Ben Johnson, athlète en piste et pelouse (Falmouth, Jamaïque, 30 déc. 1961). Immigré au Canada en 1976, il s'intéresse au sprint de compétition, d'abord au 100 m et au 200 m. En 1978, il fait son entrée sur la scène nationale dans le club d'athlétisme des Optimistes de Scarborough sous la direction de l'entraîneur Charlie Francis (qui allait devenir entraîneur de l'équipe nationale de sprint). Johnson établit son premier record en 1982, lors du relais 4 x 100 m senior disputé contre une équipe américaine. Ayant choisi de se spécialiser dans le sprint de 100 m, l'épreuve la plus prestigieuse en athlétisme, il enregistre une amélioration fulgurante, passant de 11 s en 1978 à 10,62 s en 1980. Dès 1985, il parvient à un temps de 10 s et, en 1986, il l'emporte à Moscou sur le champion du monde, Carl Lewis, en 9,95 s, soit le temps le plus rapide jamais enregistré au niveau de la mer. Le 30 août 1987, il l'emporte à nouveau sur Lewis en 9,83 s au championnat du monde, à Rome, établissant ainsi une nouvelle marque mondiale. Détenteur incontesté du titre prestigieux d' « homme le plus rapide au monde », Johnson connaît la célébrité, est courtisé par les publicitaires, et reçoit l'Ordre du Canada et le trophée Lou-Marsh, décerné à l'athlète canadien par excellence (1987).

Aux Jeux olympiques de Séoul, en l988, Johnson inscrit une nouvelle marque mondiale (9,79 s) et remporte la médaille d'or. Toutefois, ce triomphe est de courte durée, car un test révèle chez lui des traces de stéroïdes. Les autorités olympiques lui retirent sa médaille, invalident ses records et l'écartent de la compétition pour deux ans. On en vient aussi à annuler l'homologation du record mondial qu'il avait établi en 1987. Lors des audiences de la Commission Dubin, Charlie Francis et Johnson admettent que lui-même et d'autres athlètes utilisent systématiquement des stéroïdes et en interrompent l'absorption quelque temps avant les compétitions, de manière à subir les tests sans problème. Francis est banni à jamais de toute fonction d'entraîneur. Au terme de sa suspension de deux ans, durant laquelle il a fait campagne chez les jeunes contre l'usage de drogues, Johnson revient à la compétition en janvier 1991. Ses résultats sont bien inférieurs à ce qu'ils ont été, mais il réalise un temps qui lui permet de se qualifier pour les Jeux de 1992. Parvenu à la demi-finale, il trébuche au départ et est éliminé. En février 1993, ses tests révèlent de nouveau un niveau trop élevé de testostérone et la Fédération internationale d'athlétisme amateur le bannit pour toujours de la compétition.