Conférences de Québec (1943 et 1944)

King lui-même se sent plus à l'aise quand il tient son rôle d'hôte des conférences de Québec et il se fait abondamment photographier et filmer avec Churchill et Roosevelt.

Conférence de Québec, 1943
À Québec, en août 1943, le président des États-Unis, F.D. Roosevelt; le premier ministre canadien, W.L.M. King; et le premier ministre britannique, Winston Churchill (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-14170).

Conférences de Québec (1943 et 1944)

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les dirigeants alliés tiennent une série d'importantes réunions stratégiques. Deux de ces conférences ont lieu à Québec, du 10 au 24 août 1943 et du 11 au 16 septembre 1944. Les rencontres, qui servent à planifier la conduite future de la guerre, sont dominées par Winston Churchill et Franklin Delano Roosevelt, sauf celle de Yalta où Joseph Staline est un partenaire d'importance égale. Des diplomates canadiens comme Hume Wrong et Norman Robertson soutiennent que le Canada devrait avoir sa place à ces rencontres, mais MACKENZIE KING ne participe à aucune séance, même à Québec. Churchill se considère comme le représentant des dominions et estime qu'il lui appartient de les tenir au courant. Même lorsqu'il suggère que King participe aux séances plénières de Québec, Roosevelt y oppose immédiatement son veto, qu'il justifie en disant que, si l'on permettait au Canada d'y participer, la Chine, le Brésil et les dominions ne tarderaient pas à en demander autant.

King lui-même se sent plus à l'aise quand il tient son rôle d'hôte des conférences de Québec et il se fait abondamment photographier et filmer avec Churchill et Roosevelt. Si le Canada ne participe aucunement à la direction stratégique de la guerre et si King ne fait que de timides tentatives pour y participer, cela ne diminue pas l'énorme contribution apportée par le Canada à l'effort de guerre. Cela illustre plutôt la difficulté du problème que présente la conduite d'une guerre à laquelle participe une coalition de pays dont les degrés de puissance sont très différents. King lui-même croit jouer un rôle plus important à titre d'intermédiaire entre Churchill et Roosevelt, qui se méfient souvent l'un de l'autre, qu'à titre de participant secondaire à la planification stratégique.

Le débat sur le rôle de King (et du Canada) aux conférences reprend en 1998, lors du dévoilement d'une statue commémorant les conférences de Québec. Le gouvernement du Québec, dirigé par Lucien Bouchard, justifie le fait que King soit absent de la statue en soutenant qu'il n'a joué aucun rôle dans les rencontres. Ainsi, les propres compatriotes de King ne lui accordent pas le mérite d'en avoir au moins été l'hôte, un rôle que même Churchill et Roosevelt lui avaient reconnu.