Bombardier Inc.

Bombardier Inc. est un fabricant d’avions commerciaux qui a autrefois été le plus important manufacturier de trains et d’avions commerciaux du monde. Basée à Montréal, l’entreprise est initialement enregistrée en 1942 sous le nom de L’Auto-Neige Bombardier Limitée. Son fondateur, Joseph-Armand Bombardier, est un ingénieur mécanique québécois qui a inventé l’une des premières autoneiges commercialement rentables. Bombardier Inc. s’est considérablement agrandie depuis ses débuts dans la fabrication d’autoneiges et est venue une entreprise canadienne emblématique, réputée pour ses véhicules de transport en commun et ses avions de ligne. Cependant, confrontée à des difficultés financières au 21e siècle, la société a commencé à vendre certaines parties de ses activités. En 2020, elle a conclu des accords pour vendre ses derniers actifs en dehors de la construction de jets privés, y compris ses divisions d’avions commerciaux et de chemins de fer.

Bombardier Inc. est un fabricant d’avions commerciaux qui a autrefois été le plus important manufacturier de trains et d’avions commerciaux du monde. Basée à Montréal, l’entreprise est initialement enregistrée en 1942 sous le nom de L’Auto-Neige Bombardier Limitée. Son fondateur, Joseph-Armand Bombardier, est un ingénieur mécanique québécois qui a inventé l’une des premières autoneiges commercialement rentables. Bombardier Inc. s’est considérablement agrandie depuis ses débuts dans la fabrication d’autoneiges et est venue une entreprise canadienne emblématique, réputée pour ses véhicules de transport en commun et ses avions de ligne. Cependant, confrontée à des difficultés financières au 21e siècle, la société a commencé à vendre certaines parties de ses activités. En 2020, elle a conclu des accords pour vendre ses derniers actifs en dehors de la construction de jets privés, y compris ses divisions d’avions commerciaux et de chemins de fer.


L’auto-neige B7, la première autoneige commercial

Parallèlement à son entrée dans les marchés de l’aéronautique civile et militaire, Bombardier pénètre le marché des avions à réaction privés avec l’acquisition, en 1990, de Learjet, basée au Kansas, pour 75 millions de dollars. Fidèle à sa stratégie demettre à profit l’expertise des sociétés qu’elle absorbe, Bombardier garde la plus grande partie de Learjet intacte et n’ajuste que modérément les pratiques de gestion de la firme.

En 1992, Bombardier achète le fabricant d’avions de Havilland Canada à un autre fabricant d’avions, Boeing. À l’époque, De Havilland estréputée pour son avion de liaison régionale, le Dash 8, qui va venir dorénavant s’ajouter à la production d’avions régionaux de Bombardier. L’aide financière gouvernementale, notamment l’achat par le gouvernement de l’Ontario de 49 % des capitauxde la firme, a facilité l’acquisition. En 1997, grâce à ces achats subventionnés par le gouvernement, Bombardier détient déjà 50 % du marché mondial des jets moyens porteurs.

Restructuration

Après l’importante expansion des activités de Bombardier, le président-directeur général Laurent Beaudoin s’épuise à gérer l’énorme entreprise. Sous la direction de son premier vice-président, Dr Yvan Allaire, l’entreprise restructure en 1996 la gestion de ses cinq groupes opérationnels — aéronautique, transport ferroviaire, produits de loisir, marchés internationaux et services financiers — chacun de ses groupes se voyant attribuer son propre président et son propre chef des opérations. Le siège social à Montréal, relativement modeste, avec près de 150 employés, supervise les cinq groupes, mais chacun d’entre eux bénéficie d’une autonomie importante pour ce qui est des décisions opérationnelles.

Défis du 21e siècle

À l’origine, c’est la branche des services financiers de la société, Bombardier Capital, s’occupe principalement de l’organisation du financement des concessionnaires de motoneiges. Inspiré par la façon dont les services financiers de General Electric, GE Capital, a étendu ses activités de financement dans un large éventail d’activités, le vice-président Yvan Allaire oriente l’expansion de Bombardier Capital vers des entreprises n’ayant aucun lien avec ses activités principales de transport. Ces entreprises offrent des prêts hypothécaires pour le développement de maisons préfabriquées à haut risque, principalement au Texas et en Caroline du Sud. L’expansion, cependant, ne porte pas fruit, car de nombreuses personnes qui ont contracté ces prêts hypothécaires n’arrivent pas à les rembourser et les investisseurs trouvent les activités hypothécaires de Bombardier de moins en moins attrayantes. À la suite de cet échec, en 2001, Bombardier se retire largement du marché hypothécaire, ayant perdu 663 millions de dollars en valeur d’entreprise.

En 2001, après avoir fait l’acquisition de Adtranz, fabricant allemand de trains, Bombardier Transportation découvre qu’elle a sous-estimé les coûts de l’entreprise et surestimé ses actifs, ce qui conduit à un litige entre Bombardier et la société mère d’Adtranz, DaimlerChrysler. Lors des négociations précédant l’acquisition, DaimlerChrysler avait refusé que Bombardier contacte directement la direction d’Adtranz, puisque les deux entreprises étaient toujours en concurrence directe. Malgré tout, Bombardier avait quand même finalisé la transaction. En 2004, les deux entreprises ont convenu de réduire d’environ 300 millions de dollars l’offre initiale de Bombardier, qui s’élevait à 1,1 milliard de dollars.

En même temps, la division aérospatiale de Bombardier fait face à la concurrence acharnée de la société brésilienne Embraer, et à un déclin du marché global à la suite des attaques du 11 septembre 2001 par le groupe terroriste Al-Qaïda aux États-Unis. (Voir Le 11 septembre et le Canada).

L’entreprise se retrouve donc dans une situation très difficile après deux décennies de croissance rapide. Paul Tellier, l’ancien greffier du Bureau du Conseil privé et PDG du Canadien National, devient PDG de Bombardier en janvier 2003. Il entreprend un programme agressif de réduction des effectifs, éliminant 3000 emplois dans l’aérospatiale au Canada et en Irlande du Nord, 6500 emplois dans le secteur ferroviaire en Europe et fermant Bombardier Capital.

Cherchant à améliorer les liquidités de l’entreprise, Paul Tellier décide également de vendre les produits qui ont lancé l’entreprise. Après de longs débats, il se départit de la division des véhicules de loisirs en 2003, notamment les motoneiges Ski-Doo et les populaires motomarines Sea-Doo. La famille Bombardier/Beaudoin décide d’acheter 35 % des parts de la nouvelle société Bombardier Recreational Products, qui se vend pour près d’un milliard de dollars. L’entreprise est basée à Valcourt.Après avoir pris ces décisions controversées, Paul Tellier quitte son poste de président-directeur général en décembre 2004. Laurent Beaudoin revient alors aux commandes avant de les transmettre à son fils Pierre en 2008. En 2015, nouveau transfert avec cette fois l’arrivée d’Alain Bellemare — ancien dirigeant au sein d’UTC Propulsion and Aerospace, une entreprise américaine du secteur de l’aéronautique et de la défense, et deuxième personne n’étant pas de la famille à diriger Bombardier. Sous la direction d’Alain Bellemare, l’entreprise s’engage dans un plan de redressement sur cinq ans qui l’amène à vendre une partie importante de ses activités pour réduire sa dette.

Derniers contrats de rail

Pendant quelques années, Bombardier continue à fournir les compagnies nationales de chemin de fer, avec notamment la vente importante, en août 2016, de 660 wagons à un opérateur ferroviaire britannique. Elle poursuit également ses activités dans le secteurdes transports publics régionaux et municipaux, négociant entre autres d’importants contrats avec Metrolinx, en Ontario, et avec la Toronto Transit Commission (TTC). Les contratspassés avec Metrolinx et TTC – pour la fabrication de véhicules légers sur rail et des tramways destinés à la région du Grand Toronto – vont nuire à la réputation de Bombardierqui ne parviendra pas à respecter plusieurs délais de livraison. En 2016, les difficultés de l’entreprise se reflètent également dans une série d’annonces de licenciements, à commencer par la suppression de 7 000 emplois, annoncée en février, puis de7 500 emplois, annoncée en octobre.

En novembre 2018, un consortium de Bombardier et d’Alstrom, un fabricant de trains français, obtient un contrat de 447,7 millions de dollars pour construire 153 wagons de train pour le métro de Montréal.Le projet est essentiel à la survie de l’usine de Bombardier à La Pocatière, au Québec, où près de 170 employés construisent les voitures AZUR.

En février 2020, Bombardier conclut un accord de plusieurs milliards de dollars pour vendre sa division ferroviaire à Alstom. L’annonce est faite une semaine après l’accord de Bombardier visant à vendre ses derniers actifs dans l’aviation commerciale.Avec ces décisions, le PDG Alain Bellemare cherche à rembourser la dette de l’entreprise et à concentrer ses activités sur la fabrication de jets privés. 

Défis de l’aéronautique et réduction des actifs

Sous la direction d’Alain Bellemare, la division aéronautique de Bombardier doit aussi relever de grands défis et réduire ses effectifs pour rembourser sa dette. Les avions commerciaux de la Série C, vantés comme plus spacieux et plus efficients que lesautres avions offerts sur le marché, dépassent les coûts prévus et leurs livraisons sont retardées. En 2015, pour soutenir ce projet en difficulté, le gouvernement du Québec offre 1 milliard de dollars de financement à Bombardier. L’entreprise prévoyaitlivrer 15 avions à ses clients en 2016, mais n’en avait livré qu’un à la fin du mois de juin. En septembre, l’entreprise annonce qu’elle ne pourra honorer que la moitié des livraisons prévues pour 2016.

En septembre 2017, les avions de la Série C deviennent l’objet de différends commerciaux internationaux. Les États-Unis perçoivent des droits de 219 % surl’importation d’avions de la Série C après une plainte de la compagnie américaine Boeing auprès du département américain du Commerce affirmant que Bombardier a vendu les avionsà Delta Air Lines à un avantage indu parce que Bombardier a reçu des subventions du gouvernement pour la Série C. Entre-temps, l’Organisation mondiale du commerce annoncel’établissement d’un groupe pour enquêter sur des allégations déposées par la société brésilienne Embraer stipulant que le programme de la Série C de Bombardier a reçu un avantage indu des subventions de son gouvernement.

En octobre 2017, Airbus, multinationale du secteur aéronautique, acquiert une part majoritaire dans le programme de la Série C. Dans le cadre de cette transaction, une usine d’Airbus située à Mobile, en Alabama, est reconvertie pour l’assemblage d’avionsde la Série C, ce qui permet de contourner les lourds droits de douane imposés en septembre. Le siège social du programme demeure à Montréal. Quant à Airbus, on lui donne l’occasion d’acquérir les parts restantes du programme de Bombardier et du gouvernementquébécois. Airbus renomme les avions « A220 ».

Bombardier continue de vendre des actifs de ses activités aéronautiques. En novembre 2018, la société annonce la vente de son programme d’avions commerciaux à turbopropulseurs de série Q à la société Viking Air de Sidney,en Colombie-Britannique. Grâce à cette entente de 300 millions de dollars, Viking Air acquiert également les droits sur le nom et la marque de commerce Havilland, que Bombardier a acquis en 1992. À la même époque, Bombardier annonce la vente de ses activités concernant la formation de technicienset de pilotes pour ses avions d’affaires à la multinationale québécoise CAE pour 645 millions de dollars américains. De plus, Bombardier annonce la mise à pied de5 000 employés, dont 2 500 à Québec, 500 en Ontario et 2 000 à l’étranger. Ces suppressions d’emplois représentent plus de sept pour cent de la main-d’œuvre de la société.

En juin 2019, la société japonaise Mitsubishi rachète les actifs des avions régionaux CRJ de Bombardier. En février 2020, Bombardier vend ses actifs restants du programme A220 à Airbus et au gouvernement du Québec. Grâce à ces transactions, la sociétése débarrasse des dernières parties de son activité de fabrication d’avions commerciaux, après trois décennies sur le marché. Alain Bellemare déclare que son plan de redressement est terminé et que Bombardier se concentrera désormais sur la croissancede son activité entourant les jets privés.