Canadiens allemands (Germano-canadiens ou Canadiens d'origine allemande)

Les Germano-Canadiens, c’est-à-dire les Canadiens d’ascendance germanique, constituent l’un des plus grands groupes ethniques d’origine européenne au Canada. Lors de la Conquête britannique de la Nouvelle-France, près de 200 familles qui peuplent la vallée du Saint-Laurent sont d’origine germanique. L’Amérique du Nord britannique, puis le Canada, connaîtront six vagues migratoires au cours de leur histoire dont la plus récente survient avec la fin de la Deuxième Guerre mondiale et l’accueil des personnes déplacées. Lors du recensement canadien de 2016, 3 322 405 Canadiens se disaient d’origine allemande (soit près de 10 % de la population canadienne) et 404 745 personnes déclaraient l’allemand comme langue maternelle. Une proportion significative d’entre eux vit en Ontario ou dans la partie centrale du Canada.
Les Germano-Canadiens, c’est-à-dire les Canadiens d’ascendance germanique, constituent l’un des plus grands groupes ethniques d’origine européenne au Canada. Lors de la Conquête britannique de la Nouvelle-France, près de 200 familles qui peuplent la vallée du Saint-Laurent sont d’origine germanique. L’Amérique du Nord britannique, puis le Canada, connaîtront six vagues migratoires au cours de leur histoire dont la plus récente survient avec la fin de la Deuxième Guerre mondiale et l’accueil des personnes déplacées. Lors du recensement canadien de 2016, 3 322 405 Canadiens se disaient d’origine allemande (soit près de 10 % de la population canadienne) et 404 745 personnes déclaraient l’allemand comme langue maternelle. Une proportion significative d’entre eux vit en Ontario ou dans la partie centrale du Canada.


La Déclaration des droits de l

La presse de langue allemande remonte au Neu-Schottändischer Calender de Halifax (1788–1801). En 1867, 18 journaux de langue allemande avaient fait leur apparition dans le Sud-Ouest de l’Ontario. Le journal qui paraît depuis le plus longtemps sans interruption est le Mennonitische Rundschau. Le Nordwesten de Winnipeg (1889–1969) et le Regina Courier (1907–1969) sont les principaux journaux non confessionnels distribués à l’échelle nationale. En 1970, ils fusionnent pour devenir le Kanada Kurier.

Depuis 1900, la German Saturday School fournit un effort continu pour assurer la survie de la culture germanique. Fondé par les Églises, les clubs et les parents, ce type d’école reçoit les élèves les samedis matins, quand les écoles ordinaires sont fermées, pour une période de deux heures et demie ou trois heures, sous l’égide d’enseignants bénévoles. Au début des années 1970, le TCA coordonne un réseau national de 106 écoles du samedi rassemblant 10 240 élèves. Depuis lors, le nombre des inscriptions a baissé, et la langue allemande est de plus en plus enseignée à des élèves qui n’ont aucun antécédent germanophone.

Pérennité de la culture allemande au Canada

Jusqu’à la Première Guerre mondiale, les Canadiens d’origine allemande ne se demandent pas si leurs coutumes et leurs traditions sont compatibles avec la vie canadienne. D’ailleurs, les autorités canadiennes anglaises affirment à maintes reprises que les valeurs et le caractère allemands présentent des affinités avec les leurs. La Première Guerre mondiale vient modifier la situation du tout au tout. Du jour au lendemain, les Allemands deviennent les sujets d’un pays ennemi les plus vilipendés du Canada. Accusés de trahison et de sédition sans qu’aucune preuve ne vienne jamais étayer ces accusations, nombreux sont ceux qui se retrouvent ruinés et victimes d’ostracisme. La population s’en prend à eux et à leurs biens dans toutes les villes canadiennes. La Loi des élections en temps de guerre de 1917 prive de leur droit de vote tous les Canadiens d’origine allemande qui ont été naturalisés après le mois de mars 1902. On dissout les clubs et les associations, on ferme les écoles allemandes et on supprime les journaux de langue allemande. Les villes qui portent des noms comme Berlin, en Ontario, changent de nom. Plus de 2 000 immigrants allemands sont internés. L’ébranlement causé par la Première Guerre mondiale incite plusieurs Canadiens d’origine allemande à se faire passer pour des Hollandais, des Scandinaves ou des Russes. Ce climat persistera bien après la guerre. Durant la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement canadien fait arrêter et interner 837 fermiers canadiens d’origine allemande, des travailleurs et des membres de clubs qui suscitent la vindicte et sont taxés de déloyauté. Les activités culturelles cessent presque totalement, une fois de plus.

Après 1945, le rétablissement déjà problématique de la confiance pour cette minorité ethnique devient d’autant plus difficile que l’on révèle les atrocités commises par le régime nazi. En 1964, le magazine Maclean’s prétend que les Germano-Canadiens sont douloureusement dépourvus d’assurance. D’après les enquêtes réalisées après la guerre, plus du tiers des immigrants allemands ne demandent qu’à renoncer à leur identité en faveur de la « canadianité ». Les recensements confirment que les Canadiens d’origine allemande abandonnent leur langue maternelle avec une rapidité qui n’est surpassée que par les immigrants qui parlent scandinave, hollandais, flamand et gaélique.

Selon le recensement canadien 404 745 personnes ont déclaré l’allemand comme langue maternelle en 2016, soit 25 000 personnes de moins qu'en 2011. L’allemand est néanmoins la huitième langue immigrante en importance au Canada (voir Langues en usage au Canada).

Relation bilatérale entre le Canada et l’Allemagne

Le Canada et l’Allemagne ont des relations étroites et amicales qui se manifestent dans les domaines de la coopération internationale, du commerce et des investissements, de la vie culturelle et de l’enseignement supérieur. Ces deux pays travaillent en collaboration afin de défendre des valeurs qu'ils ont en partage comme les droits de la personne, la démocratie et la sécurité internationale. Leur expérience commune du fédéralisme a aussi donné lieu à des accords de coopération entre des provinces canadiennes et des Länder allemands.

Dans le secteur des affaires, l’Allemagne représente le huitième marché d’exportation en importance du Canada (en 2013, les exportations de marchandises canadiennes en Allemagne atteignaient près de 3,5 milliards de dollars) et le dixième investisseur étranger direct au Canada (avec des actifs de 11,7 milliards de dollars pour l’année 2012 seulement).

En 1975, un accord culturel a été ratifié entre l'Allemagne et le Canada. Plusieurs universités allemandes offrent un programme d’études canadiennes et des ententes interuniversitaires ont permis d’établir plus de 200 programmes d'échanges entre des universités allemandes et canadiennes.


Lecture supplémentaire

  • Gerhard P. Bassler, The German Canadian Mosaic Today and Yesterday: Identities, Roots, and Heritage (1991).

    Werner Bausenhart, German Immigration and Assimilation in Ontario, 1783–1918 (1989).

    John R. Davis, Stefan Manz et Margrit Schulte Beerbülh, Transnational Networks: German Migrants in the British Empire, 1670-1914 (2012).

    Arthur Grenke, The German Community in Winnipeg 1872 to 1919 (1991).

    Rudolf A. Helling, A Socio-Economic History of German-Canadians: They, Too, Founded Canada (1984).

    Peter Hessel, Destination: Ottawa Valley (1984).

    Claude Kaufholtz-Couture et Claude Crégheur, Dictionnaire des souches allemandes et scandinaves au Québec (2013).

    Heinz Lehmann (édition, traduction et introduction par Gerhard P. Bassler), The German Canadians, 1750–1937: Immigration, Settlement, and Culture (1986).

    Gottlieb Leibbrandt, Little Paradise: The Saga of the German Canadians of Waterloo County, Ontario, 1800–1975 (1980).

    Manuel Meune, Les Allemands du Québec. Parcours et discours d'une communauté méconnue (2003).

    Jonathan Wagner, A History of Migration to Canada from Germany, 1850–1939 (2011).

    Jean-Pierre Wilhelmy, Les Mercenaires allemands au Québec, 1776–1783 (2009).

Liens externes