Crime organisé au Canada

Le crime organisé est défini dans le Code criminel du Canada comme « un groupe de trois ou plusieurs personnes dont le but est la perpétration d’une ou de plusieurs infractions qui pourraient leur procurer, directement ou indirectement un avantage matériel, notamment financier ». Le crime organisé se concentre sur les moyens illégaux de gagner de l’argent, tels que les jeux de hasard, la prostitution, la pornographie, le trafic de drogue, la fraude à l’assurance et à la construction, les faillites illégales, le vol de véhicules à moteur, la criminalité informatique et la contrefaçon, entre autres. La structure, la sophistication et la nature répandue du crime organisé ont commencé à se manifester dans les années1960 et 1970. Certaines organisations criminelles sont basées sur l’ethnicité, comme la mafia italienne et les triades chinoises. D’autres sont fondées dans certains secteurs (par exemple, la construction) ou activités (par exemple, les bandes de motards).

Le crime organisé est défini dans le Code criminel du Canada comme « un groupe de trois ou plusieurs personnes dont le but est la perpétration d’une ou de plusieurs infractions qui pourraient leur procurer, directement ou indirectement un avantage matériel, notamment financier ». Le crime organisé se concentre sur les moyens illégaux de gagner de l’argent, tels que les jeux de hasard, la prostitution, la pornographie, le trafic de drogue, la fraude à l’assurance et à la construction, les faillites illégales, le vol de véhicules à moteur, la criminalité informatique et la contrefaçon, entre autres. La structure, la sophistication et la nature répandue du crime organisé ont commencé à se manifester dans les années1960 et 1970. Certaines organisations criminelles sont basées sur l’ethnicité, comme la mafia italienne et les triades chinoises. D’autres sont fondées dans certains secteurs (par exemple, la construction) ou activités (par exemple, les bandes de motards).


Bonannos et Rizzuto


Répandu et structuré

Au Canada, le crime organisé ne se limite pas à la coterie criminelle italienne qu’on appelle la mafia, la cosa nostra ou l’honorable société. Cela étant dit, la mafia est le groupe le plus connu et le plus documenté. En Amérique du Nord, presque tous les principaux groupes nationaux, communautés ethniques et membres de toutes les classes sociales ont déjà été impliqués d’une manière ou d’une autre dans le crime organisé. Il y a eu de nombreux gangs criminels au Canada dont l’appartenance était principalement basée sur l’ethnicité, notamment des groupes d’Irlandais, de juifs, de Chinois, de Jamaïcains, d’Haïtiens, de Vietnamiens, de Somaliens et beaucoup d’autres.

De nombreux spécialistes rejettent longtemps l’idée que le crime organisé est hautement structuré ou capable d’entreprendre des activités sophistiquées. La donne change en raison de plusieurs facteurs clés. Le premier est lié à des révélations faites au cours des audiences « Valachi » (nommées d’après le témoin principal et soldat de la mafia, Joe Valachi) du Sénat américain en 1963. Puis, dans les années1970, l’écoute électronique a permis à la police d’enregistrer des chefs de la mafia en train de discuter de leur hiérarchie et de leurs activités aux États-Unis et au Canada. La création du programme américain de protection des témoins a aussi encouragé les transfuges et les informateurs à coopérer avec la police et les procureurs.

Ce n’est qu’à la fin des années 1970 que le public canadien apprend l’existence d’un réseau criminel hautement organisé au pays. Cela est dû à diverses causes judiciaires, aux enquêtes du Québec sur la mafia, au rapport largement diffusé de la Commission Waisberg de 1974 sur la violence dans la construction en Ontario, et à une série d’assassinats reliés à la mafia à Montréal.

Revenus et types de crimes organisés

En 1984, un comité mixte fédéral-provincial formé de fonctionnaires des ministères de la Justice estime que le crime organisé au Canada rapporte quelque 20 milliards de dollars par année. Ce comité est constitué à la suite de la publication d’un rapport sur le crime organisé en 1980 par le bureau du Procureur général de la Colombie-Britannique. D’après le rapport, les membres du crime organisé ont des intérêts dans diverses industries du Canada, notamment dans l’industrie du textile, du fromage et de l’élimination des déchets, dans les entreprises de machines distributrices, de boucherie, dans l’industrie du calfeutrage domestique, dans les ateliers de carrosserie et chez les concessionnaires d’automobiles.

Selon le comité mixte, les sources des revenus du crime organisé proviennent de la pornographie, la prostitution, les paris, les maisons de jeux, les loteries illégales, les autres infractions liées aux jeux d’argent, les prêts usuraires et l’extorsion. On compte aussi la criminalité en col blanc (par exemple, les fraudes en assurance et dans l’industrie de la construction ainsi que les faillites illégales), les incendies criminels, les vols de banque, les vols de véhicules à moteur, les crimes informatiques et la contrefaçon des cartes de crédit. Au total, ces activités ont généré des revenus de 10 milliards de dollars. La vente de stupéfiants représente à elle seule des revenus additionnels de 10 milliards de dollars.

Le crime organisé fournit des services illégaux qu’un certain public désire : le jeu, la prostitution, l’alcool et le tabac de contrebande. Dans toutes les grandes villes canadiennes, les bookmakers locaux sont impliqués dans le crime organisé au moyen d’un système élaboré de jeux établis pour protéger le book individuel contre des pertes importantes. De nos jours, le crime organisé offre plusieurs opérations clandestines de paris sportifs et de jeux de cartes illicites.

D’autres activités du crime organisé ne sont pas aussi prisées par la société en général. Il s’agit de l’importation et de la distribution de drogues dures telles que l’héroïne, la fraude par Internet et par carte de crédit, l’assassinat et l’extorsion. D’autres activités qui aident et assistent le crime organisé comprennent la corruption continue de fonctionnaires publics et le « blanchiment » des produits de la criminalité.

L’un des moyens les plus simples de « blanchir » l’argent est d’utiliser des activités où il y a un flux constant d’argent, par exemple les machines à sous et le jeu. Si le propriétaire d’un casino de jeux prétend avoir recueilli 1 million de dollars, alors qu’il n’a recueilli que 100 000 $, auxquels ont été ajoutés 900 000 $ obtenus illégalement, il est presque impossible de démontrer que le million de dollars n’a pas été obtenu dans le cours normal des affaires. Les buanderies de quartier ont aussi été une façon très populaire de blanchir de l’argent du crime organisé au Canada.

Sans la corruption, le crime organisé aurait beaucoup de difficulté à survivre. Les efforts du crime organisé visant à corrompre la police, les juges, les politiciens, les avocats et les responsables gouvernementaux et civils seraient possiblement plus dangereux pour la société que toute autre activité à laquelle ses membres se consacrent.

Mafia

De tous les groupes du crime organisé existant au Canada, la mafia forme le groupe le plus connu. C’est parce que le rapport de la commission Naquette sur le crime au Québec publié en 1976 révèle la structure de la mafia montréalaise et sa dépendance par rapport à la famille de la mafia américaine de Joe Bonanno. Ce rapport s’appuie principalement sur les renseignements recueillis par voie d’écoute électronique installée dans le réfrigérateur à lait du siège social du mafioso montréalais Paulo Violi. Le public connaît aussi la mafia grâce aux reportages de la presse, par exemple la série Connections, diffusée par la télévision de la CBC de 1970 à 1979.

Les spécialistes ne s’entendent pas sur l’origine du terme « mafia ». Le mot est utilisé pour la première fois en 1880 par l’auteur sicilien Giuseppe Alongi dans son livre La Mafia, Fattori, Manifestazioni (réimprimé en 1904, puis en 1977). Selon le rapport de 1977 de la Commission d’enquête sur le crime organisé au Québec, la mafia est « un état d’esprit, un sentiment de fierté, une philosophie de vie et un mode de comportement ». « Qualificatif appliqué à un homme reconnu et respecté, le mot vient de l’adjectif sicilien “mafiusu”, employé largement depuis le 19siècle pour désigner des gens superbes ou parfaits ».

Joe Bonanno, un parrain de la mafia, la décrit ainsi dans ses mémoires : « La mafia est un processus, non une chose. C’est une forme de coopération au sein du clan auquel les membres promettent une éternelle loyauté. Les rapports d’amitié, les liens familiaux, la confiance, la loyauté, l’obéissance – tout cela constitue l’ensemble des éléments qui ont cimenté notre organisation ».

La mafia est exportée et adaptée en Amérique du Nord par un petit groupe d’immigrants italiens, venant surtout de Sicile et de Calabre. En Sicile, et plus tard aux États-Unis et au Canada, le terme « mafia » désignera un groupe international organisé de criminels d’origine sicilienne, appelé cosa nostra. Il s’applique à la force dominante dans le milieu du crime organisé – les clans ou « les familles » du crime organisé majoritairement d’origine sicilienne ou calabraise. Ces familles sont liées par un code mettant l’accent sur le respect des aînés de la famille, par la structure ou la hiérarchie de la famille et par un rite ou une cérémonie d’initiation.

Les familles criminelles italiennes existent au Canada depuis les années de la prohibition. Elles étendent aujourd’hui leurs activités dans des secteurs beaucoup plus clairement structurés et jugés acceptables par d’autres familles criminelles aux États-Unis et au Canada. Plus récemment, de nouvelles cellules de la N’drangheta, la mafia calabraise, ont émigré au Canada après être venues au début des années 2000 parce qu’elles subissaient beaucoup de pression des autorités italiennes. Plusieurs parmi ces nouveaux mafieux commencent à travailler avec des chefs de la mafia plus vieux, établis à Montréal, à Toronto et à Hamilton. Bien qu’habitant surtout dans les grandes villes, les membres des mafias ont tendance à vivre là où se brasse l’argent. Ainsi, à la fin des années 1970 et au début des années 1980, certaines familles se sont déplacées vers l’ouest, suivant en cela le mouvement des affaires vers la Colombie-Britannique et l’Alberta. Vancouver a connu une sérieuse infiltration de la mafia avec les années de même que la présence grandissante de groupes criminels de motards et d’Asiatiques.

Mafia montréalaise

Depuis le milieu des années 1980, deux groupes dominent la mafia de Montréal. D’abord, les Siciliens, dirigés par l’organisation de Nick Rizzuto, puis son fils, Vito. Ensuite, les Calabrais, dirigés par la famille de Frank Cotroni jusqu’à sa mort en 2004. Plusieurs des rapports de l’enquête sur le crime organisé du Québec en 1970 ont fait connaître les membres et les activités de ce groupe hautement structuré. Établie dans les années 1940 par Vic Cotroni, le frère aîné et plus puissant de Frank, la famille deviendra au cours des années 1950 une branche importante de la puissante famille new-yorkaise de Joe Bonanno. Elle a des liens étroits avec les familles de la mafia en Italie et partout aux États-Unis, aussi bien qu’avec les organisations installées à Toronto, à Hamilton et à Vancouver.

De graves conflits internes entre les Siciliens et les Calabrais dans l’organisation montréalaise mènent à la mort violente de Paulo Violi (le premier lieutenant de Vic Cotroni) et de ses frères à la fin des années 1970. La famille Cotroni s’est principalement intéressée aux jeux illégaux, aux prêts usuraires, au trafic de stupéfiants, à l’extorsion et au meurtre et à la corruption de fonctionnaires publics. Après la mort de Vic Cotroni en 1984, les Siciliens, dirigés par Nick puis par Vito Rizzuto, prennent la relève. La dernière décennie du règne de Vito Rizzuto a été marquée par des conflits internes, en particulier lorsque Vito se retrouve en prison aux États-Unis pour le rôle qu’il a joué dans diverses opérations de la mafia à New York. Il meurt de causes naturelles soudainement en 2013 à l’âge de 67 ans dans un hôpital de Montréal.

Il n’y a aucun chef établi de l’organisation en ce moment. En effet, plusieurs des hauts dirigeants de Rizzuto ont été tués, sont morts ou en prison. Reynald Desjardins a été le premier homme et bras droit de Vito Rizutto dans les dix années précédant sa mort. Il a été reconnu coupable d’avoir orchestré le meurtre de l’ancien patron par intérim de la famille Bonanno, Salvatore « the Iron-worker » Montagna après que celui-ci ait essayé en vain de prendre la relève de la famille en 2011. Reynald Desjardins a été condamné à 14 ans de prison en 2016 (les sept ans qu’il a passés en prison en attendant son procès ont été soustraits de sa peine).

En 2014, les groupes se battent toujours pour la suprématie de la mafia à Montréal. Cette lutte implique des cellules ontariennes de la mafia calabraise et des membres dissidents de la famille Rizzuto à Québec.

En même temps, les audiences de la commission Charbonneau de 2015 au sujet des pratiques de l’industrie de la construction au Québec viennent ajouter à la charge reposant sur les épaules du leadership de la vieille famille Rizzuto. Les audiences télévisées de la commission incluent la diffusion de vidéos de surveillance et de l’écoute électronique effectuée lors de rassemblements de la famille Rizutto. Elles comprennent des imagesdu vieux Nick fréquentant et prenant de l’argent de dirigeants de la construction et de chefs de syndicats.

L’arrivée récente de membres haut placés de la cellule N’drangheta de Calabre rivalisent pour un rôle dans la mafia montréalaise. La meilleure façon de décrire la « mafia » montréalaise en 2014 serait « en constante évolution ».

Mafia torontoise

À Toronto, jusqu’à très récemment, au moins quatre organisations criminelles de style mafieux sont dirigées par des Canadiens d’origine sicilienne ou calabraise. Deux de ces groupes ont été désignés comme membres de la mafia au cours des audiences Valachi dont l’organisation gérée par Paul Volpe et Johnny « Pops » Papalia. Depuis le meurtre de Paul Volpe (en novembre 1983), son ancienne organisation a presque disparu de même que celle de Johnny Papalia après qu’il soit assassiné à la demande d’un groupe local de la mafia calabraise en 1997.

Aujourd’hui, plusieurs vieux groupes de crime organisé de la mafia calabraise opèrent dans la région de Toronto-Hamilton. Il y a aussi de nouvelles cellules de la N’drangheta, la mafia calabraise, dont plusieurs membres ont émigré de Siderno, en Calabre et qui exercent leurs activités. Il n’y a aucun parrain à Toronto, mais il y a un conseil d’administration des N’drangheta, auquel siègent les chefs de famille de la région de Toronto et qui tente de maintenir l’ordre, de régler les différends et de coordonner des activités avec le conseil d’administration en Italie.

Bandes de motards

Depuis 1970, les groupes de motards comme les Hells Angels, les Rock Machine, les Outlaws, le Satan’s Choice et beaucoup d’autres augmentent considérablement leur participation au crime organisé. On les trouve dans à peu près toutes les provinces des  Maritimes à la Colombie-Britannique. Leurs rites d’initiation font en sorte qu’il est difficile pour les agents de pénétrer leurs groupes (quoique récemment d’énormes progrès ont été faits dans ce sens). Ces organisations sont devenues des fournisseurs principaux de stupéfiants. Les bandes de motards participent également aux activités de la prostitution et au meurtre sur gages. De nos jours, il n’est pas inhabituel de les voir travailler avec d’autres groupes du crime organisé. Les Hells Angels forment le groupe de motards hors-la-loi le plus influent et le plus puissant au Canada.

Avec les bandes de motards viennent la violence et le meurtre. Du milieu des années 1990 jusqu’au début du 21siècle, une importante guerre de motards fait des centaines de victimes au Québec, dont plusieurs spectateurs innocents s’étant simplement trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. En 1995, Daniel Desrochers, un jeune montréalais de 11 ans, est tué par une bombe pendant la guerre des motards. En 2000, le journaliste Michel Auger, qui a consacré une grande partie de sa carrière à dénoncer les organisations criminelles, en particulier les bandes de motards, est abattu de six balles dans le dos après que les Hells Angels ont mis un contrat sur sa vie. Michel Auger survit toutefois à la fusillade et peut reprendre son travail après trois mois de convalescence. Le premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, a salué le « refus de garder le silence » d’Auger à l’Assemblée nationale.

Nouvelles lois pour lutter contre le crime organisé

Le tollé que cela engendre auprès du public et des médias au Québec force le Parlement fédéral à adopter des lois plus sévères contre le crime organisé en s’attaquant à la richesse des groupes et en reconnaissant coupables les individus membres d’une entité criminelle.

En 2006, les nouvelles lois contre le crime organisé sont aussi utilisées pour poursuivre les nombreux membres de la famille mafieuse Rizzuto. Cela inclut les « soldats » les « lieutenants supérieurs » et même le vieux Nick Rizzuto, jadis parrain lorsqu’il était encore criminellement actif dans les années 1980. Peu de temps après avoir purgé sa peine, Rizzuto est libéré de prison de façon anticipée en raison de son âge avancé. L’homme de 86 ans est ensuite tué par un tireur embusqué à l’extérieur de sa somptueuse demeure à Montréal.

L’organisation des Hells Angels a été durement touchée par les poursuites découlant des nouvelles lois contre le crime organisé. Maurice « Mom » Boucher, autrefois le puissant patron des Hells Angels purge maintenant une peine de prison à vie pour le rôle qu’il a joué dans plusieurs meurtres. Quoi qu’il en soit, l’organisation des Hells Angels continue d’opérer, en particulier au Québec. Ils sont aidés de clubs-écoles arborant des noms différents, mais travaillant pour les Hells Angels.

Groupes criminels asiatiques

Divers groupes chinois et vietnamiens du crime organisé sont devenus beaucoup plus importants au cours des 40 dernières années à Vancouver et à Toronto. Cette augmentation est due à la vague d’immigration venant de Hong Kong.

En Colombie-Britannique, les gangs chinois du crime organisé opèrent depuis plus de 100 ans. Dans les années 1920, Shue Moy, le « Roi des joueurs », est une figure emblématique du crime organisé dans la province. Cela est déterminé par une enquête spéciale menée par le Conseil municipal de Vancouver afin d’examiner la présence du jeu clandestin, des fumeries d’opium, des maisons de prostitution et de la corruption dans les plus hauts paliers du gouvernement municipal à Vancouver.

Les gangs de jeunes chinois à Toronto, Vancouver, EdmontonCalgary et dans d’autres villes et villages. Ils sont impliqués dans des rackets de la protection et l’extorsion. Ils gèrent aussi des salons de massage comme couverture à la prostitution et aux opérations de culture hydroponique pour la marijuana, de même que la production et l’exportation de drogues stimulantes traditionnelles, mais les groupes les plus structurés sont organisés par les membres plus âgés des triades de Hong Kong et s’occupent de l’importation de l’héroïne en provenance de l’Asie du Sud-Est en passant par Vancouver. Les triades sont d’anciennes organisations chinoises qui se sont transformées en groupes du crime organisé.

La structure du crime organisé évolue rapidement au Canada. Elle existe généralement pendant quelques années avant d’être dévoilée au grand jour. Aussi existe-t-il sans doute d’autres groupes qu’on ne connaît pas encore. Les cartels colombiens sont actifs à Toronto et à Montréal. Des groupes du crime organisé de Russie et d’Europe orientale sont aussi très actifs dans les grandes villes canadiennes.

Premières Nations

Les groupes de crime organisé chez les Premières Nations existent depuis longtemps au Canada. Un groupe structuré important de la mafia autochtone est les « Manitoba Warriors », qui opère dans la région de Winnipeg. En janvier 2014, la police de Winnipeg arrête 57 hommes et femmes entre 17 et 51 ans alléguant qu’ils sont des membres ou des sympathisants de ce que la police appelle « le gang de rue de plus puissant de la ville. »

Jamaïcains

Il y a de puissantes organisations criminelles dans la grande région de Toronto principalement composées de Jamaïcains. (Voir Canadiens d’origine antillaise.) Elles incluent les « Malvern Crew » et « The Galloway Boys », entre autres. Toutes deux ont vu certains de leurs membres plaider coupables pour appartenance à un gang en vertu des lois sur le crime organisé. Des innocents ont été tués durant les dix dernières années par des membres de ces gangs de rue dans des fusillades dans les rues de Toronto, des restaurants et même dans les quartiers résidentiels.

Haïtiens

À Montréal, les gangs haïtiens règnent sur la vente de drogues dans les rues. Les membres du groupe ont aussi été impliqués dans des meurtres violents depuis les vingt dernières années, notamment la fusillade mortelle de 2010 dans une boutique de luxe du Vieux-Montréal dont Ducarme Joseph est le propriétaire, un chef de gang bien connu et de longue date.

Gangs multiethniques

Des gangs de trafiquants de drogues meurtriers comme celui dirigé pendant des années par les frères Bacon en Colombie-Britannique ont accédé à une grande part du trafic de la drogue de façon sanglante en faisant une alliance avec les Red Scorpions, un gang asiatique de longue date. L’équipe Bacon tue de nombreux innocents dans leur ascension au pouvoir, y compris les victimes des six meurtres de Surrey parmi lesquelles deux sont mortes simplement pour s’être trouvées au mauvais endroit au mauvais moment. Un des membres du gang, Jonathan Bacon, a été abattu en 2011 par des tueurs à gages d’un gang rival.

Le gang qu’on appelle United Nations en Colombie-Britannique est un autre exemple d’une structure d’organisation criminelle multiethnique qui devient plus fréquente partout au pays au 21siècle.

Voir aussi Crime; Crime en col blanc; Contrebande; Droit criminel; Code criminel; Enquête criminelle.


Lecture supplémentaire

  • Cédilot, André et André Noël, Mafia Inc. : grandeur et misère du clan sicilien au Québec (2012).

  • Lamothe, Lee et Adrian Humphreys, Rizzuto : l’ascension et la chute d’un parrain (2008).

  • Charbonneau, J. P., La filière canadienne (1975).

  • Kirby, C. et T. Renner, Mafia Assassin (1986).

  • De Champlain, Pierre, Le Crime Organisé à Montréal (1986).