David Sharpe

David Edward Sharpe, entrepreneur en services financiers, avocat et philanthrope (né le 27 décembre 1965 à Toronto, en Ontario). David Sharpe est chef de la direction de Bridging Finance, une société privée de gestion de placements et une des rares entreprises au Canada à financer par des moyens différents de la norme les projets d’infrastructure des Premières Nations et des Inuits. David Sharpe est un Mohawk de la baie de Quinte (Tyendinaga). Il s’occupe de projets qui viennent en aide aux étudiants et aux communautés autochtones dans tout le Canada, dont plusieurs initiatives menées à son alma mater, l’Université Queen’s.



David Sharpe

Jeunesse

David Sharpe est né à Toronto, en Ontario. Il fait partie des Mohawks de la baie de Quinte, un territoire aussi appelé Tyendinaga, situé entre Belleville et Napanee, en Ontario. (Voir aussi Réserves en Ontario.) Sa famille déménage à Toronto pour trouver du travail, mais il passe une grande partie de ses étés dans la région de Tyendinaga avec ses grands-parents. Il est très près de sa grand-mère. Dans une entrevue accordée en 2019 à la Queen’s Alumni Review, il se rappellera sa générosité, sa bonté et sa sagesse, non sans souligner la complexité de leur attachement, car « dans sa génération, on avait honte d’être Indiens, et j’en ai souffert d’une certaine façon ».

Études et début de carrière

David Sharpe est doué pour jouer au hockey, mais ne veut pas en faire une carrière professionnelle. Un agent de joueurs lui suggère de faire carrière en droit, un domaine auquel il ne songeait pas. Il aidera d’ailleurs à entraîner une équipe de hockey universitaire pendant son baccalauréat à l’Université de Guelph. Diplômé en 1992, il s’inscrit en droit à l’Université Queen’s. L’été avant d’y entrer, il se porte volontaire pour faire du mentorat à l’Université de la Saskatchewan, où il participe au programme d’études juridiques qui prépare les étudiants autochtones à la faculté de droit.

Bibliothèque de l'Université Queen

David Sharpe termine son droit en 1995. Il poursuit ses études et obtient en 2000 une maîtrise en droit des valeurs mobilières de l’Osgoode Hall Law School, rattachée à l’Université York. En 2004, il termine une maîtrise en administration des affaires à la Richard Ivey School of Business de l’Université Western.

David Sharpe fait ensuite une belle carrière dans les services financiers. Il est avocat général et agent principal de gestion des risques auprès d’importants organismes financiers, puis chef des enquêtes à l’Association canadienne des courtiers en fonds mutuels.

Au début, il ne dit pas qu’il est autochtone, craignant que cela nuise à sa réussite. Mais il se rend bientôt compte que taire son identité ne changera rien aux idées reçues sur les Premières Nations. Lui qui se dit « aussi à l’aise dans une hutte de sudation que dans un conseil d’administration » change alors son fusil d’épaule, persuadé qu’en affichant résolument son identité, il contribuera à accroître la représentation des siens dans les grandes entreprises.

Bridging Finance

L’épouse et associée de David Sharpe, Natasha, fonde Bridging Finance en 2012 et devient chef de la direction. David est président et chef de l’exploitation. La firme offre des modes de financement inédits aux petites et moyennes entreprises, c’est-à-dire qu’elle prête de l’argent sans passer par le système bancaire classique. Bridging Finance est un des seuls prêteurs de son genre au Canada à s’associer à des projets d’infrastructure des Premières Nations et des Inuits. Infrastructure dans ce contexte s’entend d’installations essentielles à la vie collective. « Nous voyions bien que ces prêts étaient nécessaires aux communautés autochtones, dit Sharpe à la Queen’s Alumni Review. Ils font toute la différence dans la vie des gens. »

Le 15 décembre 2016, David Sharpe est nommé chef de la direction de Bridging Finance. Natasha reste comme agente principale des investissements et membre du conseil d’administration.

En date du mois d’août 2019, Bridging a des prêts d’une valeur de plus de 300 millions de dollars engagés auprès de communautés autochtones pour financer des projets d’énergie renouvelable, de logement, de magasins d’alimentation et de pêche. Elle gère aussi un actif évalué à 1,6 milliard de dollars.

Engagement auprès de l’Université Queen’s

Convaincu que l’éducation et le développement économique amélioreront la situation des Premières Nations, David Sharpe s’est engagé auprès de son alma mater, l’Université Queen’s, pour faciliter l’accès des étudiants autochtones à l’enseignement supérieur. (Voir aussiÉducation des Autochtones au Canada.)

En 2017, il a fait don de 50 000 $ pour y créer le David Sharpe Indigenous Law Student Award (prix David Sharpe de l’étudiant en droit autochtone).

Il est ambassadeur des anciens pour le recrutement d’étudiants autochtones et vice-président du conseil consultatif du doyen à la faculté de droit de Queen’s. Il a aussi enseigné un cours de droit de la négociation avec les Premières Nations.

En 2018, il a été nommé au conseil d’administration de l’Université.

En 2019, il a fait don de 250 000 $ pour financer l’Indigenous Knowledge Initiative, un programme de trois ans visant à faire une place au savoir et à la sagesse autochtones dans l’établissement et à favoriser les relations entre universitaires autochtones et non autochtones.

Engagement communautaire

David Sharpe est lié de près à des causes autochtones dans tout le pays. Il a été président de l’Université des Premières Nations du Canada à Regina. Il a siégé au conseil de l’organisme Native Child and Family Services (Services à l’enfance et à la famille autochtones) de Toronto et il siège à celui de la société de développement économique de la Première Nation d’Eabametoong (Fort Hope), en Ontario.

Il a une œuvre de bienfaisance enregistrée sous le nom de Sharpe Indigenous Charitable Foundation, qui sensibilise le public au sort des peuples autochtones au Canada, offre des bourses aux étudiants autochtones dans le besoin et lutte contre la pauvreté chez les Autochtones et leurs familles.

De plus, David Sharpe siège au conseil d’administration d’Historica Canada, l’éditeur de L’Encyclopédie canadienne.


Lecture supplémentaire

Liens externes