école néo-romantique britannique, et par extension à l’œuvre d’artistes écossais tels que Joan Kathleen Harding Eardley et Anne Redpath.

Les œuvres de Molly Bobak sont disséminées dans différentes collections canadiennes, notamment au Musée canadien de la guerre à Ottawa. Ses journaux intimes illustrés sont publiés par Dundurn Press en 1992 sous le titre Double Duty : Sketches and Diaries of Molly Lamb Bobak, Canadian War Artist. L’artiste illustre également des livres pour enfants, dont Toes in My Nose de Sheree Fitch.

Purple Asters (« Asters pourpres »)
Huile sur toile réalisée par Molly Lamb Bobak.

Prix et distinctions

En 1993, la galerie d’art MacKenzie de Regina monte une grande rétrospective itinérante de l’œuvre de Molly Lamb Bobak. La conservatrice de musée responsable de l’exposition, Cindy Richmond, déclare alors à propos de l’artiste : « Chacune de ses peintures révèle quelque chose d’unique et de personnel vu à travers ses yeux. La beauté qu’on y voit a quelque chose de festif. Il n’y a rien de prétentieux dans ses œuvres. L’authenticité de l’artiste est une grande partie de son travail ».

Molly Bobak est nommée membre de l’Académie royale des arts du Canada et se voit décerner des diplômes honorifiques de l’UNB (1983), de l’Université Mount Allison (1984) et de l’Université St. Thomas (1994). Elle reçoit l’Ordre du Canada en 1995 et l’Ordre du Nouveau-Brunswick en 2002. 

Voir aussi : Documenter la Deuxième Guerre mondiale; Représentations du front intérieur : les femmes du Fonds des souvenirs de guerre canadiens; L’art et la Grande Guerre; La documentation de la Grande Guerre au Canada; Associations d’artistes.



En savoir plus

Lecture supplémentaire

  • Dean Frederick Oliver, Tableaux de guerre : reflets de l’expérience canadienne, 1914 à 1945 (2000).