Buffy Sainte-Marie

Buffy (Beverly) Sainte-Marie. Auteure-compositrice-interprète, guitariste, joueuse d'arc en bouche, artiste et enseignante (réserve de Piapot, Craven, près de Regina, de parents cris, 20 fév. 1941 ou 1942). B.A. (Massachusetts) 1963; D. (Massachusetts) 1983; doctorat honorifique en droit (Regina) 1996; doctorat honorifique en droit (Carleton) 2008; D. Mus. honorifique (Université de Western Ontario) 2009.

Buffy (Beverly) Sainte-Marie. Auteure-compositrice-interprète, guitariste, joueuse d'arc en bouche, artiste et enseignante (réserve de Piapot, Craven, près de Regina, de parents cris, 20 fév. 1941 ou 1942). B.A. (Massachusetts) 1963; D. (Massachusetts) 1983; doctorat honorifique en droit (Regina) 1996; doctorat honorifique en droit (Carleton) 2008; D. Mus. honorifique (Université de Western Ontario) 2009. Orpheline quelques mois après sa naissance, elle est adoptée par une famille en partie micmaque et est élevée à Wakefield, au Massachusetts. Suivant une coutume tribale, elle est plus tard adoptée par une famille crie de la réserve de Piapot liée à ses parents naturels. À 17 ans, elle se met à jouer de la guitare et, au début de la vingtaine, elle a déjà sa place dans les milieux folkloriques du quartier de Greenwich Village à New York. Elle se fait remarquer par son dévouement aux causes sociales, surtout celles des peuples autochtones d'Amérique du Nord.

Lors de ses voyages dans le monde entier, pendant de nombreuses années à partir de sa maison d'Hawaï, elle revient souvent au Canada. Ses premières prestations au pays incluent sa participation au Mariposa folk Festival en 1964. Elle chante aussi à Expo 67, et devant la reine Elizabeth II lors des célébrations de son jubilé d'argent, en 1977, à Ottawa. Buffy Sainte-Marie se produit dans des salles de concert (Massey Hall, CNA), à des festivals de folklore, ainsi qu'à Harbourfront (pour la Fête du Canada en 1984 et le WOMAD en 1988) et elle chante fréquemment pour des communautés amérindiennes ou au profit d'organismes autochtones. Elle participe à plusieurs émissions à la radio et à la télévision du réseau de langue anglaise de la SRC, y compris à un Superspecial en 1978, Pascan: Pow Wow en 1982, et The Many Moods of Buffy Sainte-Marie en 1983. De 1975 à 1981, elle est aussi une interprète régulière à l'émission pour enfants Sesame Street du réseau américain NET, émission diffusée aussi au Canada. Son émission de variétés Up Where We Belong lui a valu un Prix Gémeaux.

Les chansons de Buffy Sainte-Marie incluent aussi bien des ballades comme Until It's Time for You to Go (succès mineur d'Elvis Presley aussi enregistré par Cher, Neil Diamond, Claude Gauthier, Robert Goulet , Juliette, Cleo Laine, Vera Lynn, Carmen McRae, Odetta, Ginette Reno, Barbra Streisand et de nombreux autres) que des chansons engagées comme The Universal Soldier. Écrite au café Purple Onion de Toronto, cette chanson devient un des succès de Donovan et se mérite une place au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens en 2005. Parmi les chansons de Buffy Sainte-Marie se rapportant aux autochtones se trouvent Native North American, Now That the Buffalo's Gone, Soldier Blue et My Country 'Tis of Thy People You're Dying. Plusieurs font partie de The Buffy Sainte-Marie Song Book (Belwin-Mills-Grosset & Dunlap 1971). Plus récemment, Up Where We Belong, écrite par Will Jennings et son mari, le producteur de disques Jack Nitzsche, a été entendue dans le film américain An Officer and a Gentleman (v.f. Un officier et un gentleman) et remporte l'Oscar de la meilleure chanson en 1983. Une version chantée en duo par Joe Cocker et Jennifer Warnes connaît un grand succès en 1982.

Les propres enregistrements de Buffy Sainte-Marie, dont la voix se distingue par un vibrato marqué, incluent 12 microsillons produits entre les années 1964 à 1973 pour Vanguard (incluant le populaire Little Wheel Spin and Spin, VSD-79211, et la compilation Native North-American Child: An Odyssey, VSD-79340, qui réunit ses chansons portant sur les autochtones), deux microsillons, en 1974 et 1975, pour MCA, et un, en 1976, pour ABC. La chanson Mister Can't See You est populaire en 1972. Le contenu de The Best of Buffy Sainte-Marie, en deux volumes, est repris sur un CD (VCD-3 et 4) par Vanguard en 1987. Au fil de ses enregistrements pour Vanguard, Buffy Sainte-Marie s'éloigne du style folk : I'm Gonna Be a Country Girl Again (1968) est dans le genre country et Illuminations (1970) fait pour la première fois usage d'instruments électroniques, annonçant ainsi son utilisation de synthétiseurs dans ses concerts dans les années 1980. Après une absence prolongée des studios d'enregistrement, Sainte-Marie lance l'album Coincidence and Likely Stories (0946 3 21920 2 8 Ensign) en 1992. Pour cet album présentant des accompagnements musicaux électroniques et des chants autochtones traditionnels, Sainte-Marie se voit décerner par la France le prix du meilleur artiste international. Est ensuite lancé en 1996 Up Where We Belong (0 7243 835059 2 0 EMI), une compilation musicale regroupant des pièces anciennement enregistrées et de nouvelles chansons; on y retrouve les genres musicaux pop, protestataire, et pow-wow dans un style « acoustique ». En 1997, elle se voit décerner au Canada pour ce disque un prix Juno dans la catégorie meilleure musique autochtone.

Dans les années 1990, Sainte-Marie donne de nombreux spectacles au Canada. Dans le cadre de ses tournées, elle se produit dans des réserves des Premières Nations et des villes de l'Ouest canadien et de l'Ontario. Elle chante avec l'Orchestre symphonique de Regina sous la direction de John Kim Bell, et avec l'Orchestre du Centre national des arts. Elle se produit également en spectacle au festival d'Elora (1997) et lors du Festival de musique folk d'Ottawa (2002). Elle donne aussi des concerts en Suède, au Danemark et en France.

Sainte-Marie enseigne la musique au Saskatchewan Federated Indian College, à l'Université York, au Evergreen State College à Washington et au Institute for American Indian Arts au Nouveau-Mexique. Elle est la fondatrice de la Nihewan Foundation for Native American Education en 1969 et du Cradleboard Teaching Project. Ce projet offre des occasions de réseautage en ligne entre des classes d'écoles autochtones et non autochtones. Elle est porte-parole de l'UNESCO et se voit décerner le titre de Native American Philanthropist of the Year (Philanthrope autochtone de l'année) en 1997. La même année elle devient officier de l'Ordre du Canada et, en 2002, elle reçoit la Médaille du Jubilé de la Reine. La Saskatchewan Recording Industry Association (1994), l'Académie canadienne des arts et des sciences de l'enregistrement (Juno, 1995), l'American Indian College Fund (1998) et la Fondation nationale des réalisations autochtones (1999) lui remettent des prix pour l'ensemble de son œuvre. Son album Power In The Blood remporte le Prix de Musique Polaris en 2015. En tant qu'artiste peintre, elle expose ses œuvres à Vancouver, Calgary, Regina, Toronto et Santa Fe.

Articles

« Science, creativity and leadership », Winds of Change Magazine, printemps 2001

Filmographie

Buffy Sainte Marie: Up Where We Belong (CBC Home Video; A1107 Astral Video, 1996)

Bibliographie

Barrie HALE, « The Rebirth of Buffy Sainte-Marie », The Canadian (14 janv. 1978).

Lisa SEE, « Beginnings: Buffy Sainte-Marie », Today (7 févr. 1981).

M.J. KELLY, « Halfway around the world for a free concert Buffy comes back to Toronto », Globe and Mail (Toronto, 22 déc. 1986).

Daryl JUNG, « Politics temper tunes of the heart », Now (Toronto, 14-20 avril 1988).

Steve MCLEAN, « Buffy Sainte-Marie back with new album after 16 years »RPM (4 avr. 1992).

Val ROSS, « Buffy's sound and light show »The Globe and Mail (Toronto, 19 mai 1995);

« Contemporary Canadian Musicians »Numéro 2 (Toronto 1998).

Brian WRIGHT-MCLEOD, « The Encyclopedia of Native Music » (Tucson, Arizona 2005).


Music of
Buffy Sainte-Marie