L’Histoire des Noirs au Canada (résumé)

Cet article est un résumé de l’histoire des Noirs au Canada. Pour en savoir plus sur le sujet, veuillez consulter nos articles sur les Canadiens noirs, les Afro-Canadiens et les Canadiens d’origine antillaise.



Les Noirs vivent dans ce qui est aujourd’hui le Canada depuis le 17e siècle. Les premiers habitants noirs sont réduits à l’esclavage. En 1759, lorsque les forces britanniques font la conquête de la Nouvelle-France, plus de 1000 esclaves d’origine africaine sont amenés sur le territoire qui deviendra le Canada. Au lendemain de la Révolution américaine (1775-1783), des loyalistes blancs fuient les États-Unis et s’installent dans les provinces de l’Atlantique et les futurs Bas-Canada [Québec] et Haut-Canada [Ontario]. Ils ont avec eux environ 2000 esclaves noirs. Au même moment, environ 3500 Noirs libres émigrés des États-Unis viennent s’installer dans les territoires qui deviendront la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick. Ils ont acquis leur liberté grâce à leur soutien de la Grande-Bretagne pendant la Révolution américaine. (Voir  Loyalistes noirs en Amérique du Nord britannique.)

Des Noirs asservis et libres combattent également du côté britannique pendant la guerre de 1812. (Voir Le Coloured Corps: les Afro-Canadiens et la guerre de 1812 et Richard Pierpoint.) Entre 1813 et 1816, plus de 2000 réfugiés noirs fuient ainsi les États-Unis pour venir commencer une nouvelle vie en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick. Là-bas, leurs conditions de vie ne sont guère plus favorables: ils font face à l’hostilité, à la ségrégation et à des emplois mal payés. En 1792, près de 1200 loyalistes noirs naviguent d’Halifax vers l’Afrique de l’Ouest, où ils établissent la nouvelle colonie de Freetown en Sierra Leone. (Voir aussi L’arrivée des loyalistes noirs en Nouvelle-Écosse.)

En 1793, le Haut-Canada adopte une loi qui a pour effet de limiter et d’abolir progressivement l’esclavage. Cette loi interdit l’importation de personnes asservies dans la province. L’esclavage est aboli dans la plupart des colonies britanniques, y compris au Canada, en 1834.

En 1850, les États-Unis adoptent la Fugitive Slave Act, qui stipule que les réfugiés de l’esclavage vivant dans les États du Nord peuvent être renvoyés en esclavage dans le Sud une fois capturés. Entre 1850 et 1860, on estime que 15 000 à 20 000 Afro-Américains viennent s’installer au Canada. Certains fuient par leurs propres moyens, tandis que d’autres se tournent vers le chemin de fer clandestin. La plupart des réfugiés se retrouvent au Haut-Canada. Avec la fin de l’esclavage en 1865, beaucoup d’entre eux rentrent aux États-Unis rejoindre leur famille.

La fin de l’esclavage aux États-Unis n’empêche pas néanmoins les Noirs américains d’être confrontés à des inégalités juridiques et socioéconomiques persistantes. Cela mène certains d’entre eux à émigrer au Canada à la recherche d’une vie meilleure. Dans l’Ouest, environ 800 Noirs libres émigrent de Californie vers l’île de Vancouver entre 1858 et 1860. Environ 1000 Noirs quittent l’Oklahoma, choisissant les prairies, plus particulièrement l’Alberta, entre 1909 à 1911. Cependant, les Noirs sont également victimes de discrimination au Canada en matière de logement, d’emploi et d’accès aux services publics. De nombreux restaurants, hôtels et théâtres refusent l’entrée ou le service aux Canadiens noirs. (Voir aussi Ségrégation raciale des Noirs au Canada.) En 1910, le Canada promulgue une loi sur l’immigration qui vient élargir les pouvoirs du gouvernement pour interdire et expulser les immigrants. Cela inclut toute personne considérée comme « inadaptée au climat ou aux exigences du Canada ».(Voir aussi Décret C.P.1911-1324 – proposition d’interdiction de l’immigration noire au Canada). Pendant la première moitié du 20e siècle, peu de Noirs viennent donc s’établir au Canada.

L’année1967 marque un tournant dans la politique d’immigration canadienne. On commence alors à évaluer les immigrants sur le plan de leur éducation, de leurs compétences et de leurs perspectives d’emploi, indépendamment de leur race, de leur ethnicité ou de leur nationalité. Depuis les années1960, de nombreux immigrants qualifiés originaires des Antilles et d’Afrique sont venus s’installer au Canada. Selon les chiffres du recensement de 2016, les immigrants noirs les plus récents viennent d’Haïti, du Nigeria, de la Jamaïque, du Cameroun et de la République démocratique du Congo. Selon Statistique Canada, on compte environ 1,2million de personnes noires vivant au Canada en 2016. Les Canadiens noirs représentent alors environ 3,5 % de la population totale et 15,6 % de la population racialisée du pays.

La discrimination raciale est illégale au Canada depuis de nombreuses années. L’Ontario, par exemple, adopte la Loi sur la discrimination raciale en 1944. (Voir La révolution des droits au Canada, Charte canadienne des droits et libertés.) Cependant, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer un racisme systémique toujours bien vivant. Également désigné sous le nom de racisme institutionnel, il s’agit d’une forme de racisme qui se manifeste par des pratiques (plutôt que par des politiques) adoptées dans les institutions sociales et politiques. Cela inclut notamment le profilage racial et les contrôles d’identité de routine effectués par les services de police, ainsi que la sous-représentation des Noirs au Parlement et dans les postes de direction des entreprises. Statistiquement, les Canadiens noirs sont plus susceptibles d’être au chômage et ont un revenu moyen inférieur à celui des autres Canadiens. Ils sont également plus vulnérables que toute autre minorité raciale aux crimes haineux. Les Canadiens noirs et leurs alliés continuent de contester le racisme et l’inégalité au Canada par le biais de contestations judiciaires, de campagnes dans les médias sociaux, de protestations et de mouvements comme Black Lives Matter.