Michael Levine

En 1984, il est concepteur en résidence au Glasgow Citizen's Theatre, en Écosse, où ses conceptions de costumes et de décors imaginatifs attirent d'abord l'attention par leur évocation postmoderne de styles visuels du passé.


Michael Levine

 Michael Levine, scénographe (Toronto, 5 novembre 1961). Il conçoit des décors et des costumes pour l'opéra, le théâtre, le cinéma et les productions de danse. En 1979, il effectue une année d'initiation au Ontario College of Art. En 1981, il obtient un diplôme en conception théâtrale à la Central School of Art and Design à Londres, en Angleterre. Il travaille en Amérique du Nord et en Europe.

En 1984, il est concepteur en résidence au Glasgow Citizen's Theatre, en Écosse, où ses conceptions de costumes et de décors imaginatifs attirent d'abord l'attention par leur évocation postmoderne de styles visuels du passé. Par la suite, il crée pour Uncle Vanya (TARRAGON THEATRE, 1985), Spring Awakening (CentreStage, 1986) et cinq productions au SHAW FESTIVAL (1984-1987). Au Shaw Festival, son imposante penderie de robes rouges reflétant les costumes pour The Women, le décor monochrome de couleur crème qui grossit devant les spectateurs pour Heartbreak House (1985) et le décor multicouche monté pour Arms and the Man (1986), sont de gigantesques conceptions métaphoriques redéfinissant la perspective et l'espace de jeu. La scénographie de Levine intègre souvent des éléments qui ont leur propre vie sur la scène, comme l'eau dans Techtonic Plates (Harbourfront, Toronto, 1988), de la boue dans Le songe d'une nuit d'été (National Theatre, Angleterre, 1992), du papier dans La Bohème (Anvers, Belgique, 1994) et des feuilles dans Eugene Onegin (Metropolitan Opera, États-Unis, 1997).

Ses conceptions pour l'opéra tirent souvent partie du chœur comme partie intégrante du plateau, quand les membres du chœur deviennent des corps entassés sous le trône d'Œdipe dans Œdipe Roi (La Compagnie d'opéra canadienne, 1998) ou quand le chœur devient la contrepartie humaine de l'architectonique de la plate-forme hydraulique dans Rigoletto, (Netherlands Opera, 1996). Pour Mephistofele (San Francisco, Lyric Opera of Chicago et Opéra de Genève, 1988), il applique sa conception au-delà du cadre de scène, avec des figures suspendues dans l'auditorium. Pour le programme double renommé sur la scène internationale, Bluebeard's Castle et Erwartung (La Compagnie d'opéra canadienne, 1993), il conçoit la scène comme une énorme boîte noire. Pour Bluebeard, il définit l'architecture surtout en se servant de la lumière, tandis que pour Erwartung, il utilise des projections de diapositives sur la scène et du tulle devant la scène afin de créer une collision en perspective. Dans Mario et le Magicien (La Compagnie d'opéra canadienne, 1992) tout le théâtre est intégré au décor par la disposition du chœur, de manière à évoquer la société de plus en plus enrégimentée de l'Italie préfasciste.

Dans les conceptions pour Nabucco (Opéra de Paris - Bastille, 1995), la production acclamée de La Femme sans ombre (Opéra d'État de Vienne, 1998), la production primée Le songe d'une nuit d'été (Le Festival d'Aix en Provence et l'English National Opera, 1991), Levine fait une utilisation frappante des nouvelles technologies. Pour Nabucco, des murs monumentaux qui prolongent la hauteur et la largeur de la scène créent des environnements caverneux qui, dans la scène finale, apparaissent sur scène comme des gravats détruits. Pour Le songe d'une nuit d'été, les objets à une échelle contrastante et la suspension des chanteurs sur des balançoires attirent l'attention vers la perspective. Ses conceptions pour Jerusalem (1997) et La Femme sans ombre (Opéra d'État de Vienne, 1998) sont acclamées par la critique pour leur définition de l'espace performatif. Les décors de Levine pour l'opéra Dr. Ox's Experiment et sa scénographie pour Tales of Hoffmann et Rusalka (2002) et Les Boréades (2003) pour l'Opéra de Paris sont des revisualisations importantes des rôles qui seront joués par les costumes et les décors de l'opéra.

À partir de la fin des années 1990, il retourne aux conceptions pour des pièces avec Possible Words pour le Théâtre Passe Muraille (1997), puis Platonov (1999) et Uncle Vanya (2001) pour Soulpepper Theatre. Parmi ses œuvres dans d'autres genres, mentionnons les conceptions pour September Songs: the Music of Kurt Weil (Rhombus, 1995), le projet de Satie avec Dancemakers (2001) et The Contract avec le Ballet national du Canada (2002).

Levine remporte de nombreux prix, dont : le Toronto Arts Award (1997); l'Edinburgh Festival Drama and Music Award (Bluebeard's Castle et Erwartung, 1993); les Dora Mavor Moore Awards (Spring Awakening, Bluebeard's Castle et Erwartung, Œdipe Roi et The Symphony of Psalms); le prix de la critique, France (Le songe d'une nuit d'été de Benjamin Britten, 1991); un prix Gémeau pour September Songs. Levine est membre de l'Association des designers canadiens, et ses créations ont été présentées alors que la délégation canadienne se rendait au Prague Quadrennial en 1999.