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Le charbon au Canada

Le charbon est un combustible fossile employé comme ressource d’énergie au Canada depuis le 18e siècle. Le Canada détient 0,6 % des ressources mondiales de charbon. La majeure partie du charbon extrait au pays provient de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et de la Saskatchewan. Au cours des dernières années, les mouvements écologistes se sont opposés à l’industrie du charbon, lui reprochant de perturber les écosystèmes locaux, d’avoir des effets néfastes sur la santé et de contribuer largement au changement climatique par l’entremise des émissions de dioxyde de carbone. Dans un effort pour réduire ces émissions nocives, le gouvernement fédéral a signalé son intention d’éliminer progressivement l’électricité traditionnellement produite à partir du charbon d’ici 2030.

Charbon bitumineux

Qu’est-ce que le charbon?

Le charbon est une roche sédimentaire combustible formée à partir de restes de végétaux et il est la plus importante ressource énergétique fossile au monde. On le trouve principalement dans l’hémisphère nord. Le charbon n’est pas une substance uniforme; il est en fait composé d’une variété de minéraux aux caractéristiques différentes. Sa composition dépend de la nature de sa source végétale, de la stratification du sable et du sol, ainsi que du temps et des forces géologiques (qui incluent la température et la pression) qui ont façonné sa formation.

Comment utilise-t-on les différents types de charbon?

Le charbon est classé en quatre catégories ou classes : l’anthracite, le bitumineux, le subbitumineux et le lignite. Chacune de ces classes est sous-divisée selon la teneur en carbone, la teneur en matières volatiles et la valeur calorifique. L’anthracite, la catégorie la plus précieuse, est une ressource essentielle pour la sidérurgie ainsi que pour certaines industries chimiques. Parfois appelé charbon métallurgique, l’anthracite (mélangé à d’autres granulés de compositions différentes) peut être brûlé à des températures extrêmement élevées pour produire des boulettes de charbon pratiquement pur. Ces boulettes, généralement appelées « coke », peuvent être ensuite utilisées pour produire de l’acier. Bien que le Canada soit un joueur de second plan sur le marché international du charbon, il est un important producteur de charbon métallurgique. Selon Ressources naturelles Canada, le charbon métallurgique représentait 77 % des exportations de charbon du Canada en 2022.

En plus de son utilisation occasionnelle en sidérurgie, le charbon bitumineux est utilisé comme charbon thermique pour la production d’électricité. Le charbon subbitumineux fournit du combustible et de la vapeur pour les industries, et il peut être utilisé dans la gazéification et la liquéfaction du charbon. Le charbon de plus basse qualité, le lignite, est utilisé aux mêmes fins que le charbon subbitumineux.

Ressources charbonnières du Canada

Le seul bassin important d’anthracite au Canada se trouve au nord-ouest de la Colombie-Britannique. On trouve du charbon bitumineux en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, en Alberta et en Colombie-Britannique; on trouve du charbon subbitumineux en Alberta; et du lignite en Saskatchewan et en Colombie-Britannique. En Nouvelle-Écosse, la majorité du charbon se trouve sous le fond marin. Dans l’Ouest canadien, qui détient plus de 95 % des ressources nationales de charbon, les formations se concentrent généralement dans le sud et le centre de l’Alberta.

Selon Ressources naturelles Canada, les réserves de charbon prouvées du Canada se classent au seizième rang mondial, représentant 0,6 % des gisements mondiaux. En revanche, les États-Unis, qui occupent la première place en matière de réserves de charbon au monde, détiennent 23,2 % des gisements mondiaux.

En 2017, le Canada extrait et produit environ 61 millions de tonnes (également appelées mégatonnes ou Mt) de charbon, ce qui le place au treizième rang mondial des producteurs de charbon. En comparaison, en 2022, le Canada produit 46,7 Mt de charbon, se classant au quatorzième rang mondial en termes de production de charbon. La majorité du charbon extrait au Canada en 2022 provient de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et de la Saskatchewan. Au rythme de production actuel, les réserves de charbon du Canada dureront environ 100 ans.

Histoire du charbon au Canada

Exploitation minière du charbon

Au Canada, le charbon est exploité depuis 1639, lorsqu’une petite mine de charbon ouvre à Grand Lake au Nouveau-Brunswick. En 1720, des soldats français commencent à extraire du charbon à Cow Bay (île du Cap-Breton en Nouvelle-Écosse) afin d’alimenter la forteresse de Louisbourg. Le Cap-Breton fournit éventuellement du charbon à des ports américains comme Boston, ainsi qu’à la milice de Halifax. En 1870, plus de 21 mines de charbon sont actives à Cap-Breton, mais elles sont pratiquement toutes abandonnées au début du 20e siècle.

L’extraction commerciale de charbon commence au Nouveau-Brunswick en 1825 et, mis à part quelques exportations initiales, la grande majorité de la production de la province est utilisée localement. Dans l’Ouest canadien, le charbon est extrait pour la première fois sur l’île de Vancouver au milieu du 19e siècle. La construction du chemin de fer transcontinental à travers l’Alberta et la Colombie-Britannique engendre le développement de mines de charbon sur les rives de la rivière Oldman, près de Lethbridge, à Banff, à Drumheller et à Edmonton (voir aussi Histoire du chemin de fer au Canada).

En 1867, la production nationale de charbon atteint un total annuel de 3 Mt, dont plus de 2 Mt en Nouvelle-Écosse, la majeure partie du reste provient de la Terre de Rupert (maintenant les provinces de l’Ouest), et une petite quantité du Nouveau-Brunswick. En 1911, l’Ouest canadien prend les devants. En 1947, année où le pétrole et le gaz naturel sont produits commercialement pour la première fois près de Leduc en Alberta, le charbon alimente la moitié des besoins énergétiques du Canada. À elle seule, la mine de Drumheller produit 2 Mt de charbon et emploie 2000 hommes. La conversion rapide des marchés traditionnels du charbon au pétrole et au gaz naturel entraine la quasi-disparition de l’industrie du charbon. À partir des années 1950, le pétrole et le gaz naturel remplacent presque totalement le charbon pour le chauffage résidentiel, l’énergie industrielle et l’énergie des transports.

Malgré ces changements, l’exploitation du charbon connait une phase d’expansion vers la fin des années 1960. Les producteurs canadiens signent des contrats à long terme pour fournir annuellement plusieurs mégatonnes de charbon métallurgique au Japon. Ceci mène à la réouverture de mines fermées et au développement de nouvelles mines en Alberta et en Colombie-Britannique. Au même moment, l’Alberta et la Saskatchewan commencent à utiliser leurs ressources considérables de charbon pour produire de l’électricité.

Tout au long des années 1970, la hausse sans précédent du prix du pétrole attire l’attention sur le charbon comme source d’énergie alternative. Au milieu des années 1970, les grands producteurs de l’industrie sidérurgique comme le Japon cherchent à diversifier davantage leurs sources d’approvisionnement. Ceci mène à une nouvelle expansion de l’industrie du charbon au Canada dans les années 1970 et 1980. De nouvelles mines ouvrent leurs portes, et des chemins de fer et des installations portuaires sont construits.

Industrie moderne du charbon au Canada

Après une expansion considérable dans les années 1970 et 1980, l’extraction du charbon demeure relativement stable depuis les années 1990 avec une production annuelle de 60 à 80 Mt. La production atteint un sommet en 1997 avec 78,8 Mt. En 2017, elle atteint son point le plus bas depuis 1987 avec 61 Mt.

En 2016, le charbon fournit environ 7 % de l’énergie totale du Canada et environ 9 % de la production totale d’électricité du pays. L’Alberta, la Saskatchewan et la Nouvelle-Écosse sont de loin les provinces les plus dépendantes au charbon, chacune comptant sur ce combustible pour produire environ la moitié de leur électricité. Toutefois, de ces trois provinces, l’Alberta est de loin celle qui consomme le plus de charbon. Elle produit environ 39 000 GWh d’électricité à partir du charbon en 2016, comparativement à la Saskatchewan et à la Nouvelle-Écosse qui en produisent respectivement 12 000 et 6000. En comparaison, 5 % de l’électricité du Canada est produite à partir du charbon en 2021. Cette année-là, l’Alberta, la Saskatchewan, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick dépendent fortement du charbon pour leur production d’électricité, mais depuis, ces provinces ont pris des mesures pour éliminer progressivement l’électricité produite à partir du charbon d’ici 2030.

Le Canada produit plus de charbon qu’il n’en utilise. En raison de la demande mondiale pour le charbon, il exporte la majeure partie de sa production, principalement en Asie, où la demande en charbon métallurgique est élevée. Selon Ressources naturelles Canada, les exportations de charbon métallurgique atteignent une valeur de 12,1 milliards de dollars en 2022. La même année, les exportations de charbon thermique atteignent une valeur de 2 milliards de dollars.

Depuis le début des années 2000, les importations de charbon du Canada diminuent considérablement. Selon Ressources naturelles Canada, le Canada importe 7,5 Mt de charbon en 2017, principalement en provenance des États-Unis. En comparaison, en 2022, le Canada importe 5 Mt de charbon. Il est avantageux pour les consommateurs du centre du Canada (par exemple les usines d’acier en Ontario) de s’approvisionner en charbon dans les mines aux États-Unis plutôt que dans celles situées beaucoup plus loin dans l’Ouest canadien. La majeure partie du charbon importé par le Canada est utilisée pour la fabrication de l’acier. (Voir aussi Industrie sidérurgique.)

Quel est l’impact environnemental du charbon?

Centrale thermique alimentée au charbon

L’extraction et la combustion du charbon sont liées à plusieurs problèmes pour la santé et pour l’environnement. Bien que l’industrie soit réglementée en matière de sécurité au travail, de protection écologique et (à divers degrés) d’émissions toxiques, la pollution causée par le charbon demeure un problème majeur au Canada. Conséquemment, les mouvements écologistes s’y opposent.

La majorité du charbon canadien est extrait dans des mines à ciel ouvert (voir Extraction du charbon). L’exploitation à ciel ouvert détruit les habitats fauniques et menace les réseaux hydrologiques avec la pollution beaucoup plus que les mines souterraines. L’industrie se tourne néanmoins de plus en plus vers l’exploitation à ciel ouvert au cours des dernières décennies, en partie parce qu’elle est moins dangereuse pour les ouvriers. La Colombie-Britannique tente de restaurer près de 42 % des terres perturbées par les mines de métaux et de charbon, mais l’efficacité à long terme de ce programme demeure incertaine, étant donné que l’exploitation à ciel ouvert du charbon endommage gravement le sol.

Lorsqu’il brûle, le charbon émet des niveaux très élevés de gaz à effet de serre (qui contribuent au changement climatique) et de polluants toxiques.

La combustion du charbon a également des effets néfastes sur la santé publique. Plus particulièrement, les usines à charbon émettent des niveaux élevés de dioxyde de soufre, d’oxyde d’azote et de mercure, des substances qui sont liées à une large variété de troubles de santé comme la bronchite, les maladies pulmonaires, ainsi qu’à des taux élevés de mortalité infantile. À l’échelle mondiale, environ 800 000 décès par année sont directement liés à la combustion du charbon. Selon un rapport publié en 2017 par l’Institut international du développement durable (IIDD), au Canada, 7700 décès prématurés par année sont attribués à la pollution de l’air, dont la combustion du charbon est un facteur.

Que fait le Canada pour éliminer progressivement l’électricité produite à partir du charbon?

Dans un effort pour réduire les émissions nocives, le gouvernement fédéral vise à éliminer progressivement la production traditionnelle de l’électricité par le charbon d’ici 2030. En réponse aux préoccupations en matière de santé et d’environnement, plusieurs provinces, dont la Nouvelle-Écosse, l’Ontario, le Manitoba et l’Alberta, prennent des mesures au cours des dernières années pour limiter ou éliminer progressivement l’électricité produite à partir du charbon. Parmi ces provinces, l’Ontario a le succès le plus spectaculaire en matière de remplacement du charbon dans la production d’électricité. En 2000, environ 26 % de l’électricité de cette province provient du charbon. Au fur et à mesure que les centrales ferment au fil des années qui suivent, ce chiffre tombe à 19 % en 2007, puis à 8 % en 2010. En avril 2014, la dernière des centrales, la Thunder Bay Generating Station, ferme ses portes, faisant de l’Ontario la première juridiction en Amérique du Nord à éliminer complètement le charbon de sa production d’électricité. Un petit nombre d’usines d’acier et de ciment sont toutefois autorisées à continuer à brûler du charbon. Cela inclut l’aciérie ArcelorMittal Dofasco à Hamilton, la huitième installation industrielle émettant le plus de gaz à effet de serre au Canada.

Le Manitoba et l’Alberta éliminent également progressivement la production d’électricité à partir du charbon avant l’échéance fixée par le Canada pour 2030. Le Manitoba élimine le charbon lorsque la Brandon Generating Station cesse ses activités de combustion en 2018. De même, l’Alberta élimine progressivement la production d’électricité à partir du charbon en juin 2024.

En 2021, la Nouvelle-Écosse adopte la Loi sur les objectifs environnementaux et la réduction du changement climatique. Cette loi prévoit notamment l’objectif de mettre fin à la production d’électricité à partir du charbon d’ici 2030.

La Colombie-Britannique, le Québec, l’Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve-et-Labrador, le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon n’utilisent pas l’énergie au charbon.

En 2018, le gouvernement fédéral libéral de Justin Trudeau propose une série de modifications à la réglementation pour ouvrir la voie à l’élimination complète de l’énergie au charbon d’ici 2030 au Canada. L’année précédente, le Canada et le Royaume-Uni cofondent l’Alliance : Énergiser au-delà du charbon. Cette alliance représente plus de 70 gouvernements, entreprises et organisations qui soutiennent tous une rapide transition vers l’abandon de l’électricité traditionnelle produite au charbon.

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